Méthode globale : le désastre

Méthode globale : le verdictLa méthode globale, erreur de base qui a échappé aux enseignants

Les bonnes écoles l'ont écartée depuis longtemps. Aux USA, la méthode globale est has been, on ne l'utilise plus, ayant considéré qu'elle donnait de très mauvais résultats.

On nous propose cependant une toute nouvelle vidéo. Catastrophique.

Cette enseignante de l'école explique qu'avec la méthode syllabique, l'enfant comprend chaque mot mais ne comprend pas la phrase.

"L'enfant ne sait pas du tout ce que signifie" tel son. Du coup, on essaie de lui faire comprendre des sens.

Donc, dit-elle, il faut lui donner le sens avant ou en même temps que la prononciation.

Elle se trompe magistralement. Son postulat est faux.

Le sens ne vient pas au moment de la découverte du mot. Il vient après. Même chez l'adulte.

A condition qu'on ait lu parfaitement.

Si l'on n'est pas sûr, le risque existe qu'on se trompe. D'où frustration, peur d'apprendre, complexe.

Les lettres sont faites pour quoi ?

Les lettres sont faites pour quoi ? Pour servir de tremplin vers le sens. C'EST POUR CA qu'elles ont été inventées.

Ce qui donne une mécanique imparable.

La prononciation d'abord, le sens ensuite.

C'est la base des bases, autrement la méthode syllabique. Hors de cette méthode pas à pas, on ne fait que frustrer l'enfant et on l'empêche de progresser.

La prononciation d'abord, le sens ensuite.: ces enseignants l'ignorent encore au XXIème siècle !

Les enfants ne savent pas ?

"Les enfants ne savent pas ce qu'ils disent" est l'argument central.

A supposé que ce soit vrai. Quel est le problème ?

Lire ne passe pas forcément par la compréhension.

Une phrase comme: "L'ontologie de l'intelligence est liée à la nature même de l'individu" est une phrase qu'un adulte qui sait lire ne comprend pas forcément !

Pourquoi l'enfant serait-il obligé de comprendre ?

Ne pourrait-il pas comprendre plus tard ? Quelle est est ce postulat qui amène un sentiment de savoir là où on veut simplement que l'enfant sache lire ?

Si notre petit avant-dernier arrive à lire "le tirant d'eau de la péniche lui permet de supporter des étiages importants", nous serons très fiers, et il aura tout le temps plus tard de comprendre: puisqu'il aura la bonne lecture.

Mais le plus important, c'est qu'il sache déchiffrer !"

Bien sûr, nous lui donnons à lire des choses moins compliquées, mais le principe est là: déchiffrer passe avant comprendre.

Les enfants qui apprennent à lire vont comprendre lentement, à mesure que la phrase va former un tout dans leur esprit.

Eux, ces enseignants, comprennent-ils ce qu'ils lisent ?

Nous en doutons. Il y a des tas de choses qu'ils lisent sans comprendre.

"Le G7 a défini une rétroactivité normative à la hausse pour tous les acteurs de l'espace Maastricht qui amèneront paradoxalement des dérèglementations progressives sur les stocks de denrées gérées par les détaillants et les revendeurs franchisés des importations extra-européennes dans au moins 5 catégories de produits biodégradables", qu'est-ce que cela signifie exactement ?

Encore plus opaque: "Les documents qui suivent présentent une vue d'ensemble des modifications d'autorisation résultant du programme de RC. Ils sont plus particulièrement destinés aux utilisateurs professionnels de PPh et classés par année et domaine d'application."

On voit avec ces exemples que la compréhension du sens n'est pas prioritaire. C'est la bonne lecture qu'il l'est. Ayant les bons mots, il ne sera pas difficile d'aller chercher le sens, avec un dictionnaire (ou une connexion internet).

De même. Quand ces enseignants conduisent une voiture, savent-ils ce qu'il y a sous le capot, ce qui se passe ? Non. Un garagiste dirait: ils ne savent pas ce qu'ils font.

Quelle importance ? Il s'agit d'abord de savoir conduire, de ne pas se tromper, de ne pas avoir d'accident. Les secrets de la conduite n'importent pas à ce stade.

Quand ces enseignants font du karaté, on leur montre comment faire des mouvements, lentement. Ils ne savent pas ce qu'ils font. Et alors ? Il faut d'abord s'imprégner des gestes. On verra plus tard à quoi ils serviront. Ils pourront dire: "Ah ! j'ai compris : cela sert à parer une attaque du pied !"

Voilà comment fonctionne l'intelligence humaine.

S'ils allaient dans un dojo avancer leurs théories globales, ils seraient mis dehors. Prétendre savoir alors qu'on ne sait rien est une vanité dans le meilleur des cas, une folie dans le pire.

En lecture aussi, il s'agit avant tout d'être sûr de savoir lire. Comprendre viendra après. Et qui prétend savoir ce que signifient exactement les mots ?

L'enseignante cite cet exemple: "La petite poule picore." Et dit que l'enfant ne comprend pas. Mais un adulte qui n'aurait jamais eu des poules ne saura pas non plus très bien de quoi il s'agit réellement ! A part des images, l'impression réellement vécue est absente.

Alors, madame l'institutrice ? Vous dites que vous, l'adulte, vous savez ce que c'est alors que l'enfant ne saurait pas ? Peut-être que vous n'en savez rien de plus que lui. Et peut-être même que vos opinions ou votre manque de fréquentation des fermes vous cachent le sens véritable de cette petite scène pittoresque, qui n'échappera pas à l'enfant d'agriculteur lorsqu'il verra que "la petite poule picore." Peut-être qu'il comprend mieux que vous, en réalité, grâce à son regard enfantin. De toute façon, il ne comprend pas comme vous.

L'adulte non plus ne comprend pas

L'adulte ne sait pas ce qu'il dit quand il lit "Organisation des Nations Unies", il en a une vague connaissance qui n'a pratiquement rien à voir avec la réalité.

Cependant, le peu qu'il en sait lui suffit à aller chercher. Au moins, il est sûr qu'il a bien lu "Organisations des Nations Unies": c'est une certitude.

La globale comprend de travers

En voulant donner un sens sans la certitude d'avoir bien prononcé, autrement dit en faisant de la Globale, on pourra entendre "Organisation des Factions Unies" ou "Organisation de la Paix dans le Monde" ou même "Onisation dénation zunies". C'est-à-dire n'importe quoi. Et nous constatons avec effroi que les enfants de la Globale en arrivent à comprendre littéralement n'importe quoi. Ils ne savent pas lire. Et donc, ils ne comprennent pas.

D'où la douleur de lire pour eux.

Nous avons vu des enfants de 15 ans nous affirmant fièrement avoir lu des gros livres de 800 pages, ce qu'ils ont fait assurément. En fait, ils n'ont rien compris ! Ils sont pourtant persuadés que si. Il suffit de poser quelques questions pour comprendre qu'il n'ont pas saisi de quoi le livre parlait.

Quelle sottise, que de temps perdu et que de douleur rentrée !

Voilà quelques exemples de globale, version encore plus poussée, cherchant carrément à embrouiller voire à violer sa conscience :

Remplace dans des syllabes par des lettres (sic, vous remarquez déjà que cette phrase ne veut rien dire) :

— Il é-T une fois le petit Pou-C

— L-é-T-M-U (« Elle était émue »)

— L-N-é-A-3 (« Elle est née à Troyes »)

« Fais semblant de corriger :

Exemple : sotduite au lieu de conduite, exderrièreser au lieu de excuser, derrièrederrièrezizitacé au lieu de cucurbitacé. »

« Si tu ne connais pas beaucoup de gros mots, demande à tes parents, ils en savent plus que toi. »

« Apprends à détourner un proverbe : il faut battre le fer tant qu’il est chaud, il faut battre sa mère tant qu’elle est jeune. »

« Conjugue des verbes qui n’existent pas. »

Etc…

Faut-il développer sur l'insanité de ces exercices ? Les auteurs sont tout simplement des fous à faire enfermer.

Quel est le bon ordre, en lecture ?

Il est simplissime et de bon sens.

Il faut permettre à l'enfant d'accéder à la juste prononciation. De là, ayant bien prononcé grâce aux syllabes, il entendra le mot. L'entendant, il le reconnaîtra.

Voilà le processus.

On doit laisser l'enfant découvrir par lui-même le sens après avoir su prononcer. Le sens vient dans un second temps, et surtout sans presser l'enfant.

Il lit "poule" puis lève la tête et s'émerveille: "Poule !" avec un grand sourire. Puis, "picore". Il réfléchit et comprend aussi ce mot: "elle picore !", s'exclame-t-il.

Voilà l'ordre des choses. Voilà l'ordre juste.

Avec le global, ça se passe comment ? à l'envers !

Avec le global, l'enfant doit lire le mot avant de le lire, de l'épeler !

C'est comme si on vous demandait de comprendre un manuel technique avant de le parcourir.

C'est globalement... débile, pour dire les choses simplement.

Cela ne se passe jamais ainsi, dans aucun apprentissage.

On ne demande pas au footballer de mettre des buts avant de savoir manier un ballon.

On ne demande pas à la policière d'arrêter des individus dangereux avant de connaître les réactions possibles des interpelés, le maniement de son arme, la loi etc.

Il n'y a qu'à l'école où l'on doit deviner avant de savoir.

C'est, scientifiquement, de la décérébration. On détruit l'intelligence.

Si l'enfant doit comprendre "poule" avant d'avoir réussi à dire "pou-le", c'est douloureux, laborieux. C'est de la devinette.

La méthode globale fait ânonner

Tenter de dire un sens sans savoir lire, c'est bégayer puis finir par ânonner, comme aiment justement à dire les enseignants tenant de la Globale au sujet des enfants qui font de la syllabique, avec mépris. Nous aimons à leur rappeler, en ce cas, que Victor Hugo a ânonné, que Lamartine, Chateaubriand, Balzac, Rimbaud et Baudelaire ont ânonné, que leurs leaders politiques historiques qu'ils affectionnent tant aussi, ont "ânonné". Ils ont appris avec la méthode syllabique qui est la seule valable.

Sans quoi on inverse et on force l'enfant à s'emmêler l'esprit avec des sens et des formes de lettres qui forment un amalgame pour, poussivement et dans la douleur, obtenir une sorte de schéma de pensée hypnotique: l'enfant est persuadé de lire "voiture" quand il lit "véhicule".

Ce qui l'amène évidemment à des confusions pathétiques.

Le "véhicule de la foi tibétaine" sera compris par lui comme la voiture utilisée une fois au Tibet.

C'est cela, la Globale.

Le premier vecteur de désocialisation via la dyslexie

La Globale est le premier producteur mondial de dyslexie, avant la violence, le harcèlement et d'autres choses vécues à l'école.

Il faut donc l'éviter absolument et sans négociation possible !

Elle est encore là, cette méthode préhistorique, datant d'un temps où l'on ignorait l'ordre des choses.

Une cogitation d'adultes qui pensent pouvoir tout réinventer

Cette inversion, typique d'une cogitation d'adultes coupées de la recherche, est évidemment infondée.

On ne cherche pas à faire courir l'enfant avant qu'il sache marcher.

C'est ce genre de méthode qui a conduit à l'effondrement actuel, entre autres. Mais ça ne les amène pas à se remettre en cause. Ce sont des dogmes.

Ces gens refusent d'être humbles et d'étudier la question, ils ont des croyances dures comme fer.

Nous voyons des milliers d'enfants ne rien comprendre à des textes parce que justement, étant passés par cette méthode globale, il sont persuadés de sens qui ne sont pas ans le texte. Cette méthode les amène à être littéralement ignares et certains d'avoir raison, il faut tout un travail pour les amener à se rendre compte de leur erreur.

Les vrais besoins de l'enfant

Tout cela vient d'idées d'adulte qui ne s'intéressent ni vraiment à ce dont l'enfant a besoin, ni aux travaux depuis 30 ans qui ont condamné absolument la Globale (et ses succédanées semi-globales...): l'étude du cerveau montre très bien que seul la syllabique fonctionne et il y a des raisons à ça.

L'enfant a besoin d'être rassuré et en confiance.

Des gens veulent réinventer une méthode: c'est l'analphabétisme de l'enseignement qui croit réinventer l'eau tiède.

En éducation, disons-nous, on ne réinvente rien, tout a été dit et tout est su, il n'y a rien de neuf depuis 5.000 ans.

C'est le besoin effréné de nouveauté, le besoin de justifier son poste, qui a conduit quelques malheureux pédagogues ignorés à affirmer de nouveaux postulats sur du sable.

Confirmant ce que nous disons, on peut lire sur l'article ci-dessous:

Garcia et Oller montrent comment elles ont sauvé les élèves perdus, les transformant en une année en « bons lecteurs fluides ». Comment ? Avec des méthodes inavouables. Le « déchiffrage » des années 30. Et du harcèlement : « On les faisait beaucoup répéter. C’est tout simple – ce qui ne veut pas dire facile –, mais efficace. » Du « travail intensif ». Car selon elles, « l’évitement du travail scolaire » conduit à « un renforcement des inégalités ». De quoi, en effet, rendre muets tous les acteurs de l’éducation.

http://www.pouruneécolelibre.com/2015/09/lecole-et-ses-khmers.html

Ce qu'il faut retenir: il faut d'abord être sûr du mot avant d'y plaquer des idées, des sens.

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