Un protocole complet pour un accouchement naturel

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Ayant vécu bon nombre d'accouchements, nous vous recommandons ce protocole complet pour un accouchement naturel qui évitera le désastre des naissances classiques à l'hôpital, avec la maltraitance usuelle qu'on fait supporter à l'enfant et à la mère (sans compter  le mépris assez courant du père).

Il va sans dire que vous choisirez de préférence un accouchement à la maison. En effet, l'hôpital réussit l'exploit de réaliser 68 bataclans par an en tuant des gens simplement venus malades ! 9000 personnes sont tuées par ce qu'on appelle pudiquement les "maladies nosocomiales", qu'on devrait appeler plus honnêtement "maladies de la crasse en milieu hospitalier".

Mais enfin, parfois, on ne peut éviter l'accouchement à l'hôpital. Parce que la médecine fait pression. Menace et vitupère, vous regarde comme "moyennâgeux" (c'est-à-dire voulant être naturel comme à l'âge d'or européen). Les jeunes parents ne réalisent pas vraiment, ils font confiance. Or, l'enfant subit un traitement assez éprouvant, et même plutôt épouvantable. Séparé de la mère, nettoyé aussitôt, secoué, trituré en tous sens, mal nourri... les raisons de prendre des précautions sont assez nombreuses.

Ce protocole a été créé par nous-mêmes et un médecin obstétricien asiatique très impliqué dans les accouchements naturels. Celui-ci pratique sans difficulté tout ce qui est proposé ici. La plupart de ces demandes sont compatibles avec une éventuelle césarienne, et certaines sont même encore plus nécessaires en ce cas, étant donné que l'enfant en aura plus besoin qu'en cas de naissance par voie basse, du fait que son immunité sera plus fragilisée.

Voici ce que vous pouvez représenter à votre gynécologue-obstétricien, dès le 4ème mois. Il est bon en effet de préparer un peu les choses à l'avance. Il s'agit de savoir si ce protocole de l'accouchement naturel sera respecté.

Attention aux fausses promesses. Il nous est arrivé de recevoir des tas de promesses dont pas une seule n'a été respectée.

Un protocole complet pour un accouchement naturel

  1. J'accoucherai dans la position que je souhaiterai, éventuellement accroupie ou à quatre pattes, ce qui est souvent le moyen le plus naturel et le moins douloureux
  2. Dès la délivrance et durant les deux premières heures, le bébé sera placé sur moi ou contre moi, selon mon souhait, et non séparé. En aucun cas je n'admettrai que le personnel emmène mon enfant loin de moi sans une justification urgentissime
  3. Le cordon ombilical ne sera coupé que lorsqu'il (le cordon) ne palpitera plus
  4. Le poids et les mensurations de bébé seront relevés plus tard. Cela n'a pas de caractère d'urgence pour moi (mon enfant n'est pas un gigot)
  5. La toilette du bébé sera faite quand je le voudrais, éventuellement dans plusieurs jours, par moi-même ou avec une aide, il est vital qu'il conserve son vernix d'ici là. Je refuse qu'il soit lavé ou essuyé dès la délivrance
  6. Je lui donnerai le sein aussitôt, on ne lui donnera rien d'ici là, aucune injection ni vaccination, ni apport quelconque, sans que j'en sois d'accord
  7. On aura plongé la salle d'accouchement dans une lumière douce
  8. La salle d'accouchement sera silencieuse
  9. Il n'y aura pas de personnel inutile, en principe deux personnes suffiront à l'affaire
  10. Le papa sera là s'il le désire instamment / je préfère qu'il ne soit pas là, il le respectera
  11. Je veux que le personnel soit silencieux et discret, et je refuse la familiarité, le tutoiement et les encouragements comme si j'avais 4 ans et demi
  12. Je prie, chante, parle ou fais ce qui me semble bon, je recoure à des instruments qui me paraissent utiles: ballon, tabouret, corde de suspension etc.
  13. J'exige que le personnel ne se saisisse pas de mon enfant d'une manière trop vive
  14. Je refuse que l'on dépose mon enfant dans une bassine en métal en contact direct
  15. Il n'est pas souhaitable que mon enfant soit monitoré en permanence
  16. Il est souhaitable que l'on supprime les bruits de machines, la petite enfance de mon bébé n'est pas censé être inondée de bruits électroniques ou mécaniques
  17. Je ne veux être examinée vaginalement que si c'est absolument nécessaire
  18. On attendra que le sac amniotique se fissure par soi-même
  19. Je veux bénéficier de la salle naturelle
  20. Je souhaite accoucher dans la piscine réservée à cet effet
  21. Evitons la péridurale autant que possible, et qu'on ne profite pas de mes moments de faiblesse pour m'y inciter
  22. Je préfère ne pas subir d'amniotomie ni d'injection d'ocytocine sauf nécessité absolue, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS)
  23. Nous souhaitons que notre doula soit présente
  24. Je refuse l'épisiotomie quand ce n'est pas absolument indispensable

En cas de naissance par césarienne:

  1. J'exige que mon enfant soit soigneusement recouvert de ma flore vaginale par le médecin, en insistant sur bouche et yeux
  2. Le bébé sera dès que possible en situation de contact peau à peau avec le père si ce n'est avec moi
  3. Il ne passera pas la nuit éloigné de moi

PS: Notons que le taux de césarienne en 2009 s’élevait à 33 % aux États-Unis et à 26 % au Canada (dans la moyenne des pays de l'OCDE en 2012). Des taux aussi élevés pour une chirurgie majeure se sont traduits notamment par un accroissement de 54 % de la mortalité maternelle aux États-Unis de 2000 à 2005, statistique explicable par le seul facteur de « la surutilisation [de cette] intervention utile » (Ford, Pascali-Bonaro et Declercq 2008). Sans compter les « accidents évités de justesse », c’est-à-dire les cas de complications maternelles si graves que la femme a frôlé la mort, ceux-là ayant augmenté de 27 % aux États-Unis de 1998 à 2005 (Coeytaux, Bingham et Strauss 2011), situation que les auteures de ce rapport sur la mortalité maternelle assimilent à une crise humanitaire (rapporté de cet article)

Sur le rôle du père

Non, il n'est pas indispensable que le père soit là. C'est selon la volonté des deux parents. La réserve fréquente chez le père vient d'ailleurs d'une inhibition tout à fait naturelle. Il peut vouloir se tenir à l'écart. Et la maman peut très bien souhaiter aussi ne pas être à son contact ou sous ses regards. On n'a pas à rougir ni à mal juger de telles attitudes. D'ailleurs, il y a 35 ans, on n'avait jamais entendu parlé d'un homme présent pour l'accouchement.

Au contraire, l'un comme l'autre peuvent souhaiter la présence paternelle. C'est eux qui décident.

Et puis, cela peut être intermittent : je suis là mais je m'éclipse. Je n'ai pas à m'en justifier. Tu es là mais je préfère que tu sortes maintenant.

Le père peut aussi changer d'avis, avoir peur, comme la maman. Laissons-les libre. La nature est, en général, très bien faite.

Autres préconisations

Naturellement, comme le rappelle Aurélie, l'accouchement naturel implique quelque autres précautions et préparations:

  • visiter la maternité avant d'arrêter son choix, les mentalités et ambiances diffèrent beaucoup d'un établissement à un autre...
  • s'offrir une chambre individuelle
  • pas de déclenchement plus d'1 semaine avant le terme
  • installation d'une voie veineuse avec cathéter bouché plutôt qu'une perfusion permanente
  • surtout pas de péridurale en effet, ni non plus d'autres antalgiques (opiacées, protoxyde d'azote...)
  • pas de perçage anticipé de la poche des eaux, ni de décollement des membranes
  • une petite déchirure est préférable à une épisiotomie
  • pas d'intervention mécanique pour la délivrance, du type expression abdominale, forceps, ventouse, spatule
  • pousser sur expiration freinée, pas sur inspiration bloquée
  • pas de désobstruction ou aspiration pulmonaire/gastrique systématiques
  • importance du peau contre peau à la naissance
  • en cas de test d'apgar, il peut être fait pendant le peau contre peau
  • pas de biberon ni de complément d'eau sucrée, ni de tétine
  • plutôt que du collyre, envisager de mettre une goutte de lait maternel dans chaque œil
  • allaitement à la demande (et non à horaires imposés), éventuellement aidé d'un D.A.L. si nécessaire
  • laisser le bébé dormir ! Combien de personnes de la maternité déboulent en beuglant dans la chambre au dessus de son berceau, sans égard pour son sommeil ?? (et en allumant la lumière sans autorisation parce qu'elles jugent qu'elles doivent y voir pour leur travail, mais ne jugent pas que l'enfant doive conserver sa vue...)
  • envisager de montrer le bébé à un - bon - ostéopathe

in UN PROTOCOLE COMPLET POUR MON ACCOUCHEMENT

L'accouchement à la maison est-il plus sûr ?

Les chiffres sont de sortie: il vaut mieux accoucher à la maison ! C'est démontré.

Un protocole complet pour un accouchement naturel

  • Aurélie dit :

    Personnellement je n’ai eu qu’un enfant, mais je peux vous dire que j’avais potassé le sujet à fond, pour m’assurer un accouchement physiologique, via la rédaction d’un projet de naissance.
    Je vous suggère donc quelques précisions (valables hors cas pathologiques, évidemment) :
    – visiter la maternité avant d’arrêter son choix, les mentalités et ambiances diffèrent beaucoup d’un établissement à un autre…
    – s’offrir une chambre individuelle
    – pas de déclenchement avant terme + 1 semaine
    – installation d’une voie veineuse avec cathéter bouché plutôt qu’une perfusion permanente
    – surtout pas de péridurale en effet, ni non plus d’autres antalgiques (opiacées, protoxyde d’azote…)
    – pas de perçage anticipé de la poche des eaux, ni de décollement des membranes
    – une petite déchirure est préférable à une épisio
    – pas d’intervention mécanique pour la délivrance, du type expression abdominale, forceps, ventouse, spatule
    – pousser sur expiration freinée, pas sur inspiration bloquée
    – pas de désobstruction ou aspiration pulmonaire/gastrique systématiques
    – importance du peau contre peau à la naissance
    – si test d’apgar il y a, il peut être fait pendant le peau contre peau
    – pas de biberon ni de complément d’eau sucrée, ni de tétine
    – plutôt que du collyre, envisager de mettre une goutte de lait maternel dans chaque oeil
    – allaitement à la demande (et non à horaires imposés), éventuellement aidé d’un D.A.L. si nécessaire
    – laisser le bébé dormir ! Combien de personnes de la maternité déboulent en beuglant dans la chambre au-dessus de son berceau, sans égard pour son sommeil ??
    – envisager de montrer le bébé à un – bon – ostéopathe
    Ouf ! Que de choses à surveiller (merci au Papa de bien vouloir s’en charger) ! Mais quelle satisfaction de maîtriser le déroulé de l’évènement, sans compter la fierté d’avoir fait le maximum pour son enfant…

    • cecileetremy dit :

      En effet Aurélie, tout cela nous semble fondamental et il n’est même pas envisageable de choisir un mauvais hôpital, ou admettre que les infirmières entrent comme elles le font, dans la chambre en frappant à peine, et en allumant la lumière sans aucun égard pour la maman. Il serait temps réellement de remettre tout ça à sa place et ces personnels seraient parfois à renvoyer de ces établissements.
      On note que nombre d’entre elles n’ont jamais eu d’enfant, ce qui laisse à penser.
      Nous ajoutons vos suggestions que nous dirions préliminaires.

  • Jess dit :

    Mes 4 premiers accouchements, dans la même maternité de ma ville précédente ont eu lieu comme cela …
    Mais maintenant que je lis ces recommandations, et que j’ai changé de région et donc de maternité, je me rends compte de combien il va falloir que je sois précise dans mon projet de naissance pour Bébé5 (dont la venue est prévue pour début septembre).
    Merci pour ces rappels, qui pour moi étaient des évidences, mais qui apparemment ne le sont pas !

  • andre dit :

    Très bien vu ce protocole.

    Je pense qu’il faut le faire reconnaitre au près du service de maternité et de tout son personnel, prévenir le chef de service de sa responsabilité en cas du non respect de ce protocole, lors de la visite.
    Et avoir une copie avec soi le jour J.
    Car on ne sait pas à l’avance qu’elle équipe sera là et s’occupera de nous.

    j’avais demandé tout ça en moins détaillé mais tout y était. Pour mon 1er enfant. Et la salle nature et le personnel soit disant compréhensif et soucieux du désir des parents.

    Rien à était respecté.

    Alors que le travail se passait très bien les contractions passaient crème, elles ont décidé à un moment donné de me rompre la poche des eaux, injection d’ocytocine etc parce que je cite :
    -“on va pas y passer la journée”
    J’ai vécu un enfer et j’ai fini par supplié la péridurale. Ma fille est née a 22h 10. On y a passé la journée. Et dans la souffrance.

    Le nouveau né d’une amie, qui a aussi accouché au même endroit pour bénéficier de la salle nature en vu d’accoucher le plus naturellement possible (“en milieu hospitalier”), a était tiré de son cocon par une ventouse collée à son crâne.
    Il en a porté la marque et la déformation durant plus de 6 mois !!

    N’allez pas croire que ce n’est rien ! C’est de la torture.

    Pour mon 2eme enfant je désirai accoucher à la maison.
    Mon médecin traitant y était opposé car selon lui il y avait un risque de manque d’oxygénation du bébé (faites vos recherches mais il y a plus de risques à accoucher à l’hôpital que chez soit ou dans une maison de naissance (encore trop peu en France)).
    Pour lui le risque était trop grand mais lorsque je lui ai demandé de me fournir une ordonnance sur avis de ma sage-femme pour des bouteilles d’oxygène il a refusait. Je suis alors allé à la pharmacie, le pharmacien l’a appelé il a alors nié m’avoir refusé la prescription des bouteilles d’O.

    Ne nous laissons plus faire ! Arréte-on de leur faire confiance aveuglément.

    Tout c’est bien goupillé ma fille était chez ses cousins pour fêter ensemble leurs anniversaire (qu’ils ont tous le même mois à quelque jour d’intérvale ).
    Ma sage femme m’a rejoint lorsque je lui ai demandé de venir. Elle m’a accompagné sans me dire quoi faire, elle m’a soutenue sans jamais s’imposer.
    J’ai accouché dans la pénombre à mon rythme, celui des contractions et de mon enfant a naitre. J’ai pu écouter de la musique, boire, bouger selon mes besoins et envies. Tout c’est très bien passé.
    Mon enfant a était respecté dans son intégrité, sa fragilité protégé.
    Ma sage femme a fait un brin de nettoyage du lieu de la naissance avent de partir me laissant en toute intimité faire connaissance avec mon fils.

    La naissance n’est pas une maladie.
    Les maternités ne sont rien d’autres que des hopitaux.

  • Noria dit :

    Et je vous propose un peu de lecture, avec le livre de : Frederick LEBOYER
    ” POUR UNE NAISSANCE SANS VIOLENCE ” éditions Seuil.
    et celui de : Scheila KITZINGER
    ” NAISSANCE à la MAISON ” éditions D’EN BAS.

  • Diane dit :

    Parfois, même en tant que Doula, on a beau savoir tout ça et l’apprendre aux autres, des imprévus arrivent et l’accouchement ne peut pas du tout bénéficier de ces sages vœux. C’est très douloureux émotionnellement et physiquement) mais gardez le plus possible beaucoup de respect pour vous-même. L’enfant est né. Lui ne sait pas ce qu’il aurait pu, dû vivre. Il ne connait que cette naissance là. La sienne. Ne vous focalisez pas trop sur ce qui n’a pas été respecté. L’accouchement ce n’est que l’accouchement. L’enfant est l’enjeu. Se pencher à deux, avec le père, sur la manière dont on va accueillir l’enfant est toujours bon. Si vous accouchez à l’hôpital et que seulement 80% de votre projet de naissance a été respecté, réjouissez-vous ! Il faudra un jour que tout soit respecté mais tous les projets de naissance présentés font avancer les choses dans le monde fermé de l’obstétrique occidentale. Soyez assurés que la quasi totalité du personnel soignant, sages-femmes comprises ne connaissent rien ou presque rien aux bénéfices énormes de ces décisions parentales concernant la naissance. Comme le dit Michel Odent:” les médecins obstétriciens et les femmes professionnelles qui les entourent ne lisent pas la littérature médicale.” Cela signifie qu’ils ne connaissent pas les dernières études à même de parfaire leur pratique, de prévenir les complications, de réduire les risques à la source. Tous n’est que risque, sans moniteur, sans chiffres donnés par les machines, ils sont perdus. Ils sont des professionnels bienvenus en cas de grave pathologies pendant la grossesse, des experts des pathologies de l’accouchement. Ils n’ont jamais assisté à un accouchement naturel, ils ne savent pas ce que c’est de ne pas intervenir. Cette liste à laquelle vous pourrez ajouter d’autres éléments est plus importante que jamais à l’heure où les parents, et notamment les pères, doivent reprendre leurs responsabilités depuis le tout début de la vie de l’enfant: sa gestation, sa naissance.

  • Carloco dit :

    c’est quand même intérressant le nombre de naissances industrialiser via la césarienne…. sans plus quoi dire du reste de la vie qui s’ensuit…

    • cecileetremy dit :

      En effet c’est effrayant. En demandant un protocole naturel, on a l’impression d’être des martiens. Tout est programmé, assez violent, inhumain, au détriment de l’enfant et de la mère.

  • jannette dit :

    Je trouve que certaines sages femmes sont mal traitantes,c’est comme si elle profitaient de notre état de faiblesse pour ce défouler! Et d’autres à l’inverse très douce et très humaine et les deux types peuvent exercer dans un seul et même hôpital.Le choix de la sage femme est celon moi encore plus important que l’hôpital en lui même . Mais difficile de choisir sa sage femme dans un hôpital public … l’accouchement à la maison permet de choisir la personne idéale.

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