Enfant précoce ? Ou pas.

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De plus en plus de parents viennent à nous avec un diagnostic de “précocité”. Voyez ces messages de notre boîte:

précoce ? Enfant précoce ou normal ?
Nous allons voir comment ce diagnostic peut être flou ou faux, et comment vous pouvez estimer qu'il est exact.

Enfant précoce ? l’école ne peut le dire que si elle a la compétence... qu'elle n'a plus

Tout d’abord, seuls les enseignants qui ont une vaste expérience ou une solide culture, peuvent en parler. Un enseignant qui a connu les générations des années 70 aura en mémoire des performances de cette époque-là. Ou celui-là qui aura étudié la question et qui sera allé en Corée, aura un avis pertinent.
Un enseignant qui a moins de 20 ans d'expérience est à peu près inaudible sur ce sujet: il parle sans savoir.
Car être “précoce” se situe toujours par rapport à d’autres enfants.
Or, si les autres enfants ont un niveau très faible, un enfant normal pourra paraître “précoce”. Alors que son propre grand-père aura peut-être appris les mêmes choses deux fois moins âgé !

Rendez-vous compte !!

Dans les programmes officiels jusqu’en 1970 : le passage en CE1 est conditionné à la maîtrise des 4 opérations.

Mais, en 2003 : « À la fin du cycle 2 (fin CE2), seule la technique opératoire de l’addition est exigible. ».

Aujourd’hui, c’est le cycle 2 (CP, CE1, CE2) qui est devenu « le cycle des apprentissages fondamentaux ». Les enfants ne sont donc même plus sensés savoir les quatre opérations à la fin du CP, mais seulement à la fin du CE2.

Aujourd’hui la technique de la division est tellement bien comprise qu’il faut encore la revoir en 3ème, à 15 ans…

Vous le pensez précoce ? Et ceux-ci, qu'en pensez-vous ?

Nombreux ont été les enfants qui à 7 ans parlaient 4 ou 5 langues et qui n’étaient pas considérés comme précoces, il y a 100 ans.
On a aussi des enfants qui sont éveillés, qui parlent bien ou lisent beaucoup: est-ce précoce ?
Par rapport aux autres enfants qui vont à l’école publique occidentale de nos jours, sans doute.
Mais nous aimons évoquer le cas de Champollion qui connaissait plusieurs langues avant 10 ans.

Il apprit tout seul à lire dans un missel dès l’âge de 5 ans. Il est élevé principalement par son frère. Il entre à l’école en novembre de la même année. Il a de très grandes difficultés en mathématiques et en orthographe (elle ne se corrigera que bien plus tard) ; son très mauvais caractère lui donne beaucoup de difficultés. Il a un précepteur, l’abbé Jean-Joseph Calmels qui l’ouvre à la culture et lui enseigne des rudiments de latin, de grec ancien et d’histoire naturelle et son grand-frère s’occupe encore de lui malgré les distances par une abondante correspondance.

Le petit ne va PAS à l'école. Il a un précepteur.
Eh ! bien, personne n'a dit alors qu'il était "précoce" !
On va nous dire ici: "Mais à l'époque, c'est normal, on n'avait pas le CMPP, on ne faisait pas de diagnostic !" Mais si, on faisait des diagnostics. On était tout à fait capable de détecter un enfant précoce. D'ailleurs, il y a à l'époque des appréciations de ce genre pour des enfants doués davantage que Champollion.
Et ce cas n’était pas invraisemblable. Dans nos familles, nous avons eu des femmes parlant grec et latin couramment à 9 ans, ne lisant que ça durant les promenades.
Quand l'école est nulle, l'enfant est facilement précoce: il suffit que vous ayez appris à votre enfant des notions de calcul ou que le papa lui ait appris à parler avec aisance, pour qu'il fasse la différence avec les autres.
Voyons à présent le cas des petits Coréens ou des petits Vietnamiens: à des niveaux bien supérieurs aux petits Français en calcul, écriture, mémorisation, rédaction, ils ne sont pas considérés non plus comme "précoces".
Alors, que dit-on vis-à-vis des petits Vietnamiens ? Qu'ils ont "une autre culture" ! alors qu'ils sont arrivés bébés en France ou même sont nés ici. On en est presque à dire que c'est une question de race. Où l'on voit que le système nage en pleines contradictions. La vérité, c'est que les petits Vietnamiens font du soutien scolaire en-dehors de l'école parce que les parents ont compris que l'école française moderne était extrêmement faible. Et comme il y a chez les Asiatiques un pacte social fort, une famille, il y a toujours un grand frère, une tante, une amie du quartier pour aider. Voilà où se situe tout le mystère. Les petits Français étaient tout aussi forts que les Cochinchinois, et même meilleurs, en 1850.

Si l'évaluation moderne est ridicule, comparer les enfants entre eux demande un certain doigté

Comme nous le répétons souvent, l'enfant est le reflet des (…) La suite dans votre abonnement (cliquez ici). Déjà abonné ? connexion dans la colonne de droite → (en cas de souci, voir la FAQ)

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