Récit d’un accouchement à domicile (AAD)


Chères femmes, chères mères,

Je souhaite vous partager le récit de naissance de mon deuxième enfant, en espérant que mon témoignage puisse vous être utile d’une manière ou d’une autre. Bonne lecture.

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C’était un jour d’hiver particulièrement ensoleillé, à J-7 de la date présumée de terme. Ma grossesse s’était jusqu’alors déroulée de manière optimale et la récente échographie avait révélé que mon col était toujours haut et fermé.

En début d’après-midi, je suis partie me promener au parc avec ma fille pour nous aérer et prendre un bon bain de soleil, en attendant que mon mari rentre du travail.

A notre retour, nous nous sommes bien hydratés à l’eau pure et nous nous sommes restaurés avec quelques tranches de pain demi complet et de fruits murs.

Par ailleurs, mon fils, semblait avoir trouvé sa place depuis près de deux semaines, la tête bien en bas, son dos couché le long de mon côté droit. Je cru que cette position resterait définitive jusqu’au moment de l’accouchement, mais il manifesta l’envie de se retourner de nouveau. Est-ce vraiment raisonnable à une semaine du terme, tu commences à être vraiment à l’étroit maintenant mon enfant ! Comme je sentais qu’il persistait à changer de côté, je décidai alors de l’aider à basculer sur le côté gauche en me mettant à quatre pattes et en faisant moi-même une rotation… et voilà que mon enfant réussi sans encombre à tourner sa tête et son dos à ma gauche. Quelle prouesse !

Je n’avais toujours pas eu de contraction ne serait-ce que de « fausses contractions », ni de signe du fameux bouchon muqueux mais je compris, sans surprise, étant donné le rapprochement de la date de terme que mon enfant se préparer à voir le jour. J’étais vraiment très enthousiaste à cette idée !

Ma fille s’était bien dépensée dans le parc, cependant elle débordée toujours d’énergie, et me proposa de danser, ce que nous fumes avec grande joie jusqu’au retour de mon mari. A son arrivé, ce dernier semblait éprouvé de sa journée de travail et fatigué. Mon mari eu le besoin de faire une petite sieste, et ma fille qui n’était pourtant plus habituée à faire de sieste, s’assoupie sur le canapé du salon.

Miracle, un moment rien que pour moi ! J’en profite pour me préparer un bain chaud, auquel je choisis d’ajouter un peu de cristaux de sels et de bicarbonate de soude. L’unique bain de toute ma grossesse ! Or voilà, qu’à peine quelques minutes dans cette étendue d’eau dilatante et réconfortante, je ressens les premières vagues intenses. C’est tellement intense que je préviens instantanément mon mari et je me résous aussitôt à sortir du bain. Ce sont bel et bien des contractions de travail mais je ne ressens aucune douleur ! Pour comprendre, ce phénomène vous pouvez vous imaginez pousser une charge très lourde sans avoir mal aux muscles, c’est aussi simple que cela, à la différence que dans ce cas précis, le corps fait le travail seul, pas besoin de pousser volontairement ! Vite, j’attrape ce qui se trouve à ma portée, le matelas à langer et des serviettes propres. En seulement trois poussées, voilà que j’aperçois déjà la tête de mon enfant ! Attends mon amour, je viens te chercher, mes mains sont là pour te retenir, une poussée supplémentaire et ton petit corps suit. J’entends ton premier cri, je viens te coller contre mon ventre et t’envelopper d’une serviette douce en te frictionnant avec beaucoup de légèreté et de douceur.

Bienvenue sur la planète Terre mon ange ! Bienvenue dans notre famille ! Depuis le temps que je t’attends, je peux enfin contempler ton beau visage.

Je signale à mon mari de regarder et de noter l’heure et, par la même occasion, il saisit le téléphone pour appeler les pompiers. Il n’a pas eu encore le temps de réaliser la fabuleuse aventure que nous sommes en train de vivre ! Mon rêve d’accouchement à domicile était devenu réalité par la force des choses alors que rien n’avait laissé entrevoir cette possibilité. Il n’y a pas de sage-femme à domicile dans notre secteur ! Je m’étais alors laissé gagner par la mélancolie à chaque fois que j’avais songé à accoucher de nouveau dans cette clinique morbide. L’appel de mon cœur venait de vaincre l’adversité apparente et, Grâce au ciel, tu es né dans la chaleur de notre foyer. Quel beau cadeau de la vie ! Je m’installe sur le lit, avec mon bébé en peau à peau et nous recouvre d’un drap molletonné jusqu’au épaules de mon enfant en attendant la venue des pompiers ! Je demande à mon mari de prévenir la sage-femme libérale qui a assuré mon suivi, même si celle-ci n’est pas habilitée à faire des accouchements à domicile. Toutefois, c’est avec bonheur qu’elle se propose de venir nous rejoindre, bien qu’elle habite à pratiquement 25 minutes de notre maison. Profitons de ces instants de tranquillité, mon bébé, nous allons devoir recevoir du monde ! Dans la chambre, l’ambiance est cosy, il fait bien chaud, les lumières sont tamisées, le calme règne. Des petits pas approchent, ma fille vient d’émerger et découvre pour la première fois, avec stupéfaction et émerveillement son petit frère. Elle me rejoint sur le lit pour accueillir et saluer ce nouveau membre de la famille naturellement et avec beaucoup de bienveillance. Les pompiers arrivent au bout de 5 – 10 minutes ! Je précise que nous sommes en plein centre-ville, et que notre rue dispose généralement de places pour se garer. Je vois quatre grands gaillards dont le capitaine des pompiers débarquer précipitamment dans la chambre. Ce dernier, allume la grande lumière et m’adressa la parole de sa grosse voix : Qu’est-ce qu’il se passe Madame ? Il ne peut ni ignorer pourquoi il vient, ni ne pas le constater, pourquoi pose-il la question et la politesse est-elle à la carte ? Et pourquoi hurle-t-il ainsi, je ne suis pas en train de faire un malaise ! Ah vraiment, quelle déformation professionnelle ! Je suis juste là, sereine, et mon bébé est couché paisiblement sur mon corps écoutant les battements de mon cœur et essayant de percevoir silencieusement son nouvel environnement. Je m’exprime en ces mots : Cher Monsieur, je vous prie de bien vouloir éteindre la grande lumière et de parler à voix basse ! Il me rétorque sur le même ton, qu’il a besoin de voir clair et que cela ne dérange pas mon enfant ! Je lui réponds qu’il n’a pas besoin de voir avec une lumière aussi vive, que la lumière tamisée est amplement suffisante et que sa forte voix perturbe mon enfant, je l’implore également qu’une ou deux personnes, tout au plus, restent dans la pièce ! Le capitaine des pompiers s’exécute et fait sortir deux de ses hommes. Merci Seigneur, pour le respect et la quiétude mon enfant ! Bien, et maintenant, que fait-on ? Le pompier m’informe qu’il contacte le SAMU car ils ne sont pas formés pour assurer les accouchements, qu’ils sont là uniquement pour me transférer à l’hôpital. Il me demande aussi de relater ce qu’il se vient de se passer et de lui communiquer le nom de la maternité dans laquelle je suis inscrite et le nom de mon obstétricien. Dans la pièce attenante à la chambre, le reste du personnel interroge mon mari afin de comparer nos versions et de vérifier que l’accouchement est bien spontané et non prémédité. Ils se permettent notamment d’inspecter les lieux, sans notre consentement, et constatent que les faits sont plausibles mais ils restent suspicieux. Le personnel du SAMU fait son entrée à son tour. Entre temps, ma fille est retournée dans le salon distraire la troupe de pompiers. Une femme demande à examiner mon fils, sauf que, je ressens une envie pressante d’expulser le placenta ! Je me relève, mon enfant est toujours relié à son cordon, maintenu contre mon bas ventre. Je dispose une petite bassine propre se trouvant à proximité entre mes pieds. Je veux me servir de la gravité pour faire sortir le placenta sauf que la femme du SAMU s’alerte et me lance : attention votre bébé va se vider de son sang ! Non, Madame la circulation entre bébé et le placenta est bidirectionnelle seulement les 45 premières secondes de vie, depuis les artères ombilicales se ferment, et mon enfant n’est pas positionner suffisamment haut pour prétendre cela via la théorie des vases communicants. Ayez confiance ! Mais elle commence à paniquer donc je décide de me rallonger pour ne pas créer une atmosphère trop stressante. Nous choisissons mutuellement de clamper et couper le cordon, je demande à ce que cet acte soit réalisé par mon époux, ce qu’elle accepte. Quelqu’un frappe à la porte. C’est ma sage-femme, alléluia ! Comme je suis heureuse de la voire ! Elle commence à se présenter à l’équipe médicale, explique le pourquoi de sa venue et prend connaissance de la situation. L’examen de bébé attendra, cela va faire 45 minutes qu’il est né et le placenta n’est toujours pas sorti sauf que le personnel du SAMU ne sait pas comment faire. Ils exigent le transfert à la maternité. La sage-femme interpelle l’ensemble du cortège médical et les sermonne gentiment, en soulignant indirectement et brièvement leur manque d’efficacité et leur incompétence et rappelant la nécessité immédiate d’intervenir pour le placenta. Elle se propose d’agir, l’équipe l’approuve modestement. Un ou deux gestes de sa main habile sur mon ventre (il ne faut pas pousser le placenta vers le bas, car on risque de l’arracher, mais au contraire, le remonter vers le haut), font se décrocher le placenta, je pousse volontairement pour impulser celui-ci, qui sort aisément dans son entièreté. Elle vérifie rapidement que mon utérus soit intact et sonde les éventuels risques d’hémorragie. Tout est en ordre, rien à signaler ! A présent, je dépose délicatement mon enfant sur une peau de mouton pour que ma sage-femme l’examine, mon mari se tient près de lui, suivi de la femme du SAMU, légèrement en retrait. Mon bébé est entre de bonnes mains, je file sans tarder prendre une douche express et bien méritée. Quand je reviens, le SAMU est en relation avec la directrice de la maternité qui nous attend depuis un moment. Dehors, il fait noir, il fait froid, je ne veux pas quitter la maison. D’autant plus, que je vois une autre urgence, je n’ai toujours pas mis mon enfant au sein ! Heureusement, mon enfant n’a toujours pas présenté les signes de la faim. Il avait reçu tout le sang resté dans le placenta. J’averti la femme du SAMU de ma décision. Mon enfant et moi-même allons bien, donc nous resterons chez nous, car nous avons tout ce qu’il faut pour assurer les soins nécessaires, notre santé et notre bien-être. La femme du SAMU tentera de faire un peu de forcing et elle me passera la directrice de la maternité qui essayera tant bien que mal de me convaincre de rejoindre la maternité. La conversation commençait à devenir un peu longue et j’ai mis court à la conversation en redonnant le téléphone. J’ai ensuite demandé qu’on me laisse pour que j’allaite mon enfant. Ma sage-femme s’est gentiment proposée de rester en surveillance pour aller dans mon sens et rassurer les pompiers et le SAMU. Ils ont fini par accepter et ont quitté la maison. Ma sage-femme a tenu son engagement et a veillé à ce mon enfant tète bien avant de partir à son tour.

Le lendemain matin, mon mari est parti faire la déclaration de naissance à la mairie, sans problème. Et, nous avions obtenu un rendez-vous d’urgence avec une pédiatre libérale au premier jour de naissance, puis au 8ème jour de naissance.

Je ne sais pas si c’était, le SAMU, les pompiers ou la maternité mais on a été signalé au tribunal, et on a été contacté par la PMI. Nous avons laissé les intervenantes de la PMI entrer et voir notre enfant en train de dormir paisiblement dans sa chambre mais nous étions en droit de refuser. Il n’y a pas eu de suite.

Sur le plan juridique :

Article 9 : « les Etats parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation nécessaire dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Une décision en ce sens peut être nécessaire dans certains cas particuliers par exemple lorsque les parents maltraitent ou négligent l’enfant ou lorsqu’ils vivent séparément et qu’une décision doit être prise au sujet du lieu de résidence de l’enfant. Si l’article de la convention conforte le droit de l’école à la maison, il conforte aussi le droit de l’enfant à ne pas être séparé de ses parents. Ce droit lui est aussi inaliénable, les parents peuvent exiger que l’enfant reste à demeure.

Si vous accouchez, chez vous, vous avez donc le droit de rester chez vous avec votre enfant. A moins qu’il n’y ait un danger de santé pour vous ou votre enfant. Vous êtes aussi en droit de refuser la venue de la PMI.

Et après l’accouchement ?

Je vous recommande d’allaiter le plus longtemps possible (pas au-delà de 3 ans) ;

Vous pouvez opter pour une rééducation périnéale avec méthode ou exercice de visualisation, que l’on nomme CMP (connaissance et maîtrise du périnée) ou avec les œufs de yoni ;

Choisir une contraception naturelle et responsable : la symptothermie.

Pour la petite histoire :

Avant de concevoir nos enfants, nous avions adoptés avec mon mari, une hygiène de vie saine, synthétique et naturelle, de même que nous quittions de manière irrémédiable et irrévocable le système de santé (ou de maladie) conventionnel et chimique. En accord avec nos principes de vie, c’est en toute logique, que je fis le choix d’accoucher de façon physiologique. A ce propos, je vous recommande sans concession, le protocole de Rémy sur le site de l’école à la maison « un protocole complet pour un accouchement naturel ». Dans le cadre d’un accouchement dans une maternité privé ou publique, il me semble important de préparer votre projet de naissance avec le plus grand soin. J’avais souhaité, dès ma première grossesse, accouché à domicile, mais les sages-femmes proposant ce service sont peu nombreuses et elles se trouvaient, à ma grande déception, trop loin de notre secteur. Ma fille est donc née dans une clinique privée en salle nature. Mon premier accouchement avait déjà été rapide. Je suis arrivée à la maternité, avec le col dilaté à 3 cm, et ma fille est née moins d’une heure après, en fait, juste le temps que mon mari se change et qu’il ramène nos affaires ! Mes suivis de grossesse et préparation à l’accouchement (haptonomie) ont été réalisés par la même sage-femme pour mes deux enfants. Je n’ai pas eu besoin d’avoir recours à un gynécologue ou par un obstétricien (bien que j’en avais désigné un, que je n’ai jamais vu, pour des formalités administratives lors de mon inscription à la maternité.

Voilà, l’article que j’ai rédigé hier soir pour vos inscrits. J’ai repris l’article de loi dans votre pétition, mais il y a peut-être d’autres textes sur lesquels on peut s’appuyer dans ce genre de situation… J’aurai aimé prendre le temps de le peaufiner mais j’ai envie de faire d’autres choses plus importantes.

A bientôt.

Justine

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