La cohésion entre enfants (vidéo)

Bénis sont les parents qui peuvent se flatter de cohésion entre leurs enfants

La question de la cohésion entre nos enfants s’est posée bien souvent. Il arrive qu’ils se disputent, qu’ils ne partagent rien. A bien des égards, ç’a parfois même été une souffrance pour nous car nous n’avons pas toujours su y faire. Il nous a fallu beaucoup d’échecs et de remises en question pour commencer à voir le bout du tunnel. Oh ! ça n’a jamais été plus loin que des disputes avec quelques échauffourées sans gravité, mais parfois il y avait un vrai ressentiment.

Avec les années, nous nous sommes aperçus que c’était surtout... notre innocence et notre bonne foi qui nous avaient induits en erreur. En faisant le mieux possible, on se trompe.

Nous ne prétendons pas avoir "réussi", les choses ne sont pas "parfaites" chez nous et nous apprenons tous les jours. Si vous venez nous voir, vous ne trouverez pas la famille Bibliothèque Rose et Verte, bien coiffée sur le côté et bardée de diplômes de meilleurs citoyens de l'année ! Mais nous avons appris à regarder, à observer et à tirer des enseignements. Il nous arrive fréquemment de conclure que nous avons fait un mauvais choix il y a quelques années. Il nous arrive de nous dire "bon sang ! mais c'est bien sûr, il fallait faire autrement !"

Et nous savons aussi que... ce que nous savons sera en partie "redécliné" avec un autre enfant, car aucune opinion n'est définitive en éducation.

En principe, le but est d'éviter les disputes et d'entretenir la paix, apprendre le quant-à-soi, l'humilité suffisante pour ne pas se hérisser pour un rien et accueillir son frère ou sa sœur avec amour. En principe. Mais quand on applique les mesures qui découlent directement d'une logique d'amour humain et de paix, on obtient souvent l'inverse.*

Ni l'individualisme ni le collectivisme ne marchent pour créer de la cohésion. Pour une bonne cohésion, il importe d'abord que chacun soit rassuré, respecter et respire ! La plupart des querelles ne viennent pas d'un litige, mais d'un manque d'espace. La plupart des querelles, disons-nous, relève d'un problème territorial. Mais aussi d'un manque d'adversité !

Absence d'adversité = conflit

Commençons par là. Les jeunes couples sont persuadés que les enfants vont naturellement s’aimer, parce qu’ils seront de bons parents, comme dans un magnifique épisode de la Petite Maison dans la Prairie.

En réalité, si l'on est de bons parents qui font tout ce qu’ils peuvent pour donner amour et paix et leurs enfants, ceux-ci vont… se « déchirer grave » (comme disent nos "moyens") ! Si les personnages de la Petite Maison dans la prairie jouent plus juste qu’on le pense, c’est parce qu’ils sont en permanence dans l’adversité. Regardez chaque épisode: dans une dimension philosophique, biblique et symbolique, ce chef-d’œuvre télévisé incompris et faussement naïf engage l’être humain au plus profond. C'est à la fois suffisamment proche de la réalité et suffisamment stylisé pour que les principes profonds soient idéalement illustrés dans un tableau court (le format épisode télévisé).

Il y a là une adversité qui lie les êtres humains entre eux. Il n'y a pas d'équilibre dans la sécurité immobile, il n'y en a que dans le mouvement vivant.

Amazon ImageOn observe parfois une très forte cohésion entre enfants battus (nous l’avons noté quand nous avons évoqué le problème de la colère), ou entre enfants de parents très sévères, façon "Enfants du capitaine Grant" (chef d'œuvre de Jules Verne à acquérir pour transmettre aux enfants une image de la dignité) et on se demande pourquoi. Dans le même temps, on se dispute dans les familles stables. Pourquoi ?

Sachons-le, des individus, quels qu’ils soient, seront toujours enclins à se disputer et se diviser s’ils sont confinés dans un même lieu sans qu’aucune menace extérieure ne les solidarise, s’il n’y a pas d’adversité extérieure.

La notion de territoire

L’être humain a besoin de maintenir sa capacité combattante à un niveau suffisamment élevé d’une part et d’autre part de protéger son autonomie et sa particularité.

Les parents se scandalisent quand ils apprennent que leurs bambins se sont bagarrés. Mettez-les à 30 dans une salle de classe pendant un an, huit heures par jour, vous serez surpris par le nombre de bagarres qui se produiront. En prison ou sur les cargos, dans tous les espaces confinés, les bagarres sont fréquentes, certes à cause des prédateurs naturels dans la société, mais aussi à cause du confinement. Les Russes qui étaient obligés de partager un appartement à plusieurs à cause de la suppression de la propriété privée par les communistes, vivaient des querelles et des agressions perpétuelles, l’un d’eux racontait que la détestation et la méfiance étaient si puissantes entre familles dans un même immeuble que les gens retiraient toutes les ampoules électriques à chaque fois qu’ils quittaient une pièce pour les réinstaller dans la pièce où ils allaient: quand le collectivisme conduit à l'hyper-individualisme.

Première leçon à en tirer: ne faites pas du collectivisme ni de l'individualisme. Ces deux excès manifestés de manière caricaturale par les deux fameux systèmes communistes et capitalistes sont tout de même rares en famille.

On est "ensemble" mais aussi "chacun"

N'empêche, si certaines tâches doivent être effectuées en commun pour créer de la cohésion, comme on le verra plus loin, chacun doit aussi se sentir unique.

Et inversement, il ne doit pas y avoir un culte de la propriété privée ou du territoire chacun à soi; certes, chacun à sa chambre, son espace et ses affaires, mais tout n'est pas dans une existence privée et loin des autres, il y a aussi des choses et des espaces partagés.

Janus Korczak attirait l'attention sur ces petits objets que les enfants trouvent dans le jardin et dont ils se font un trésor, plume, caillou etc. et il disait que si ces objets n'étaient à personne en particulier, ils devenaient la source de disputes et la proie des plus forts. Il recommandait donc de bien reconnaître la propriété privée, l'attribution de ces objets. Mais en même temps, il recommandait le partage. Ces deux pôles vous permettent d'équilibrer toujours votre attitude. En toute chose: mesure et équilibre.

Comprendre la cohésion entre enfants ? voire la cohésion des gangs. Les gangs dépendent d'une notion de territoire très marquée, c'est la défense du territoire qui assure la cohésion du groupe et définit la nature du pacte qui lie les membres. http://l-ecole-a-la-maison.com
Comme pour les poissons, la cohésion des gangs dépend d'une notion de territoire. Le cerveau des membres est souvent assez similaire...

Mais revenons à cette notion de territoire. Les bagarres entre gangs sont permanentes, les bons sentiments n’y pourront rien, c’est une question de confinement sur un territoire donné. Vous remarquerez que si vous grattez sur les questions de violence urbaine, vous retrouvez très vite la notion de territoire, c’est le premier échelon du vivant, ça existe chez les rats, les papillons ou les poissons.

Exercer ses facultés combattives pour maintenir une vitalité

Prenons un couple en dispute. C’est naturel : ses deux membres sont (...) la suite et la vidéo est à découvrir dans votre abonnement (abonné, connectez-vous. En cas de souci, voir la FAQ).

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