Vaincre la dysorthographie chez soi, à la maison, sans spécialiste

Guérir la dysorthographie ?

La première des choses dont les parents veulent entendre parler, c'est de guérir la dysorthographie de leur enfant.

Si c'est de la dyslexie que vous vous inquiétez, c'est ici.

Partout, on trouve des constats sur ce "trouble" mais on a bien du mal à le guérir sans... mettre la main au portefeuille. Et la plupart du temps, on recolle quelques morceaux sans un résultat très brillant. Il faut payer des spécialistes plus chers.

Bref, l'école qui est censée être gratuite redevient coûteuse.

Or, la guérison de la dysorthographie est possible. Et dans cet article, nous allons vous dire comment.

Encore faut-il faire une mise au point au sujet de la dysorthographie.

P11007682 La dysorthographie, la vaincre chez soi

La dysorthographie provient à certains enfants et pas d'autres. Pourquoi ?

Constatée de plus en plus fréquemment, on la combat sans dire en réalité son origine. Si un enfant ne sait pas conjuguer, poser un pluriel ou écrire correctement des mots composés, c'est, dit-on, de sa faute, il a un problème (...) la suite est réservée aux membres accompagnés, pour votre accès membre, passez par ici. Déjà membre accompagné ? Connectez-vous dans le menu du site (en cas de souci, voir la FAQ).  

  • Audrey Bonneau dit :

    Nous faisons l’école-maison pour une 2e année consécutive. Notre fils est de niveau 2e année en français alors qu’il devrait être au 5e niveau. Nous avons fait 2 dictées par semaine l’année dernière et effectivement nous avons vu une amélioration, mais nous cherchons des banques de dictées. Est-ce que vos dictées sont disponibles?

    • Rémy et Cécile dit :

      Oui, on en trouve facilement, mais vous pouvez prendre un livre pour la jeunesse aussi. Dans la bibliothèque rose et verte, vous aurez tout ce qu’il faut.

  • chemin 31 dit :

    Ah ! Les dictées quotidiennes! D’abord on les écoutait attentivement. Le maître les lisait en faisant chanter les terminaisons des verbes, les pluriels des noms,des articles, les doubles consonnes… ; lesssss lapinssss…(Comme Topaze).Cela restait dans nos oreilles… La dictée se faisait ensuite dans un grand silence attentif. Le maître la relisait normalement. Puis il nous disait de faire attention aux pluriels, aux personnes des verbes conjugués. Après avoir nous-mêmes relu nos écrits, corrigé quelques oublis, on échangeait nos cahiers. Alors le maître retournait le tableau où la dictée était écrite d’une belle écriture, sans aucune faute. L’indulgence n’était pas de mise entre nous. Plus de cinq fautes, le petit camarade mettait zéro. Et on la recopiait. Si le maître y trouvait encore une faute, nous avions une punition ; faire un exercice d’application de la règle, ou copier le mot un certain nombre de fois. (J’avais eu 500 fois à copier le mot moitié !car j’y ajoutais invariablement un r à la fin.) Au bout d’une centaine de mots le r était réapparu !! Alors le maître a haussé les épaules. Cet haussement d’épaules est inoubliable pour moi. J’en frémis encore ! Ce maître ? Je le vénérais ! Il y a de cela plus de quarante ans !!

    • Rémy et Cécile dit :

      Merci Chemin. Les bons maîtres ont existé, existent encore sûrement.

  • Véronique dit :

    La dysorthographie s’améliore donc avec la pratique régulière de dictées. Qu’en est-il de ce qu’on appelle la dysgraphie où l’enfant (en Ce2) est très lent et peine à écrire entre les lignes et à tracer correctement les lettres en dépit de copies quotidiennes et de cahiers d’écriture remplis?

    • Rémy et Cécile dit :

      C’est comme la dysorthographie: pratique, pratique. Et avec cela du plaisir et de belles célébrations des réussites, et en quelques jours les choses s’arrangent. Pour le plaisir: des textes très drôles, amusants.

  • Albane PROY dit :

    Je n’ai pas connu avec ma fille ce « trouble » là. La dictée quotidienne d'(CX6) est toujours passée comme une lettre à la poste. Par contre ma fille précoce a TOTALEMENT « Glissé » sur la mémorisation des tables. on a parlé de dyscaculie. Bon, évidemment, comme c’était chez moi un point fort, je me suis penchée sur la question. Eh bien, simplement, le cher petit ange ne portait PAS mais alors pas du tout d’intérêt aux chiffres. Quelques années plus tard grâce dans un premier temps au recours à des logiciels comme l’attrape nombre et la course au nombre (sur le net), puis en acceptant la calulatrice (pour rendre fluide le raisonnement), les choses sont rentées dans l’ordre. Chers parents, en France, EVITEZ par dessus tout les pédop^sychiatres des CMPP et autres pavillons de pédopsychiatrie, car non seulement cela n’aidera pas votre enfant, mais vous risquez en outre deux choses : La perte de confiance en lui (j’ai des problèmes dans la tête, je suis fou, autiste ou anormal peu importe) et le risque REEL d’être dépisté comme un « cas social ». J’ai eu la malheureuse idée, alors que ma fille était suivie à l’étranger pour un TDHA (Prouvé par imagerie médicame) et qu’elle ne prenait pas le fameuse ritaline de l’enmener rencontrer à CHU régional un pédopsy pour faire rebouveller son ordonnance d’Atomexetine car mon médecon généraliste m’avait expliqué que la consultation d’un pédopsychiatre hopsitalier pouvait m’éviter un nouvel aller retour avec ma fille, l’enfant devant être suivie tous les six mois. ALORS que TOUT allait bien, que sa dose de médicament allait en décroissant et qu’elle ne savait RIEN de « son problème », elle a enduré que le « spécialiste » dise en sa présence qu’elle était « autisteé si si rien de moins, et que le TDHA était une comorbidité. Après cela, j’ai eu le plus grand mal à me dégager des griffes des travailleurs sociaux qui estimaient que ma fille était excusez, du peu en « danger imminent ». Pour une fois les services de l’éducation Nationale de ma Région me sont venus en aide. En effet, après évaluation de ma fille en leurs locaux, elle a été considérée comme « apte » à suivre la 6ème l’année dernière MAIS il a été « revonnu » « qu’elle ne POUVAIT être scolarisée » en raison de l’emploi par elle du langage soutenu et d’une agitation qui necessite de la faire placer sous ritaline (contre indiquée, pour elle en raison de TOC).
    Pour finir j’ai bouté Monsieur le travailleur social de secteur de ma maison et fait joué mes relations. Donc, prudence. Pour celles et ceux qui font l’école à la maison en raison d’un « trouble », d’une » difficulté » ou d’une « particularité », ne le mentionnez JAMAIS en dehros du cabinet de votre médecin. Il pourra à votre demande vous conduire vers un professionnel, psychothérpeute, orthophoniste, psycomotricien ou en dernier ressort psychiatre de ville (si possible secteur 2) où vous ytouverez la « protection » nécessaire vis à vis de services sociaux TOMBES sur la tête.

    P.S. Gaëtane Va TRES bien, elle commence avec joie sa 5ème avec un cours par correspondance. Elle apprécie les autres enfants, adore parler aux adultes. Son « agitation » commence à se dissiper et elle n’ira pas « consulter » dans le vide une fois ou deux par semaine des « pros » qui ne parlent que « difficcultés » et presque « infirmité » alors qu’au plan moral, psychologique, culture générale et connaissances scolaires ma fille est comme beaucoup de jeunes esprits qui ont la chance d’être conduits par des éducateurs compétents, TRES au dessus da la moyenne des autres enfants (le fait étant reconnu, au reste par l’Education Nationale).
    Vous me pardonnerez d’ajouter ma PROPRE expérience d’enfant « surdouée » c’etait le mot à mon époque. Eh bien, comme BEAUCOUP de mes pareils j’atais intimement convaincue d’être gravement anormale pour ne pas dire folle. L’on ne peut qu’imaginer avec effroi ce que le passage d’un psychiatre aurait pu faire comme ravages dans me tête dans mes jeunes années.

    Toutes les différences ne sont PAS des maladies. Parfois, ce sont des chances aussi, pourvu surtout que l’on ne brise pas, par des mots mal venus ou des diagnostics assassins la confiance d’enfants, NORMAUX , c’est à dire imparfaits comme tous les autres !

    Amicalement Albane

    • Rémy et Cécile dit :

      Merci Albane pour ce témoignage percutant et qui va absolument dans le sens de ce que nous disons.

  • ACT dit :

    Bonjour,
    J’ai lu avec application votre article ainsi que les commentaires.
    Notre 3° a été reconnue dysorthographique sévère et a beaucoup fréquenté les orthophonistes dans son enfance et son adolescence. Elle est adulte actuellement et dès qu’elle est fatiguée ne se souvient pas de la différence entre les sons en gu et ceux en qu; cela a toujours été son plus gros problème.
    Elle a eu la chance d’apprendre à lire/ écrire avec la méthode syllabique. L’école fréquenté faisait faire des dictées de mots une fois par semaine, liste de mots à mémoriser tous les soirs et cela dans chaque niveau suivi. En plus, une dictée préparée par semaine. Cela faisait qu’il y avait dictée, explications, mémorisation chaque jour.
    Grâce à cela, elle arrivait à avoir les 3/4 de la dictée juste .
    Je vous rejoins quant aux dys induits par les méthodes scolaires mais malheureusement, il y a aussi de vrais dys qui souffrent malgré les efforts.
    Ma fille, en temps normal a maintenant une orthographe supérieure à ceux de son âge, mais à la moindre fatigue, elle sent son savoir disparaître et en pleure de rage.

  • Albane dit :

    Chers amis,

    Ne sachant trop où poster sur le site, j’ai choisi cette rubrique, libre à Rémy et Cécile de chager ce texte de place.

    QUELQUE SOIT, le « problème » de votre enfant, approcher un centre type CHU est extrêmement risqué. Je parle en connaissance de cause. Ma fille est douée d’un cerveau qui apprend bien MAIS elle présente quelques raideurs au plan physique et est méga active avec un déficit de l’attention. Cela ne l’a pas empêchée d’avoir d’excellentes notes.

    MAIS estimant être une maman « moderne » je savais que certains spécialistes pouvaient l’aider, psychomotricien et psychologue (je précise que j’ai un enfant unique et que les copines ne remplacent pas une fratrie).

    J’ai fait appel EN RAISON DES DELAIS très longs dans le privé aux services du CHU de la plus grande ville à portée de mon domicile (à la campagne, c’était un choix). Devant l’inertie parfaite de la structure, j’ai fait appel à une association d’une autre nature avec des médecins et des spécialistes à l’approche disons modérée.

    Ma fille a suivi le parcours d’évaluation des deux structures (pour moi ma démarche était LIBRE donc, en aucun cas je ne me sentais liée à l’un ou l’autre des organismes. En Creuse, il n’y a PAS d’enfants qui font l’école à la maison et comme vous le savez la chose est mal vue. L’assitant social nous a immédiatement prises en grippe. Quel rapport me direz-vous. Le voici :

    Alors que je m’étais orientée vers la petite structure qui l’aide avec BIENVEILLANCE, j’ai reçu un avis brutal de la région l’UTAS pour les experts, déclarant que j’étais dénoncée auprès du juge des enfants pour « refus de soin ». Précisons qu’elle est suivie de façon positive depuis la rentrée par un autre organisme (de mon choix).

    Comme c’est commun (c’est sa psychologue traitante qui me l’a expliqué) quand un pédopsychiatre même « allumé’ fat un signalement les services sociaux chargent la voiture. Le majorité de mes déclarations ont été ignorées ou « adaptée’. j’ai une espace comme auto comme ma fille montait à l’arrière, je la fais monter « dans le coffre ». Toute chose était mise en cause, même les points les plus secondaires. J’ai lu au greffe, car les parents n’ont pas le droit d’avoir copie du document que mon « équilibre mental posait question » et entre autre que les rôles au sein de la famille étaient mal définis. J’ai rendu hommage à sa grand-mère en indiquant qu’elle avait fait office de seconde maman de cœur. Le papa de ma fille étant décédé, j’ai pris l’habitude de dire « papy » à mon propre père, afin de ne pas embrouiller les choses. JAMAIS je n’ai confondu le « papa » et le « papi », et ma fille fait très bien la différence. Je précise que mes parents vivent chez MOI et qu’ils sont âgés de 83 ans et que c’est l’habitude dans notre famille de « rendre » les bienfaits et d’accueillir les aînés devenus plus fragiles (de plus leur présence apporte beaucoup ) ma fille). La liste serait trop longue et fastidieuse à vous livrer ici, mais PLUSIEURS accusaions TOUTES mensongères et écœurantes émaillent le dossier.

    L’assitance d’une avocate spécialisée à Paris pour constituer un dossier de défense (prix 5000 euros) m’a permis d’éviter le placement provisoire de six mois dont nous étions menacées. J’ai pris un « avocat » local pour la forme, le dossier de fond étant constitué par l’avocate de paris qui a été formidable. Dites vous BIEN que si un pédopsychaitre pour une raison X choisit de « signaler votre enfant en danger immédiat » dans 99% des cas le juge des enfants suivra son avis. Si 1% de ce qu’il y avait dans le dossier avait été vrai, n’importe qui, y compris le juge des enfants aurait pris des mesures de protection, c’est compréhensible.

    La psychologue qui la suit a prafiatement compris qu’une petite fille de 10 ans très candide affectivement et éveillée à l’extrême intellectuellement ne pourvait trouver place avec des ados dans un collège (car il m’est reproché de l’instruire dans la famille).

    RESULTAT ? eh bien six mois d’enquête et d’évaluations diverses (y compris une expertise psychiatreque de ma personne si si ), de ma fille et enquête « sociale » à la clef. Dans les faits la psy et e édopsychiatre de la structure qui la suit m’ont rasurée sur toutes ces procédures mais SACHEZ que vous vous exposez quelque « normal » que vous soyez et MEME en faisant une démarche VOLONTAIRE est dangereux. N’allez JAMAIS dans le public et s’il doit y avoir évaluation pour le « confort » de l’enfant, donnez un faux nom et une fausse adresse. Vous payerez le « bilan », mais ce sera moins chers que les frais d’avocat et la SOUFFRANCE et l’ANGOISSE que traversera votre enfant en redoutant de vous être enlevé. Il y a des « pros » intelligents et utiles, mais vous ne pouvez pas savoir à priori qui a l’esprit ouvert et qui déteste votre façon d’être, de vivre et à travers cela votre enfant.

    A l’audiance Mme la juge des enfants a demandé s’il s’agissait du même enfant que celui décrit dans le rapport puisqu’elle « avait des visions » à en croire le rapport de l’assitant social et nécessitait, excusez du peu une hospitalisation d’une journée par semaine et le placement sous neuroleptiques.

    Votre « bon droit » et votre « bonne volonté » ne suffisent PAS à protéger l’enfant d’une pédospychaitre étroit d’esprit et détestant CE QUE VOUS ETES.

    Même si ma fille se trouve bien de rencontrer une psychologue une fois tous les quinze jours, cela ne vallait PAS la peine de l’exposer à ce que nous avons traversé.

    Ne soyez PAS confiants, protégez vous et préservez vos enfants de la véritable inquisition (et du danger de séparation) auxquels vous vous exprosez.

    Le mieux est l’ennemi du bien et avec le reciul je déplore d’avoir, par souci, par scupule, cherché à avoir l’opinion de professionnels donr CERTAINS sont de véritables dangers (et encore j’avais un bilan de l’accadémie ULTRA favorable et toutes les notes des cours par correponsances par années avant même l’obligation scolaire. Songez que j’ai même été contrainte de « prouver » que ma fille possède bien un ponney et qu’elle est titulaire d’une licence pour monter en reprise comme en prommenade comme le prévoit la loi.

    Conclusion ma fille a été MALADE de peur « cauchemars, vomissements » durant les deux semaines précédant l’audiance et à vomi chez le juge ce qui a été considéré comme un « excès de sensibilité » ! Le danger de placement est écarté mais à quel prix !

    Merci de m’avoir lue, je forme le souhait que notre mésaventure et nos souffrances puissent aider à les épargner à d’autres enfants.

    Bien amicalement

    • kiwala dit :

      Je suis époustouflée de vous lire, car votre témoignage réveille en moi de douloureux souvenirs, remontant à dix ans maintenant – mais j’aurais pu écrire la même chose que vous ou à peu près, et avec les mêmes mots… ET, quand je l’ai vécu, j’ai, comme vous sans doute, recherché des témoignages sur Internet, et… en ai trouvé à foison !

      Même si je le fais tardivement, je me permets de confirmer ICI, au cas où d’autres parents vivraient le même genre de situation, que j’ai vécu avec mon fils, MOI AUSSI, quasi en tous points ce que vous décrivez. ET à Paris… Et dans les mêmes termes : « services sociaux », « confiance », « aide », « accusations », « signalement judiciaire », « refus de soins », « mensonges », « souffrance », etc.

      – Comme vous, alors que mon fils, adopté juste avant son entrée en fin de petite section de maternelle, n’avait, selon un pédopsychiatre renommé pour connaître bien la problématique de l’adoption, besoin d’aucun suivi, mais d’une simple « main tendue », ayant passé ses premières années dans un orphelinat non francophone, j’ai « choisi », si l’on peut dire, de le confier au CMPP du secteur, la maternelle parisienne, elle, me faisant un chantage assez odieux : « Nous n’aiderons cet enfant QUE s’il est suivi au CMPP »…

      Pourtant, les deux derniers mois de l’année scolaire précédente, passés en petite section, s’étaient super-bien déroulés, avec une institutrice merveilleuse de gentillesse et de compréhension. Elle était ravie de la manière dont mon fils s’était intégré dans le groupe et de sa prise d’autonomie très rapide, et m’annonçait, en fin d’année : « Il a de la chance, il n’aura aucun mal à rattraper son retard avant le CP ! »
      Du reste, comme, à l’instar de nombre d’orphelinats, il n’avait jamais eu de jouets pour « jouer », nous venions de notre côté de découvrir en accéléré tous les jouets, du « 0 mois » jusqu’à son âge réel, et il avait rattrapé déjà tout ça très rapidement, tout en apprenant le français très vite aussi.
      Bref : des débuts fort encourageants, et l’avenir qui s’annonçait sans gros nuages !

      Hélas, en moyenne section, la musique fut tout autre, et ça commença par, le jour de la rentrée de septembre, le « non-accueil » de l’institutrice manifestement outrée de devoir avoir dans sa classe ce bout de chou parlant encore imparfaitement français et encore ignorant des choses « scolaires », et qui refusa que je lui dise deux mots de son histoire particulière : « Je sais déjà, qu’il aille s’asseoir ! », me lança-t-elle à distance, vissée sur sa chaise, tandis que je venais la saluer en tenant ma terreur par la main… pas un regard pour lui, pas un mot, rien !
      La première semaine, donc, elle se trompa de prénom d’usage… et mon fils la prit vite en grippe, apparemment, et ne tarda pas à se faire remarquer ! Il était, certes, paumé, car elle le laissait se débrouiller seul, mais il était grand et costaud, et roublard comme pas deux : pas question de se faire oublier, ni de faire oublier qu’il fallait encore l’aider un peu !!!
      Bienvenue au purgatoire… « Cet enfant », donc, devra être « suivi »… avant que d’être « aidé », tout simplement. Voire : regardé.

      Le pédopsy m’avait spécifié : « Votre fils n’a besoin d’aucun suivi et ne présente aucun trouble, mais, si vous voulez faire plaisir à l’école, vous pouvez vous adresser au CMPP, en leur demandant un simple accompagnement familial une fois par mois, par exemple, ça pourrait permettre de débloquer les choses… »
      Hélas, le CMPP en décida autrement : « Nous ne pratiquons pas l’accompagnement familial, mais nous allons nous occuper de votre fils uniquement. »

      L’enfer venait d’ouvrir ses portes… à raison de deux séances par semaine, prises, bien sûr, sur le temps de classe… Histoire de faciliter l’intégration, la progression, et de mettre mon fils plus à l’aise au milieu de ses petits camarades déjà plus avertis que lui des choses de l’école !

      – Dès les premières entrevues, j’eus la sensation que le pédopsychiatre du CMPP était complètement « allumé », comme vous l’écrivez, et même, pour moi, dangereux : il distillait sans cesse à mon fils des propos assez détonants… qui allaient rapidement empirer : ma confiance fit bientôt place au doute, puis à l’inquiétude : quel serait l’effet de ces « séances » sur mon enfant ?
      Deux exemples : mon fils, 5 ans à l’époque, quand un jouet ne lui convenait pas ou qu’il le voyait cassé, avait pris l’habitude de le jeter au-devant de lui en disant « Poubelle ! », et le pédopsy, l’entendant dire cela plusieurs fois, lui dit : « Il me semble que tu emploies souvent le mot ‘poubelle’, est-ce que c’est parce que, dans ton orphelinat, tu étais comme dans une poubelle ? »
      Une autre fois, le voyant précipiter la figurine assise au volant d’un petit tracteur dans ce qui représentait un étang, sur le tapis de jeu, le pédopsy se lève comme un diable sortant de sa boîte, et lui crie : « Attention ! Attention ! Le conducteur va se noyer ! Comme toi, tu allais te noyer dans ton orphelinat quand ta maman est venue te chercher ? »…

      A part ça, bien qu’il m’ait annoncé refuser l’accompagnement familial, pour ne s’occuper « que de mon fils », en réalité, à chaque séance, il ne s’entretenait qu’avec moi, laissant mon bonhomme jouer par terre à côté de nous, et, sans jamais s’occuper de lui, sauf exception, me posait et reposait à chaque séance les mêmes questions : « A… a-t-il des frères ? Des soeurs ? Des oncles ? Des tantes ? », oubliant visiblement ce que je lui avais répondu la fois d’avant, quoique prenant des notes plus que fébrilement…
      Une autre fois, il nous a accueillis en clamant « Bonjour, Boris ! », ce qui n’est pas du tout le prénom de mon fils, certes né en Russie… Puis il s’est excusé : « Ah, je me suis trompé, j’ai dit ‘Boris’ parce que je me souvenais que tu es né en Russie… » Trop bon, ce psy !

      Mon bonhomme, à qui l’école reprochait déjà un comportement « hyper-actif », alors que son agitation n’était visiblement qu’un appel à ce qu’on l’aide un peu, adopta bientôt des comportements toujours plus agités et rebelles, et les divers « suivis » égrenés au CMPP se montrèrent parfaitement inopérants, voire plutôt nocifs, à mon avis…
      Au pédopsychiatre s’ajoutèrent la psychomotricienne, la psychologue, l’orthophoniste, puis 3 autres pédopsychiatres (oui !) le prenant ensemble en séance de « psychodrame » pour le « désinhiber » : l’effet, en quelques mois, fut désastreux ! Non seulement il était toujours ingérable en classe, mais, alors que tout se passait plutôt bien à la maison auparavant, il devint de plus en plus ingérable aussi avec moi… Il était « désinhibé »… et s’est mis à provoquer, et à balancer injures et gros mots à tour de bras, ce qui n’était pas difficile, vu le stock acquis à l’école…
      Visiblement, quelque chose se passait mal… et il me le faisait savoir.

      J’avais la sensation que tout ce que j’essayais de construire avec lui dans notre relation duelle encore assez nouvelle était constamment déconstruit, tant par l’école que par tous ces intervenants extérieurs…

      Mais, bêtement, je « faisais encore confiance » – à l’école, qui me disait que mon fils devait être « suivi » (avec l’argument qui tue : « Les pédopsychiatres, eux, madame, ne sont pas dans la classe, ils ne voient pas comment s’y comporte votre enfant… ») ; et, malgré tout, au CMPP : toute une « équipe pluridisciplinaire » hautement diplômée, ce ne peut être une équipe d’imbéciles , pensais-je ! Je me trompais donc, probablement, et devais cesser de douter… et laisser faire les « pros »… comme on me le serinait.

      – Pour autant : la maternelle continua de ne pas lui venir en aide, sous prétexte qu’il « allait y arriver tout seul, à son rythme » (!), ce qui n’est pas du plus grand confort quand même, pour un gosse déjà insécurisé par son histoire et son plongeon dans une nouvelle vie, et un peu perdu encore face à l’exigence scolaire qu’on ne se donnait pas la peine de lui décrypter : il s’est donc plutôt noyé à son rythme, d’autant que, ayant sollicité les conseils de l’instit’ de moyenne section pour tenter de le faire moi-même un peu travailler à la maison, je m’étais entendu rétorquer : « Surtout pas ! Ne faites rien de votre côté, vous ne feriez qu’empirer les choses ! Laissez-nous faire, nous sommes des professionnels ! »

      On ne fit donc rien pour lui venir en aide, tout en lui expliquant et en m’expliquant que « Ce n’est pas la peine de l’aider, il ne peut pas… Il est empêché d’apprendre »… Ce qui, sans doute, acheva de gommer le petit peu de confiance en soi qu’il aurait pu encore conserver, et de confiance dans les adultes supposés l’aider…

      Puis on m’annonça juste, en milieu de grande section, après 4 mois d' »évaluation » par la psychologue scolaire : « Votre fils est très en retard [je répète : QUATRE MOIS d’évaluation, et une batterie de « tests » auxquels mon fils aura été soumis, pour me dire « ça » et c’est TOUT !]… Le CP sera SANGLANT pour lui [ce sont les termes utilisés par la directrice, qui me refusait pourtant l’aide demandée depuis le début de la moyenne section], vous devriez lui chercher une école privée ! »… Ce que je fis illico, avec succès.

      – L’école privée rapidement trouvée me souligna combien il était dommage qu’on n’ait pas aidé mon fils plus tôt, mais se montra prête à l’accueillir et à faire le nécessaire, hélas « à condition qu’il continue d’être suivi au CMPP »… J’avais programmé, moi, de l’en retirer pour le faire suivre par un psy privé, mais : « Non, me dit-on, les pédopsychiatres privés refusent en général de collaborer avec les écoles, alors, vous comprenez, nous vous demandons de poursuivre avec le CMPP »…
      J’eus beau dire mon sentiment : ce qui se faisait au CMPP me semblait soit inutile, soit encore plus néfaste pour mon fils qu’une absence de tout suivi, RIEN n’y fit…
      Mais « ils doivent savoir », me disais-je toujours, quoique perplexe… et me désolant de voir mon enfant en toujours plus mauvaise posture, selon mon ressenti personnel.

      – Dès le premier trimestre du CP, cette même école, qui l’avait mis, à ma grande surprise et inquiétude, dans un CP à double niveau (« Ne vous inquiétez pas, l’institutrice a l’habitude de gérer des niveaux différents ! »), se mit bientôt à se lamenter : « Mais que fait le CMPP ? Mais que fait le CMPP ? »
      Visiblement, celui-ci ne faisait, au mieux, RIEN, et au pis, continuait de dévaster mon pauvre bonhomme… qui se montrait toujours plus agité et perturbateur en classe.
      Bientôt, on me demanda donc de le déscolariser « partiellement », puis, en janvier, totalement : entre-temps, mon petit garçon arrivé en France gai luron, vif, plein d’énergie, de curiosité pour ce monde qu’il découvrait tout juste et avec d’évidentes capacités de bien progresser (il a appris le français très rapidement et se montrait avide de comprendre et d’apprendre, en posant mille questions…), s’était transformé en un véritable arc tendu à l’extrême, il s’était mis à se ronger les ongles, à bégayer, il faisait peine à voir : la souffrance, le soir, était manifeste… Jamais il n’avait été autant « suivi », et jamais je ne l’avais vu aller si mal !

      Pour moi, la déscolarisation totale venait donc à point nommé, il n’en pouvait plus, de cette école qui ne cessait de le stigmatiser, de le maintenir en échec, de l’expédier ailleurs se faire « suivre », au lieu de l’aider, et de ces suivis qui ne servaient à rien, sinon à le déstabiliser et à l’insécuriser toujours plus sur ses propres capacités !

      – J’acceptai donc de bon cœur la déscolarisation, et, comme par miracle, le CMPP, après m’avoir pendant des mois décliné tout ce qui « conviendrAIT » pour aider mon fils, en ajoutant chaque fois « Mais, vous comprenez, les places sont prises… Mais, vous comprenez, cette structure est à l’autre bout de Paris, impossible… Mais, vous comprenez, de toute façon, cette autre structure n’acceptera pas votre fils avant l’année prochaine… », etc., me « proposa » ENFIN un autre suivi qui, à ce moment-là, finissait par devenir urgent, vu l’état calamiteux de mon pauvre bonhomme mal en point : « Nous vous proposons une psychothérapie individuelle »…

      Pour un gosse d’à peine 7 ans, qui ne parle français que depuis ses 4 ans, qui n’a pas encore appris à lire et à écrire et qui ne dispose donc encore que d’un langage très peu élaboré, était-ce bien adapté ? Alors qu’il était au bord de la rupture totale, voire du craquage ? Qu’il venait de se faire éjecter de l’école ? Avec un psy dont je ne connaissais rien, ni la formation psychanalytique, ni les pratiques, ni la réputation, et qui ne savait rien non plus de l’histoire de mon fils (ni de la mienne:-)) ?

      Je jugeai que cette proposition ne répondait pas à l’urgence du moment et renâclai à livrer l’intimité psychique de mon petit garçon à une personne dont je ne connaissais RIEN, et décidai, donc, de faire ce que j’avais programmé dès l’annonce de la déscolarisation : profiter de ce que j’avais, en quittant l’école, recouvré mon entière liberté de choisir moi-même À QUI je confierais mon fils pour le retirer séance tenante des griffes de ce CMPP qui ne cessait de me balader et de garder mon fils, en quelque sorte, en otage, connaissant la pression qu’exerçait l’école, sans, visiblement, trouver comment l’aider.
      J’optai pour le confier à un pédopsy DE MON CHOIX, qui deviendrait l’unique personne à le suivre : fini le défilé, dans le quotidien de mon fils, de la psychologue, de la psychomotricienne, de l’orthophoniste, de l’assistante sociale, de l’équipe du psychodrame, fini l’équipe « pluridisciplinaire » du CMPP, il était grand temps que mon fils, comme n’importe quel autre enfant de son âge, cesse de passer de mains en mains en l’absence de sa mère (au travail, pendant ce temps-là !) et ne soit plus confié qu’à UNE SEULE personne de confiance, choisie par sa mère… Ça me paraissait et paraît toujours capital, et en particulier pour un enfant fraîchement adopté !

      – L’enfer… 2e sous-sol !
      Dès lors, j’eus droit à un véritable forcing de la part du CMPP : un premier courrier s’étonna en des termes peu amènes de mon refus de la psychothérapie individuelle. A mon immense surprise, car, lors d’une ultime « réunion de l’équipe pédagogique » en présence de la pédopsychiatre directrice du CMPP, peu de temps avant, celle-ci m’avait confirmé devant toute l’équipe réunie : « Je suis bien d’accord avec vous, une psychothérapie individuelle, CE N’EST VRAIMENT PAS CE QU’IL FAUDRAIT à votre fils actuellement, mais, vous comprenez, NOUS NE POUVONS VOUS OFFRIR QUE CE QUE NOUS AVONS  » !!!!!!!

      Cette phrase-là, je ne suis pas près de l’oublier, moi qui ai grandi dans une famille de médecins « à l’ancienne », où la médecine était quasi une religion : un MÉDECIN qui ose vous dire ÇA ???!!! Même aujourd’hui, je n’en reviens toujours pas !
      Mieux valait donc, pour elle, imposer à mon fils un suivi qui ne l’aiderait sans doute pas, voire qui aggraverait ou laisserait s’aggraver ses difficultés, plutôt que de le voir quitter le CMPP !!!

      ET, maintenant, donc, on voulait néanmoins me convaincre d’accepter, et on me menaçait des suites à venir, si je refusais ??? Alors même que j’avais invoqué non seulement ma réticence à confier mon fils à un inconnu, dans le cadre d’une psychothérapie individuelle, qui est tout de même une démarche donnant accès à l’intimité de l’enfant, mais aussi MA liberté simplement citoyenne de choisir moi-même à qui confier mon enfant ?

      Je n’en suis toujours pas revenue de cette découverte de comment avaient évolué certaines moeurs médicales et du « pouvoir » que prétendent exercer de tels « médecins »… Hallucinant ! Entre les enseignants qui s’érigent en « prescripteurs de soins » et des médecins qui prétendent décider pour le parent… et contre l’avis de leurs pairs libéraux… (dont aucun, parmi la foule que j’ai pu consulter, n’a jamais constaté le moindre « trouble » chez mon fils).

      Comme je persistais à refuser cette « proposition », un nouveau courrier de rappel me prévint encore plus sèchement que je devrais assumer les conséquences de ce refus… Manifestement, on vivait très mal, dans ce CMPP, qu’une simple maman, ni enseignante ni médecin, certes, se mêle de vouloir décider de qui s’occuperait de son fils, et particulièrement une maman qui ne taisait plus ses critiques envers les « suivis » jusque-là imposés à son fils, qu’elle jugeait de plus en plus délétères…

      Quasi miraculeusement, tout à coup, on trouva alors un autre « suivi » à me « proposer », dans le cadre d’un « nouveau SESSAD » qui venait d’ouvrir ses portes, me dit-on… « Ce SESSAD est exactement ce qu’il faut à votre fils ! »
      Naïvement, j’acceptai d’étudier la proposition, et pris RV, donc, avec ce SESSAD… Où l’on me fit un accueil très encourageant, assorti de mille promesses, et en particulier celles-ci, à laquelle je tenais :
      1/ « Votre fils pourra continuer d’être scolarisé NORMALEMENT comme vous le demandez, c’est du reste une obligation pour pouvoir être suivi par un SESSAD… Les suivis sont organisés pour se dérouler sur les ‘lieux de vie’ de l’enfant, donc, entre autres, à l’école… »
      2/ « Nous enverrons un éducateur spécialisé aider votre fils SUR PLACE, DANS L’ÉCOLE »…
      Une aide DANS l’école, et une scolarisation la plus « normale » possible, qui permette la régularité, la routine…, c’était ce que je demandais depuis des lustres, sans avoir jamais rien obtenu…

      Condition pour voir se réaliser enfin ces promesses mirifiques : je devais accepter que le SESSAD prenne en charge TOUS les suivis qu’il jugerait nécessaires – à nouveau, donc, une équipe pluridisciplinaire, mais, cette fois, avec garantie que le gros de l’aide se déroulerait à l’école même…
      J’acceptai, donc, et on me promit le détail des « suivis » pour dans deux mois, le temps que se fasse la procédure d’admission, donnant lieu entre-temps à pléthore de rencontres avec tous les « intervenants » à prévoir – et, chaque fois, bien sûr, en présence de mon fils, qui devait chaque fois, donc, réentendre son histoire douloureuse, ses échecs, ses difficultés, ses problèmes… Infernal ! J’avais honte de devoir lui infliger ça, encore et encore…
      Mais, cette fois, me disais-je, c’est pour la bonne cause : il ira à l’école normalement, comme ses copains, et sera aidé SUR PLACE, ouf ! Toutes les chances seront enfin réunies pour qu’il puisse progresser… et connaître enfin la vie et la routine cadrante, apaisante et sécurisante d’un élève « normal »…

      Au bout des deux mois et après avoir rencontré, donc, tout le monde, j’eus droit, enfin, au « détail » des suivis prévus, et, là, je tombai au 3e sous-sol de l’enfer…
      « Nous prévoyons pour votre fils une psychothérapie individuelle avec l’un de nos psychologues, et de l’orthophonie, mais, hélas, nous n’avons pas encore d’orthophonistes, nous en choisirons un dans notre quartier…  » et
      « Finalement, notre budget ne nous a pas permis de programmer l’éducateur spécialisé intervenant au sein de l’école,. Tous les suivis auront donc lieu dans nos locaux, hormis l’orthophonie qui se fera à côté » !!!
      A plus d’une heure aller-retour de chez nous en métro, soit, de nouveau une vie d’élève complètement échevelée, avec, je crois, pas moins de CINQ suivis par semaine – et toujours zéro aide à l’école… !

      Pas grave, car restait à venir la cerise sur le gâteau : « Comme promis, il sera bien scolarisé normalement, avec le matin à l’école et l’après-midi… au SESSAD : tous les suivis au SESSAD seront considérés comme du temps scolaire » !!!!!!

      Je me suis sentie bernée de bernée… « Ecœurée » serait plus juste : à vomir !

      J’ai, bien sûr, refusé le tout, et annoncé en mai ma décision de retirer mon fils définitivement de ce CMPP, qui venait visiblement de tenter une dernière manoeuvre pour ne pas voir mon fils disparaître de son fichier… lui assurant la subvention correspondante ou l’échangeant avec le SESSAD : j’en étais arrivée là, pour ce qui est de la « confiance »…

      Le retour de bâton ne se fit pas attendre : à la veille des vacances d’été, je reçus un courrier du CMPP m’informant d’un « signalement judiciaire » à mon encontre et se concluant sur un « Nous vous souhaitons de bonnes vacances » que je trouvai… d’un mauvais goût assez révélateur.

      On m’y accusait pêle-mêle de « refuser tout ce qu’on me proposait », de « refuser de faire soigner mon fils », de « mettre mon fils en danger », etc.

      Sonnée !!!

      Je ne savais même pas ce que voulait dire « signalement judiciaire », j’en entendais parler pour la première fois de ma vie, et, comme vous, j’ai découvert l’angoisse : lors d’une première convocation, on m’expliqua dans les grandes lignes et je compris que l’enjeu était tout bonnement qu’on me retire ou non mon enfant !!!

      Le coup de massue…

      Comme vous l’écrivez aussi : le coup vous arrive de personnes supposées bienveillantes et supposées vous aider, de « soignants », de gens à qui vous avez fait confiance, à qui vous avez confié votre enfant LIBREMENT, pensant bien faire, à qui vous vous êtes éventuellement confiée vous-même…
      Pas ragoûtant…

      Heureusement quand même, mon fils, dès qu’il fut déscolarisé et qu’il eut quitté le CMPP et ses « suivis », se mit à aller bien mieux très rapidement, grâce, aussi, au soutien appuyé d’un pédopsychiatre hospitalier qu’on m’avait conseillé, et qui m’avait plus que soutenue dans ma décision : « Mais, madame, comment voulez-vous que cet enfant se pose et entre dans les apprentissages, avec tous ces suivis qui ne cessent de l’émietter ? Qu’on lui fiche donc la paix et qu’il aille à l’école NOR-MA-LE-MENT ! », avait-il tonné, à mon immense satisfaction – C’était exactement ce que je disais moi-même à l’école avant la déscolarisation : non seulement mon fils avait dû, pour se rendre à ces « suivis », manquer la classe plusieurs heures par semaine, ce qui ne lui facilitait pas l’intégration ni les progrès, mais, en plus, ce bout de chou récemment adopté voyait, lors de ses « suivis » successifs, débouler dans sa vie, en mon absence et parfois dans une seule journée, toute une kyrielle d’intervenants, dans ce CMPP, et se voyait confié ainsi, parfois, à 5 ou 6 personnes différentes, et des personnes que je ne connaissais parfois même pas, et parfois à mon insu !
      Côté « sécurisation affective », ça me paraissait totalement destructeur. Lui qui venait tout juste de découvrir ce qu’était une « maman » et qui était encore en pleine construction de sa relation avec moi, comment pouvait-il bien vivre de se voir, ainsi, « abandonné » de nouveau à plein de personnes étrangères à sa vie quotidienne, dont il était bien incapable encore de comprendre le rôle qu’elles étaient supposées jouer auprès de lui et leur « lien » avec moi, sa nouvelle maman, pour autant qu’il y en eût ?

      Forte du soutien de ce pédopsy hospitalier, j’avais gardé mon fils déscolarisé 2-3 mois, le temps qu’il se pose et se repose, avant de le réinscrire à l’école du quartier, tout près de chez nous, et j’ai alors prévenu : « Je demande qu’on aide mon fils, cette fois, DANS l’école, s’il doit être aidé, et n’accepterai aucun suivi extérieur, ni aucune « équipe pluridisciplinaire », cet enfant a le droit, comme les autres, de bénéficier d’un peu de calme et de régularité dans sa vie d’élève, et de ne faire, comme les copains, que le trajet plan-plan maison-école-maison chaque jour de la semaine, sans devoir se rendre perpétuellement ailleurs qu’à l’école, sans se voir extrait de sa classe à tout bout de champ et sans devoir rencontrer en l’absence de sa mère 5-6 personnes étrangères par semaine, sous prétexte de « suivis multiples » »…

      Ce retour au calme d’une scolarité « normale » et ENFIN routinière, sans suivis extérieurs, hormis, en guise d’accompagnement « allégé », une seule visite par mois et toujours avec moi chez le pédopsy hospitalier qui me soutenait, suffirent à voir mon bonhomme se métamorphoser rapidement : il se posa enfin, et il recommença à s’épanouir un peu, quoique les dégâts restent jusqu’à aujourd’hui énormes…
      Notamment : le CP public fit ce qu’il put, mais mon fils, lui, avait déjà largement intégré le fait que « ce n’était pas la peine qu’on l’aide », et… que ce n’était donc pas la peine qu’il essaie de faire ce qu’on lui demandait.
      De supposément « hyper-actif », il est assez rapidement devenu « hypo-actif » : il a vite compris que, s’il fichait la paix à ses enseignants et se tenait tranquille en classe, nul ne lui demanderait de « travailler » et qu’il passerait dans la classe supérieure… Ce qui se fit systématiquement jusqu’en 6e, où il arriva, comme beaucoup d’autres, sans savoir lire… et sans avoir, donc, appris quoi que ce soit, en réalité, de toute l’école primaire.

      – Signalement judiciaire, suite et fin… : Comme vous, j’eus la désagréable surprise d’apprendre que je ne recevrais pas même le « rapport » communiqué au juge pour enfants : « Seul votre avocat peut y avoir accès… »

      Comme vous, passablement sonnée par ce qui m’arrivait, j’ai donc pris une avocate spécialisée en droit de la famille, qui, découvrant mon histoire, m’a accueillie avec des mots que je n’oublierai jamais non plus : « Nous savons tous que les services sociaux n’ont de cesse que de CONFISQUER l’autorité parentale, surtout s’il s’agit d’une famille monoparentale ! » – hélas, je ne l’avais pas su (je suis effectivement maman solo, et en plus « adoptive », et en plus « âgée », et, EN PLUS, je prétends penser librement et par moi-même – un véritable chiffon rouge pour ce que d’autres que moi appellent parfois les « sévices sociaux » !)

      L’avocate me confirma ce que vous dites, aussi : la juge pour enfants, d’ordinaire, sait où est son intérêt et préfère donc ne pas donner tort aux services sociaux… sur lesquels elle doit pouvoir s’appuyer. Somme toute, c’est assez logique.
      Et elle ajouta, me concernant, qu’elle avait « vu le rapport : je n’en ai jamais vu qui soit AUTANT À CHARGE ! », me prévint-elle…, en me précisant : « Je doute fort que la juge, là, aille contre les services sociaux » !

      Enfer, 4e sous-sol : me voici prévenue, je suis passablement effondrée, mais décide, bien sûr, de me battre contre l’odieuse tyrannie de ces services sociaux et de cette supposée « justice » qui ne vous donne pas même le droit de posséder le rapport qui vous accuse, quand ces accusations peuvent aboutir à ce qu’on vous retire votre enfant !!!

      Mon avocate me confirme aussi qu’elle va disposer du rapport pour organiser ma défense, mais qu’elle ne peut pas me le transmettre : interdit… Comme je n’arrive pas à la convaincre de transgresser, même « un peu », elle me conseille d’aller le lire au Palais de justice, et me suggère plus ou moins que, peut-être, si je tombe sur une personne un peu compréhensive… hum !!! Mais me souligne qu’on n’a pas non plus le loisir de photocopier ledit rapport : NON, non, non, vous, parent, n’avez que le droit de le lire et de prendre des notes ! « Vous avez droit à une heure », me dit-elle…

      Je vais donc lire le fameux rapport au Palais de justice, et, là, effectivement, la secrétaire qui me le sort du rayon m’indique une table où m’asseoir, et… me précise, si je me souviens bien, quand je lui ai dit que je trouvais choquant de ne pouvoir obtenir ce rapport complet et à emporter chez moi pour le lire à fond, qu’elle va profiter du temps qu’elle me laisse pour aller s’acheter un sandwich… J’ai une heure pour le lire et « prendre des notes », et… comme je lui avoue que je suis décidée à le recopier en entier et que je sais lire vite (c’est mon métier), elle me laissera gentiment déborder le temps nécessaire pour que je parvienne à le recopier in extenso… Ouf !

      Je l’ai, donc, chez moi, annoté et commenté, pour ne pas oublier, plus tard, et pour que mon fils, surtout, puisse en disposer, un jour, s’il le souhaite, et comprendre ce qu’il a vécu à l’époque – et ce que sa mère a vécu, car, disons… cette mère-là, évidemment, n’a sans doute pas été sur le moment aussi sereine et détendue qu’on pouvait le lui souhaiter : ça risque d’avoir laissé des traces, même si, depuis, j’ai eu l’occasion d’en rediscuter avec lui, pour dédramatiser un peu les choses…

      Pas à piquer des vers, le « rapport », et, je confirme : extrêmement peu « bienveillant », c’est le moins qu’on puisse dire, bourré de mensonges ou d’allusions fallacieuses, et même imbéciles, car, de fait, on y parle par exemple de « problèmes que j’aurais eus avec ma propre mère, que je ne voudrais pas répéter avec mon fils » – or… il se trouve que j’ai perdu ma mère bébé… C’est, en effet, un méga-« problème », n’est-ce pas ? Mais que j’ai été élevée par une « 2e maman », que j’ai adorée… et avec qui je n’ai eu aucun problème, si ce n’est qu’elle aussi est décédée bien trop tôt dans ma vie… De quoi, donc, ce rapport veut-il parler ici ? Eh bien, je n’en ai pas la moindre idée, mais cette partie-là du rapport a été, je pense, concoctée par l’assistante sociale avec qui je m’étais un peu entretenue de « ma vie » à moi : une presque-gamine d’environ 22-23 ans, qui, visiblement, n’avait pas vécu grand-chose elle-même encore, et qui soit n’a rien compris à ce que je lui ai raconté « en confiance », d’une vie qui fut un peu compliquée, soit a mélangé avec la vie de quelqu’un d’autre, comment le savoir ?
      On y expose aussi que la maman que je suis « a MENACÉ [sic] de S’ENFUIR [sic] AVEC SON FILS à la campagne, si elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait de l’école » – traduire : j’avais, à l’époque, une maison de campagne que j’avais restaurée avec amour avant d’adopter mon fils, et où il semblait se sentir super-bien quand nous y allions en vacances, et j’avais effectivement confié à la pédopsy du CMPP lors d’une conversation informelle que j’hésitais à lâcher mon travail, à Paris, pour aller m’installer avec mon fils dans cette maison, pensant que, peut-être, il se sentirait mieux en pleine nature et en fréquentant une petite école rurale, et qu’il y serait peut-être mieux accueilli et comprendrait mieux ce qu’on attendait de lui (pas de lubies et bla-bla pédagogistes, là-bas !), ce qui, pour cette pédopsy du CMPP, fut donc une « menace de m’enfuir avec mon fils » !!!
      Cela, sachant que, des années plus tôt, j’avais déjà exercé mon métier à distance et que je pouvais donc envisager assez sereinement de recommencer, quoique, finalement, je n’aie pas osé sauter le pas, craignant tout de même de peiner à retrouver du travail…
      Et on y lisait en conclusion, à peu près en ces termes, que « Nous considérons que cet enfant est en danger, avec une mère qui refuse de le faire soigner, ce pourquoi nous préconisons pour lui un placement en hôpital de jour »…

      Rien que ça… pour ce petit bonhomme dont TOUS les spécialistes consultés en dehors du « secteur socio-éducatif » ou du secteur médical « de la petite enfance » me confirmaient qu’il n’avait RIEN à soigner et qu’il avait « tout ce qu’il faut là où il faut » !
      Et alors que, en plus, TOUS les psychologues vus après l’adoption m’avaient toujours confirmé que la relation mère-enfant s’était parfaitement bien tissée et était de très bonne qualité… On me le soulignait, même, comme si cela était une bonne surprise, ce qui, chaque fois, m’étonnait…

      Effarant ! Et ce « rapport » est signé conjointement par le CMPP et le SESSAD, soit… les deux « sévices sociaux » à qui j’avais opposé un refus… au bout, tout de même, d’un an et demi de « suivis » qui avaient mené mon fils au bout de l’enfer, ou… presque : la déscolarisation est arrivée juste à temps.

      Mais, hélas, les dégâts, tant de l’école qui n’apprend plus à lire ni à travailler, mais vous distille année après année que « vous ne pouvez pas, pas grave », que des « suivis » qui vous achèvent de vous mettre l’ego en miettes, en vous faisant croire que vous avez une tonne de « problèmes » et de « troubles » et que vous êtes voué à l’échec, surtout quand l’école vous serine que « CE N’EST PAS LA PEINE de vous aider », puisque « vous ne pouvez pas »… sont immondes.

      « Pas la peine » : imagine-t-on ce que ces seuls mots ont comme résonance, dans l’esprit d’un enfant abandonné à la naissance ?

      Finalement… : le signalement étant parti à la veille de l’été, la première convocation chez la juge des enfants eut lieu en septembre, mon fils recommençant alors son CP… J’ai laissé mon avocate parler, comme elle me l’avait recommandé, mais j’avais obtenu, heureusement, du pédopsychiatre qui me soutenait une lettre attestant qu’il suivait mon fils et attestant aussi ma bonne relation avec mon enfant, et il avait ajouté quelque chose comme : « Il est urgent de RESTAURER Mme X… DANS SON RÔLE DE MÈRE auprès de son fils » – des mots qui font du bien et qui ont fait mouche (il se trouve qu’il était aussi expert près les tribunaux, sans doute cela a-t-il encore ajouté à convaincre la juge !).
      Je lui garde une reconnaissance éternelle, d’autant qu’il a SU, LUI, aider réellement mon fils, simplement en lui parlant une fois par mois et en lui offrant alors toute son attention.
      Par ailleurs, en septembre, mon bonhomme, lui, avait retrouvé un peu de sa mine de gai luron, quoique… il soit resté assez cassé par ces années de souffrances inutiles. Mon avocate m’avait prédit le pire, se disant « très peu optimiste », mais… l’évidence me semblait si criante que je restais confiante : mon fils allait de mieux en mieux, il commençait à trouver ses marques à l’école (il a redoublé le CP), à se faire des copains (il est très sociable) – bref : hormis les ongles rongés et le bégaiement, qui n’ont toujours pas complètement disparu aujourd’hui, un enfant revenu de loin, très loin, mais qui visiblement se sentait avec sa mère aussi bien qu’on pouvait l’espérer d’un enfant récemment adopté et dont le parcours fut on ne peut plus chamboulé et chamboulant : c’est, je crois, ce que la juge a perçu… Elle nous a donné un « sursis » de trois mois, RV en janvier, donc…
      En janvier : elle a prononcé un non-lieu, et dit simplement à mon fils, hélas, cette dernière phrase que je n’oublierai jamais non plus, tant elle a dû creuser encore davantage la peur de perdre, chez cet enfant qui, déjà, avait tout perdu à la naissance : « Finalement, on va te laisser avec ta maman… » !
      Au cas où il aurait oublié entre-temps qu’une maman, ça pouvait se perdre, elle venait ainsi de le lui rappeler !

      Et mon fils, lui, ce jour-là, tout « bébé » qu’il fût encore (8 ans), a demandé : « Est-ce que je pourrai voir mon dossier, ça m’intéresse de voir ce qui a été écrit sur moi ? » – Je suis restée stupéfaite de cette soudaine maturité !
      La juge lui a expliqué, alors, qu’il devrait attendre ses 14 ans pour y avoir accès… Le dossier restant dans les archives de la justice… Et elle a ajouté : « J’espère ne plus jamais avoir besoin de te revoir… »

      Depuis, je peux vous dire que je m’y emploie : je me ferais couper en morceaux plutôt que de devoir m’adresser de nouveau à un quelconque « service social », quel qu’il soit !

      Moralité de l’histoire : NON, NE FAITES PAS CONFIANCE, mais faites-VOUS confiance ! Et méfiez-vous des « services sociaux » comme de la peste… Même si, bien sûr, il en est sûrement de formidables, mais… mieux vaut en avoir VRAIMENT BESOIN.

      Comme l’a écrit je ne sais plus quel pédopsychiatre : « VOUS êtes la meilleure maman pour votre enfant, parce que vous êtes SA mère ! » Et que c’est d’abord de ÇA qu’a besoin un enfant : de SA mère, pas d’une mère plus-que-parfaite selon le petit livre rouge de nos « professionnels de la petite enfance »… qui continuent de croire, eux, dans l’enfant « standard », au point que, pour un enfant né ailleurs et grandi en orphelinat dans une langue, et qui se retrouve à presque 4 ans arraché à cet orphelinat – son seul « chez soi », et qui était loin d’être une « poubelle » ! – avec une nouvelle maman et dans un monde qui parle une autre langue, mais sans papa connu, eh bien… ils n’hésitent pas à se fier à des batteries de tests psychologiques conçus pour évaluer des enfants nés ici et grandis normalement entre papa et maman parlant la même langue que celle perçue quand ils étaient encore foetus…
      Un enfant, n’est-ce pas, c’est comme une voiture : vous appuyez sur le bouton, desserrez le frein à main, et hop, ça marche, tous pareils !

      Pour les parents d’enfants dits « hyper-actifs », je précise que le pédopsy qui m’a soutenue tout au long de ce combat était LE spécialiste de la Ritaline en France, à l’époque… Il m’a confirmé que, pour lui, mon fils n’était pas hyper-actif, mais il m’a donné le choix : « Il n’a pas besoin de Ritaline, mais je peux lui en prescrire, si vous voulez faire plaisir à l’école [encore !]. C’est une question de philosophie, c’est vous qui décidez… »
      J’ai dit non… car j’avais lu divers articles me rendant suspicieuse, pour le moins… Plus mon âge (à la retraite, aujourd’hui) qui me disait que, « avant », il n’y avait pas d’enfants « hyper-actifs », pas plus que de « dys- » en tout genre.
      Il y avait des gosses à qui on donnait envie d’apprendre et de progresser, à qui on savait tendre la main quand ils étaient en difficulté, et à qui on donnait LES MOYENS pour parvenir à progresser… On ne leur faisait pas « regarder » un texte, mais on leur apprenait les lettres, les syllabes, puis à lire, puis à déguster… On ne leur apprenait pas « la forme » d’un mot, mais… son sens et le son qu’il faisait une fois écrit. ET le gosse qui ne tenait pas en place, on ne lui disait pas « Pas la peine qu’on s’occupe de toi, Va te faire soigner ailleurs », mais on l’envoyait faire un tour de cour pour se calmer et on lui disait « Reviens quand tu auras fait le tour »… Et, au besoin, on lui donnait à finir à la maison ce que les copains avaient, eux, fini en classe… Ce qui l’aidait à se mettre sur le chemin de la maîtrise de soi, pour les prochaines fois.

      Pardon pour la longueur, et… dans l’espoir que plus jamais des parents ne se laisseront ainsi berner par des « enseignants » faisant tout sauf enseigner, et par des services sociaux prenant le pouvoir sur leur vie et la vie de leur enfant, sous prétexte qu’on est enclin à leur FAIRE CONFIANCE, « parce qu’ils savent » !

      PS : mon fils a fait partie de la cohorte d’élèves arrivés en 6e sans savoir encore réellement lire et écrire… et j’ai bon espoir qu’il termine sa 3e en sachant lire, écrire et un tout petit peu plus, mais… quel combat pour remonter cette fichue pente descendue au primaire, quand on vous y serine année après année que « C’est pas grave, si vous ne pouvez pas », et que « C’est pas la peine de vous aider » – car, alors, l’enfant, lui, comprend que ce n’est « pas la peine », donc, de travailler… Pourquoi donc, en effet, s’il ne vaut pas la peine qu’on l’aide ???
      Certains mots devraient être passibles de procès fait à l’école : tout enfant VAUT LA PEINE QU’ON L’AIDE ! Et c’est la « valeur » qu’on lui donne qu’il se donnera par la suite à lui-même.

      Mes excuses à Rémy et Cécile : je comprendrais que ce témoignage ne passe pas, je les en laisse juges 🙂

      • Rémy et Cécile dit :

        Approuvé ! Incroyable témoignage que nous aimerions partager.

  • Caroline dit :

    Merci Chemin31 d’entretenir l’illusion de la copie à répétition efficace.
    Nul doute que maintenant, la copie d’un mot, ne serait-ce que 100 fois, déclenche les foudres …. des parents qui ne supportent pas que leur enfant soit brimé / traumatisé / stigmatisé… (Cochez aux choix les 3 cases)
    Par ailleurs, sur quel temps le maitre faisait-il faire cette copie?
    Le temps de classe? Il est passé de 30h à 24h (dont 2h15 de récréation)
    La récréation? Pas le droit
    A la maison? Pas le droit
    Désolée, mais la classe actuelle a changé, elle ne ressemble plus aux souvenirs des « anciens ».

    J’ai un élève de CE1 probablement dysorthographique, et je n’ai rien trouvé qui m’aide vraiment en étant conciliable avec la classe d’aujourd’hui.

  • Raymond SAMUEL dit :

    L’origine des dys n’est pas qu’à l’école. L’école se soigne très bien d’ailleurs, il suffit de l’éviter.
    Mais l’origine parentale est moins facile à soigner. Comment faire entendre aujourd’hui qu’il ne faut pas bousculer un enfant mais « être à son service » ?

  • Albane dit :

    Extra ! Je ne suis plus affligée d’une orthographe de cochon et d’une grammaire hasardeuse (merci les années 70). NOOOOOOOON je suis malade ! Je suis dys…. comme vous dites !

    Ma fille qui ELLE a appris avec une méthode syllabique fait moins de fautes à dix ans sur une même dictée que « moua » et surtout elle est sûre d’elle alors que moi…

    Bien cordialement à tous

  • Pascal dit :

    Votre article m’intéresse beaucoup. Notre fils en 4ème est dysorthographique sévère. Il a suivi de nombreuses séances d’orthophonie et rien y fait. Il n’y a aucune amélioration lors du passage à l’écrit. Dans votre article, vous avez conseillé des dictées à des familles et les résultats ont commencé à s’améliorer. Notre fils fait partie des enfants qui n’ont pas eu de dictée à l’école et très peu de leçons de grammaire et conjugaison. Nous avons achetè des livres de français mais chaque fois le niveau de dictée n’est pas progressive. Avez-vous une méthode efficace à nous proposer ? Merci

    • Rémy et Cécile dit :

      Bonjour Pascal, c’est parce qu’il n’y a pas eu de dictée que votre enfant est étiqueté « dysorthographique. » C’est un diagnostic erronée, naturellement. Si on nous demandait de jouer du violon, on nous étiquetterait par exemple « dysviolonique » et ça n’a évidemment aucune pertinence.
      Oui, bien sûr, il y a de bonnes méthodes, nous vous en reparlerons, inscrivez-vous bien, vous le recevrez.

  • Carole MARY dit :

    Merci Rémy et Cécile,

    quelle honte d’accuser un enfant innocent alors que le coupable connait sa responsabilité ou plutôt son irresponsabilité !
    Je poursuis la méthode (CX16) bien lire, bien écrire, c’est une belle méthode qui fait appel aux différents sens (le touché, l’auditif) et permet à l’enfant de redécouvrir le son avec la lettre et progresser dans la joie.

    • deyna dit :

      Bonjour,
      Mon fils de 14 ans a des difficultés pour bien écrire. Son professeur de français à noté de la dysorthographie. Je vais donc faire un bilan chez une orthophoniste. En attendant je m’informe pour l’aider à la maison. Pouvez vous m’expliquer ce qu »est la méthode (CX16).
      Merci

      • Rémy et Cécile dit :

        Bonjour, si votre enfant a de la « dysorthographie », c’est que l’école n’a pas su l’enseigner. Ce diagnostic n’a aucune raison d’être et l’école n’est pas à même de le faire. Il n’est pas dysorthographique, il ne sait pas, voilà tout. Il n’a pas appris. L’orthophoniste va vous coûter de l’argent alors que vous n’en avez pas besoin non plus.
        Voyez donc ceci: .

  • Sevetvince dit :

    Bonjour,
    Ma fille aînée est en terminale. Après un diagnostic de dyslexie, on parle maintenant de dysorthographie…
    Quelle méthode ou cours par correspondance me conseillerez vous pour améliorer son orthographe ?
    merci

  • deforge dit :

    Je suis …interloquée !
    Abonnée, je reçois les mails, en lit certains y trouve des éclairages… Mais cet article me laisse un gout amer.
    Je ne suis pas d accord d accuser l école de ses méthodes pour justifier un prétendu niveau trop bas notamment en orthographe.
    Comment prouver que les méthodes d il y a 40 étaient plus efficaces? Pourquoi ce discours de reac « c était mieux avant » ?
    Je ne sais pas où il est dit que les enseignants n avaient pas les moyens de détecter les dys.
    Ce qui est sur, c est que ce sont des troubles méconnus sur lesquels l intérêt scientifique et collectif se penche maintenant et auxquels les maitres sont attentifs. En l utilisant peut être a tort et à travers comme toutes « modes ».
    Peut être aussi est-ce là une des conséquences de la numérisation du monde ( environ 3 heures d écran par jour pour un 7-10ans)
    et d une génération qui justement, a souffert des méthodes dont vous parlez.
    Je crois que nous vivons une époque de révolution , y compris dans l instruction . Comme toute revolution elle passe par des extrêmes, se cherche avant de trouver un équilibre.
    Je ne fait pas l apologie de l école qui, à mon sens, à encore beaucoup à faire avant d offrir une instruction de qualité .
    Mais je pense aussi qu il existe plusieurs modèles de connexions neurologiques et donc plusieurs méthodes d apprentissages efficaces selon chacun.
    J ai un enfant dyslexique et dysorthographique. Je peux vous assurer qu après avoir copié 100 fois le même mot il fera encore des erreurs pour peu qu il soit fatigué, sous pression ou si les informations à traiter sont trop nombreuses ou trop abstraites. ( je conseille les travaux de Ronald Davis ).
    En m excusant pour les fautes que j ai certainement commises mais je n ai pas eu les exceptionnels professeurs dont vous parlez!
    Respectueusement.

    • Rémy et Cécile dit :

      Il peut arriver en effet que certaines découvertes choquent de prime abord. Pourtant, la chute de l’instruction est un phénomène connu, reconnu, comptabilisé. Le développement de l’illettrisme est indiscutable.
      Vous avez raison, il y a divers facteurs, mais le principal est l’effondrement du niveau de l’école, cad des enseignants eux-mêmes.
      On ne peut accepter une part de la vérité et refuser l’autre.
      Oui, les méthodes d’il y a 40 ans étaient plus efficaces. Comment le prouver ? Mais c’est prouvé depuis belle lurette, toutes les études ont été faites: le syllabique est bien plus performant que le global. On a décrypté le fonctionnement du cerveau sur ces sujets. Tapez sur le net en anglais, en particulier. Voyez les travaux de la Fondation pour l’école. Lisez les livres que nous recommandons sur notre site, écrits par des enseignants lanceurs d’alerte.
      « troubles méconnus » ? Non point. Tout cela est bien décrypté dans cet article. Il n’y a pas plus de trouble que de beurre en broche. Il y a surtout des écoles qui cherchent à éviter l’étude sérieuse en lançant des diagnostics dont elle est incapable en réalité.
      Comme nous le disons, s’il y avait « trouble », comment se ferait-il qu’il disparaîtrait après 3 mois de syllabique ?
      « Je ne fait pas l apologie de l école qui, à mon sens, à encore beaucoup à faire avant d offrir une instruction de qualité »
      Nous non plus nous ne faisons pas l’apologie de l’école mais tout a été fait pour apporter une instruction de qualité dans certaines écoles hors-contrat, et ça marche. Et bien sûr à la maison.
      Non, il n’y a pas encore « beaucoup à faire », comme si c’était un champ inconnu et mystérieux… Faux mystère : combien de conférences prennent un tour plein de componction et de réserve… alors qu’en réalité on a les réponses. Mais celles-ci gênent. On sait parfaitement les choses et on a exactement les bonnes méthodes. On peut en inventer d’autres mais les fonctionnements seront toujours les mêmes; ils existent depuis des millénaires et seront encore là dans 10.000 ans. La croyance et l’ignorance mêlées font croire que l’enfant est différent de ce qu’il a toujours été, qu’il est un produit de consommation évolutif. Non.
      La première bonne méthode pour résoudre ces faux mystères consisterait à se débarrasser des certitudes pédagogistes, du global, des recommandations des ministères, des manuels Hattier, Flammarion et autres, bourrés d’erreurs, de flou, de confusion et d’idéologie. Ensuite, débarrasser l’école de… ses troubles persistants, de ses dyslexies, de ses dyspraxies.
      « J ai un enfant dyslexique et dysorthographique. Je peux vous assurer qu après avoir copié 100 fois le même mot il fera encore des erreurs pour peu qu il soit fatigué, sous pression ou si les informations à traiter sont trop nombreuses ou trop abstraites. ( je conseille les travaux de Ronald Davis ). »
      Il fera la même erreur parce que copier 100 fois n’est pas la bonne méthode ! Nous vous garantissons, nous, qu’en le copiant 10 fois, il le retiendra à vie, si vous savez y faire, si vous avez la méthode.
      Ronald Davis ne va pas plus loin que nous sur ce sujet, même s’il énumère quelques bonnes bases. Il se fourvoie par ailleurs largement, comme beaucoup d’Américains et d’Anglo-Saxons coupés du cœur de l’être.
      La juste pratique résout tout. Il n’y a pas de contre-exemple. Cela peut être plus ou moins rapide, cela peut être lent; il faut savoir diversifier et ne pas répéter sans savoir ce qu’on fait. Mais c’est imparable. Vous n’avez jamais vu une seule maîtrise sans juste pratique.

  • deyna dit :

    Bonjour, ou se trouvent les dictées que vous proposez pour la dysorthographie.Merci

  • Béatrice dit :

    Par rapport à votre remarque sur l’orthographe des mots…
    On distingue deux types d’orthographes: celles des mots, dites lexicale (savoir que chameau c’est avec /eau/ et pas /au/ ou /o/) et l’orthographe liée à la grammaire (conjugaison, homophones, accords,…)

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