Les arguments les plus injustes au sujet de l’école

Dans cet article, nous allons voir que beaucoup de critiques émises contre l'école classique sont infondées. Quels sont les arguments les plus trompeurs contre l'école ? Beaucoup de gens braqués contre l'école classique, beaucoup de gens critiques, se trompent de cible et d'arguments.

Comme dans cet article qu'on nous suggère et qui sera notre base de réflexion.

Nous analyserons ici son point par point. Il y a des choses vraies, mais aussi des erreurs que nous tenons à souligner, pour éviter cette dérive que nous constatons et qui finit par détruire le principe même de la transmission.

On jette le bébé avec l'eau du bain. Nous avons déjà exploré ce que nous pouvions retirer de bon dans l'école: nous ne jetons pas toute l'école à la poubelle.

Certes, nous ne sommes pas les derniers à tailler des croupières à l'école. Mais en demeurant dans la plus stricte impartialité possible.

Chapitre 1: les erreurs historiques

On les voit ici ainsi qu'une Histoire de l'école depuis le Moyen-âge, en vidéo

Chapitre 2: les erreurs idéologiques

Voyons maintenant dans l'article déjà cité, ce que dit cette opposition systématique à l'école, point par point. Nous citons en bleu:

Le schéma de pensée  "Il n’existe qu'une bonne réponse à chaque question"

Cette hypothèse est également profondément enracinée dans le système éducatif et l'obéissance à ce schéma est exigée à chaque pas sur le chemin de l'éducation de l'enfant – "Rentre dans le moule ou cesse d’exister."

Il y a des tas de questions qui ne demandent qu'une seule réponse. Et l'école a tout intérêt, pour l'enfant, à commencer par des questions simples, n'appelant qu'une réponse simple. Bien sûr, progressivement, on amènera des réponses plus complexes. Mais si on néglige le passage par l'enseignement binaire, on détruit dans l’œuf toute l'approche rationnelle, on plonge dans le relativisme: toute réponse ouvrirait à débat. Or, il y a des questions qui appellent à une réponse simple et unique. C'est comme ça. A la question: "Faut-il instruire les enfants ?", la réponse est "oui" et pas "non". C'est clair et net.

Le relativisme et le débat "démocratique" floutent les choses nettes et détruisent l'organisation, l'ordre, la création ordonnée, et donc le respect, l'harmonie sociale, le sens des priorités etc.

Il est tout aussi faux de se contenter de réponses binaires, répondant à des questions fermées, que d'exclure les questions fermées et les réponses binaires, nécessaires pour affirmer nettement et sans "prise de tête".

Donc oui, il existe des réponses uniques à certaines questions.

Le redoublement

Il a été démontré que le redoublement n’est pas seulement coûteux mais, surtout, il n’est pas efficace

Non seulement ça n'a jamais été démontré mais c'est le contraire qui est vrai. Il est amusant de constater qu'ici, l'auteur est en pleine contradiction: tantôt il (elle en fait) prétend défendre le bien-être de l'enfant, tantôt, comme ici, elle défend le principe que l'enfant doit passer de force dans une classe dont il n'a pas le niveau et dans laquelle, donc, il souffrira.

Il faut toujours adapter le cursus scolaire à l'enfant et non l'enfant au cursus scolaire. On se moque totalement de la classe où se trouve l'enfant, en revanche on s'assure qu'il ne soit pas confronté à des difficultés trop grandes, on évite qu'il "nage" et donc, s'il le faut, on le fait redoubler ou on le fait même rétrograder.

En redoublant, le jeune ne rattrape pas son retard

Si. En lui permettant de mieux voir ce qu'il n'a pas compris, il rattrape son retard, et nous en témoignons !

Dans notre pays, nous pratiquons « le redoublement précoce ». Dès le plus jeune âge, l’enfant qui "ne suit pas" le cours est diagnostiqué – souvent à tort – dyslexique ou TDH/A, et envoyé chez les psychologues ou logopèdes. C’est juste une belle façon de camoufler le réel problème.

C'est exact. Mais l'auteur ici dénonce le redoublement de l'école, la mauvaise manière de redoubler, pas le redoublement lui-même.

Le schéma :  "Tu dois obéir à l’autorité"

On exige des enfants l'obéissance et la subordination – dès le début de leur parcours éducatif.

On en arrive ici au bon vieil anarchisme (ou plutôt à l'anarchisme dévoyé car le véritable anarchisme était royaliste et s'opposait à l'ordre républicain).

Question de base: doit-il ou non y avoir obéissance dans le parcours de l'enfant ?

La réponse est oui.

D'abord parce que l'enfant n'est pas le roi du monde. Il n'est maître ni de ses parents ni intégralement de sa raison d'être, de ce qu'on appelle communément le destin. Il ne s'est pas créé lui-même. Il a un appel, quelque chose l'attend dans sa vie et pour l'instant, il l'ignore. Auxc parents donc de lui donnber les outils pour qu'il y arrive et il ne va pas les inventer lui-même, ni décider de ce dont il a besoin.

En outre, tout être doit avoir intégré le sens de l'obéissance parce qu'il doit savoir qu'il y a des choses plus fortes que lui, une loi naturelle par exemple. On obéit au guide dans la savane parce que sinon, le lion va nous bouffer tout cru (ou nous décapiter d'un coup de patte, comme c'est arrivé çà un touriste belge qui a désobéi aux consignes de sécurité). On obéit au conseil du vieux chef amazonien qui met en garde contre les baignades sous les jolies chutes d'eau... pleines de piranhas (un banc mange un individu en une minute).

Plus tard, on aura des responsabilités, on aura forcément des gens sous son influence ou sous sa tutelle (le boulanger est au service de son client: comment le client va-t-il le traiter ?), et doit donc savoir qu'en étant hiérarchiquement sous l'autre, on peut souffrir, n'être pas entendu etc. L'exercice de l'obéissance est déjà bon pour autrui, les autres que cet enfant va rencontrer.

Deuxio, il y a une nécessité d'obéir à un ordre supérieur des choses, pour grandir. L'enfant n'a pas inventé le théorème d'Archimède, et donc il doit obéir à ce théorème quand il fait son exercice. Une désobéissance est tout simplement stupide. Certes, il est de mode de laisser l'enfant trouver par lui-même. C'est bien un temps, mais il ne faut pas que ça dure, car l'enfant finit par penser qu'il est idiot. L'être humain a besoin de variations. Et de progresser. Il faut parfois lui donner des indices ou la réponse, pour l'aider. Quand un système existe pour l'aider, que ce soit en maths ou en grammaire, on le lui donne et on le lui fait apprendre, comme par exemple l'accord de l'auxiliaire. Il y a un ordre de choses auxquelles on obéit tous. Le bons sens, la juste loi, le respect d'autrui, l'amour des autres nous intiment l'obéissance à des sentiments nobles, à la nature sacrée de la personne et donc de la société. Quelle qu'elle soit devenue.

Maintenant, il s'agit aussi d'élever progressivement le sens critique de l'enfant. Non son sens de la revendication, poison qui va l'amener à juger de tout à son aune, c'est le sentiment bolchevique totalement barbare, qui préjuge que "j'ai le droit d'inventer ma propre vérité, il n'y a pas de valeur en-dehors des miennes, j'ai le droit de juger les autres et de les condamner". Non. On sait à quoi conduisent ces errances et à la somme de violences qui ne s'est d'ailleurs pas arrêtée et dont des Mélenchon ou des Besancenot, pacotille intellectuelle, sont les fourbisseurs.

Elever un sens critique, c'est distinguer et discerner, en cherchant ce qui est vrai, beau, juste, bon.

Ayant connu la vertu de l'obéissance, il aura d'autant plus de capacité à mesurer le devoir de désobéissance face à l'injustice, l'aberration, le chaos, la violence automatique etc.

Le pire, c'est qu'une seule déclaration du prof peut modeler l’enfant pour la vie. Il suffit d’une fois, l’enfant entend : "Tu n’as pas de talent pour les maths. Il est préférable que tu fasses autre chose."

C'est aussi un vieux mythe. Une tendance "fragile": l'enfant serait à la merci du premier bobard venu. C'est en fait bien plus compliqué que ça. Comme nous l'expliquons, l'enfant et l'être humain en général ont tendance à effacer les mauvais souvenirs et les propos désobligeants, pour en tirer ce qu'il y a de bon.

Encore faut-il qu'il ait été nanti d'amour et de culture.

Une telle influençabilité ne peut arriver que dans une famille où l'enfant n'a pas reçu d'éducation, où il est un vase vide. En ce cas, les parents sont tout aussi fautifs que le prof manipulateur. Dans une famille où il y a de nombreux enfants et une éducation, il n'y a aucun risque que le prof qui tente de manipuler l'enfant y réussisse. Dans une famille où les parents sont éduque leur enfant et l'ont averti des mensonges qu'il peut entendre, l'enfant sera bien moins malléable qu'on croit.

Nous avons connu beaucoup d'enfant passés par des écoles marxisées, qui sont à l'opposé de l'échiquier politique. Notre fille nous a rapporté des propos d'un prof alors qu'elle n'avait que 10 ans: elle a bien détecté le problème. Parce que nous lui avions donné suffisamment auparavant.

Cela dit, le prof a une influence, c'est sûr, d'où l'intérêt de ne pas mettre l'enfant dans une école où il pourrait y avoir un seul mauvais prof, par exemple militant syndical notoire. On sait quels dégâts ces gens, spécialement dans la génération 68, ont pu saccager une jeunesse dont on ne peut que constater le niveau élevé de désespérance. La descente du QI moyen n'y est pas étrangère.

La hiérarchie des matières

Selon le système éducatif, les matières les plus importantes sont les plus utiles pour le fonctionnement de la société actuelle du point de vue de la conjoncture économique. Ce qui signifie que si tu aimes peindre, danser ou chanter, tu vas avoir des difficultés, car étant l’enfant, tu es presque obligé de renoncer à ce que tu aimes et ce en quoi tu as un talent naturel.

Non plus. Et même: pas du tout ! L'industrie a besoin des Ponts, de Polytechnique, pas d'une école incapable d'enseigner les tables de multiplication à un jeune de 13 ans.Là encore, on a une vieille idée communiste qui croit que la société est dirigée par les industriels, alors que les industriels ont fichu le camp depuis longtemps. Ces gens ne regardent pas autour d'eux, ils ne vivent pas dans ce monde, ils sont dans l'opinion. Michelin aimerait beaucoup avoir d'excellents élèves sortis des écoles. Total en a besoin aussi. Les ministères ne sont pas dirigés par des industriels mais par des banques. Or, si le système éducatif est en chute libre, ce n'est pas parce que les industriels formatent l'enseignement - ce n'est absolument pas le cas, et il faudrait au contraire que l'industrie soit beaucoup plus présente à l'école, tandis que les syndicats gauchistes leur en interdisent l'entrée. En réalité, les banques de niveau mondial, la Commission européenne à leurs ordres, l'Europe, Le G7, le Bilderberg, tout cela est aux mains des Financiers de la grosse banque et ce sont elles qui formatent l'enseignement. Si l'instruction chute et si l'éducation tend à contrôler l'enfance de plus en plus tôt, avec l'idéologie du gender ou d'autres, s'il y a le global, s'il y a ces programmes néfastes, c'est parce qu'il y a une volonté délibérée du ministère, qui lui est dictée par les organisations internationales, qui sont tenues par les banques De New-York et de Londres. Les industries ne sont liées au phénomène que parce qu'elles appartiennent souvent aux gros groupes financiers. Mais pas toutes. Et même celles qui sont entre leurs mains ne pas autant vecteurs de mauvais programmes scolaires qu'on pense: il y a une résistance à tout, même au sein du système. Ainsi, on a vu des capitaines d'industrie financer des écoles libres remarquables, et tenter d'avancer des réformes scolaires intéressantes (qui n'ont jamais abouti du fait du diktat des syndicats enseignants réfractaires à tout progrès, conservateurs et jaloux de leurs prérogatives).

On peut affirmer sans risque que la hiérarchie ancienne des matières est justement dans la ligne de mire des déconstructeurs de programme. Les néo-pédagogues à la sauce Mérieu se sont acharnés à bousiller le français, les maths et l'Histoire.*

Par conséquent, la problème n'est pas cette hiérarchie des matières, mais ce qu'on en a fait au contraire !

Alors, cette hiérarchie des matières, que vaut-elle, maintenant qu'on a dit qu'elle ne venait justement pas de la structure.

La hiérarchie des matières a été établie il y a fort longtemps, et avec justesse.

Si on commence par le français et les maths, ce n'est pas pour favoriser l'industrie, comme se délectent à répéter les socialistes (entièrement aux mains des banques), mais parce qu'il y a des priorités cognitives: il s'agit que l'enfant commence par avoir un langage car le Verbe commande à tout, et qu'ensuite il lui faut une capacité à construire un raisonnement. Par conséquent, l'envie de danser ("Ce qui signifie que si tu aimes peindre, danser ou chanter"), cette envie passera bien après et sera peut-être au cœur de l'existence de l'enfant, si le langage et la capacité à raisonner sont là, si l'être intérieur a les moyens de faire passer ses sentiments à l'expression corporelle. Une chorégraphie demande une application qui va être développée par les deux matières premières que sont le français et les maths, les deux grandes matières qui équilibrent la personnalité (voir notre accompagnement).

L'expression corporelle des sentiments passera par une subjectivité que seul l'apprentissage des nuances de la langue est ferment. Elle a une exactitude qui exige une construction harmonieuse du Nombre, élément révélé.

La passion de l'existence ne peut pas passer avant les apprentissages fondamentaux. En tout art, il y a un B-A Ba, et le langage en est le premier, le nombre le second.

On croit ne pas avoir besoin des maths, mais en réalité on passe sa vie à ordonner ses pensées et ses priorités, et on le fait d'autant mieux qu'on a appris le solfège du raisonnement que constitue les mathématiques appliquées, l'algèbre ou la géométrie. Les maths ne sont pas faites que pour l'architecte ! La mère de famille en a besoin autant que n'importe qui, parce qu'elle a un cerveau et que son cerveau a besoin d'ordonnancement.

Ici, on croit également que toutes les matières se valent au même moment. On est encore et toujours dans le relativisme. C'est la confusion. C'est à cause de ce genre de choses que nous avons souvent des parents désespérés de constater que leur enfant, qu'ils aimeraient voir "artiste", cherche au contraire des repères sûrs, des nombres, des volumes, de l'ordre: ils placent sur lui des espoirs qui ne lui conviennent pas. Même: il réagit ça-contre. Car la nature est ainsi faite que l'enfant reflète son parent et souvent a contrario.

Si c'est l'écriture ou le chant qui s'imposent dans la vie, plus tard, pas de problème: il s'agira que l'école, ou le mode d'instruction, y éveille de manière intelligente, et on sait que l'école le fait mal. C'est entendu, l'école n'est pas le meilleur choix. Mais c'est à cause de son incompétence, pas à cause des principes scolaires.

L'école dit exactement a même chose que ces contestataires de l'école

D'ailleurs, faut-il le répéter ? l'école est la première à véhiculer l'idée qu'il faut "déconstruire" l'instruction, comme le fait cet article.

Dans cet excellent article-ci qui assomme d'un coup des dizaines de préjugés communs aux anti-école et... à Najat Belkacem.
 
"Pour le ministère, ce qui ne marche pas doit être... accéléré, généralisé, pour aboutir à l’égalité par la médiocrité. Toujours moins, comme le relevait un récent rapport : « L’effort d’écriture rebute les élèves et on le leur épargne. » Mettre fin au "sadisme" des cours directifs, en finir avec les notes, à la fois "traumatisantes" et révélatrices de l’abaissement du niveau.
Les associations de parents d’élèves, qui ne cessent de plaindre les « pauvres-enfants — écrasés-de-travail » ? Les deux expertes leur conseillent, plutôt que ces activités périscolaires souvent nulles, d’« investir plus de temps dans l’entraînement ». Les « devoirs à la maison ». Et – horreur – « un peu de travail pendant les vacances ».
L’avant-garde de la linguistique post-1968 a fait carrière au ministère en y important des convictions pédagogiques relevant de croyances qu’une bureaucratie a transformées en dogmes. Ces Khmers rouges de la rééducation ont détruit ce qui réussissait."
Najat et bien d'autres, comme tous les ministres réformateurs depuis Chevènement il y a 30 ans, ont encouragé au grand sabotage en croyant qu'il fallait en faire moins, distraire davantage l'enfant et désapprendre. Les enfants sont encore plus malheureux, plus frustrés, moins insérés dans la société. C'est la civilisation de l'apartheid par l'aculturation.

Les instituteurs sont pour beaucoup des zadistes qui ont réussi. Presque tous votent à gauche. Ils sont de cette idéologie visant à supprimer les matières, dont ils ne savent absolument pas à quel point elles peuvent être précieuses. C'est l'école, au niveau des académies, des ministères, de la Commission européenne, qui introduit toutes sortes de méthodes destructrices, destructrices pour l'enfant, pour son objectivité, sa subjectivité, mais aussi sa pudeur, sa créativité, son intelligence etc.

Nous l'avons vu sur ce site (ou vous le verrez dans l'accompagnement), la subjectivité et l'objectivité de l'être sont fondamentales et complémentaires. Tous les grands artistes sans exception ont intégré ces deux dimensions.

Surcharger les jeunes avec quantité d’informations

C'est vrai et nous le disons ici.

Tous les enfants de la classe sont du même âge

Oui, et c'est plutôt un bien. Car les enfants peuvent très facilement profiter d'un écart d'âge minime pour écraser leurs congénères plus jeunes. Le mélange des âges n'est possible qu'en famille ou dans une petite classe, à condition que l'enseignant(e) soit parfaitement formée à une juste autorité. Cela demande beaucoup de savoirs-faire, que nous révélons sur ce site. Car ce n'est pas rien.

Nous ignorons complètement le fait que chaque enfant est à un niveau différent de capacités cognitives et intellectuelles. Ils ne devraient donc pas étudier la même chose.

C'est faux. Ce n'est pas parce que les enfants sont différents, et pour mieux dire, tous UNIQUES, qu'il ne faut pas leur faire apprendre un socle de connaissances communes.

Faites un équipage avec des matelots qui n'ont rien appris en commun, vous verrez le joli résultat ! Que veut-on ? Une société de chacun pour soi ? Ce genre de désir est bien de nos temps, où chacun vit dans son pavillon en ignorant totalement ses voisins. On a des quartiers complet où les gens ne se connaissent même pas. On n'a pas besoin des autres ! On a le RSA, les jeux vidéos, la télé, internet, et du coup, quel besoin de créer des liens ? Quel besoin de patrie ? De région ? Plus aucun ! Voilà qui explique la dissolution des Etats (en partie, car il y a évidemment bien d'autres raisons).

Rappelons qu'il y a encore 110 ans, le boulanger avait besoin du marchand de bois, qui avait besoin de l'agriculteur, qui avait besoin du marchand de lait, qui avait besoin de charron, qui avait besoin du charpentier, qui prenait son pain chez le boulanger. Il y avait un lien, une nécessité de vivre ensemble, qui a disparu. S'il y avait des lettres de délation en 1942, à la Kommandatur, c'est que le lien était rompu. On vendait son frère. Et s'il y a autant de délateurs sur Facebook, c'est la même chose: une engeance délatrice ne survient que chez les gens qui n'ont pas de lien à vous.

C'est à cause d'une destruction totale du lien social que la France est devenue championne du monde de la censure sur les réseaux sociaux.

Enseigner aux jeunes des choses inutiles

Objectivement, nous ne sommes pas en mesure de spécifier quelles connaissances et savoirs sont utiles ou pratiques. Cela dépend de ce que notre jeune voudra pratiquer et expérimenter dans la vie. En conséquence, les ressources que nous devrions montrer ou transmettre au jeune dépendent de ses besoins individuels. L'école ne s'adaptera jamais à cette vérité universelle.

C'est un sommet de ridicule et de contradiction !

On nous dit que ce qu'on doit apprendre à l'enfant dépend de ce qu'il voudra faire. A moins d'être voyant assermenté, qui peut dire ce que voudra l'enfant ? Que vont-ils lui donner s'ils ignorent ce qu'il voudra ? Et qui leur dit qu'en croyant savoir, ils ne vont pas se planter monumentalement ? Par conséquent, on est bien obligé de lui donner tout, de façon à ce qu'il puisse choisir librement plus tard.

De plus, ce qu'il voudra faire n'est pas forcément non plus un critère. Il y a des tas d'enfants qui ont voulu être pompier ou infirmières et qui ont fait tout autre chose, et brillamment !

De plus: l'enfant pourrait fort bien changer d'avis.

Bref. Si en effet il y a des choses inutiles à l'école, ce n'est certainement pas au sein des matières fondamentales dont nous avons montré qu'elles étaient toutes essentielles au bon développement de l'enfant. Et ce sont d'ailleurs ces vieilles matières qui valent que la France soit finalement encore au-dessus des Etats-Unis, où l'on pratique l'enseignement à la carte et au goût du prof: plein de petits Américains ont un raisonnement mal construit, peu de culture ou pas du tout, une vision géographique du monde totalement grotesque, une méconnaissance de l'Histoire. Ce mal se répand chez nous précisément à cause de ce type de réflexion qui prétend donner à l'enfant un enseignement adapté à ce qu'il veut, alors qu'il ne sait pas réellement ce pour quoi il est fait.

Et c'est là qu'il faut aborder une question bien plus importante que "ce que l'enfant veut". Il y a une question de vocation. Or, cette vocation, nul ne la connaît, pas même ses parents. Cette vocation, Dieu seul est capable de la déclencher, de l'éveiller. Le sens d'une existence ne se définit pas à l'âge scolaire.

Il est donc néfaste de prétendre donner à l'enfant en fonction de ses désirs.

Enseigner aux jeunes d'une manière ennuyeuse

C'est essentiel en effet, c'est ce que nous disons depuis des années. Là réside un grand secret. Nous sommes assez heureux de voir que notre principe se diffuse.

L’omission des compétences clés

C'est vrai aussi. L'école ne prépare pas l'enfant à la vie. Au contraire, elle le modèle dans un archétype sociétal dépassé. Nous le disons par ailleurs. Faire attention cependant à ne pas cibler exclusivement sur ces "compétences", car il y a une précession de l'être avant la fonction, ce qui veut dire en langage populaire que l'enfant est d'abord un être avant de savoir faire des choses. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut tenter de faire un être avant de lui enseigner des savoirs-faire ! Nous le disons souvent: on devient en faisant. Etre n'est pas l'affaire d'accumulation de théorie, de discussion, de "prise de conscience". L'être s'établit en lui-même an accomplissant. Parler ne sert pratiquement à rien. Vous n'apprenez pas à gravir une façade rocheuse en en parlant.

En conclusion: a) la critique de l'école peut être juste dans la mesure où elle s'attaque à ses mauvaises méthodes, sa mauvaise vision, mais certainement pas en détruisant son legs, son patrimoine, ces matières extrêmement précieuses qu'il s'agit d'enseigner d'une manière extrêmement motivante pour l'enfant. Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. b) Il faut éviter de vouloir tout retourner avec des principes dont on a déjà expérimenté qu'ils étaient néfastes (idées socialisantes par exemple).


*: Mérieu fait partie de ces "sociologues" soixante-huitard parvenu au sommet de la hiérarchie de l'Education nationale sans avoir été ni désigné par les familles, et qui a professé le simplisme pédagogique, le culte de l'enfant qui sait autant que le prof, les convictions pédagogiques erronées telle que la globale, l'absence de discipline, la déconstruction des vrais savoirs etc. Il revient aujourd'hui en faisant un semi mea-culpa, aussi tardif qu’insuffisant.

**: les Droits ont été signés par le roi, ce qui fait de cette revendication républicaine une imposture. De plus, le roi n'a jamais été légalement renversé, il n'a jamais abdiqué. La République est donc infondée depuis ce temps.

***: Jean-Pierre Gysse Editeur

  • Oum hajar dit :

    J ai pris le temps de vous lire, de tout lire. Très intéressant. Merci d être aussi impliqué dans cette cause

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