Mettre en pratique

On va maintenant mettre en pratique notre chère pratique !

Nous l'avons esquissé la dernière fois, rappelons le but ultime de toute pratique: le Don. Le Don de soi, le Don de sa vie, le Don de ses qualités. On apprend pour mieux donner. Délivrer au monde ses compétences. Si vous voulez apprendre, c'est pour mieux donner de vous-même au monde, en cette vie. Si vous voulez donner, il faut apprendre à le faire. Donner comme ça, sans savoir, c'est donner à demi, timidement, c'est donner peu. Pour donner pleinement, il faut apprendre.

Favoriser le Don

En créant une distance et en sortant de la fausse "fusion", on va favoriser le Don.

Il faut accepter la distance qui permet le Don, qui lui-même permet d’élever. Si le rapprochement est excessif, s'il n'y a plus une juste distance, il y a une perte de mobilité et de liberté. Cela semble paradoxal, c’est pourtant vraiment pédagogique. L’omniprésence, la proximité excessive ou le rêve idéologique de fusion avec l’élève lui ôtent sa liberté. Nous en avons parlé déjà.

Il y a des pédagogies bonzaï, et ce sont souvent les pédagogies inspirées par une envie de bien faire. L'image que nous utilisons souvent, ce sont ces mamans qui font les devoirs avec leurs enfants et qui se collent sur leur dos, la tête au-dessus de l’épaule, pour leur faire écrire les bonnes réponses. Il n’y a pas beaucoup de moyens plus sûrs pour étouffer l’enfant et taire sa fécondité naturelle. Donnons de l’espace, reprenons distance. Du respect, et même du silence.

Il y a aussi ce fait que lorsque vous êtes en situation de dépendance, vous êtes conformé pour recevoir. Vous voyez le danger: vous recevez, vous en prenez l'habitude, vous devenez dépendant. C'est tout le secret des idéologies.

La distance juste, au contraire, rétablit une indépendance et, plus encore, un besoin de l'autre et donc un désir de don. Une fois de plus, on voit comment la société détruit le don, acte ultime, en faisant du social où la promiscuité et l'individualisme dissout tout. Et on imagine aussi plus aisément que les sociétés qui avaient un quant-à-soi (dont vous aurez une image assez exacte en regardant les films autrichiens de la série Sissi) étaient aussi beaucoup plus généreuses. L'égoïsme est lié à une promiscuité, une grégarité.

Les exercices sont la pratique, ils sont plus importants que la théorie

On oublie la théorie, on n’oublie pas la pratique. Ce n'est pas grave de se tromper en théorie, si on sait la pratique. A terme, on ne peut pas se tromper en pratique, on peut hésiter mais la pratique vous conduit inéluctablement vers plus de maîtrise.

Ainsi, c'est beaucoup plus facile de faire la centième dictée de sa vie que la première.

Mettre en pratique https://l-ecole-a-la-maison.com/

Les exercices sont l’application, la pratique. La pratique est pour nous ce qui est de loin le plus important. Si vous observez (...) la suite est réservée aux membres accompagnés, pour activer votre accès membre, passez par ici. Déjà membre accompagné ? Connectez-vous dans le menu du site (en cas de souci, voir la FAQ)

 

  • mylene vilhon dit :

    Merci pour ce bel article fort intéressant juste une question comment puis-je donner à mon enfant des exercices avant même d’avoir fait le cours ? Pour moi c’est comme si je demandais à mon plus petit de 5 ans de me lire un livre alors qu’il n’a pas encore apprit à lire. Je ne comprend pas comment c’est possible ? Je ne demande que ça de la faire pratiquer le plus possible car c’est très juste c’est en forgeant qu’on devient forgeron mais n’est ce pas préférable de commencer par la leçon ?

    • Rémy et Cécile dit :

      Cela dépend. Parfois, vous faites un exercice qui contient des éléments de la leçon que vous allez voir. D’autre fois, ce n’est pas possible car sans la leçon, il n’y a pas d’exercice possible. Vous pouvez toujours commencer la pratique avant d’avoir complètement fini la leçon, pour faire la leçon ensuite et marteler, répéter les éléments qui ont été vus et revus dans l’exercice. Vous voyez ?

  • Albane dit :

    J’ai connu un très grand et très vieux savant qui disait ceci  » Au fond on commence par imiter et ensuite sil’on peut on améliore ». C’était un chercheur génial qui était comme mon second père.

    Merci Rémy, c’est très vrai

  • Héloïse dit :

    Merci pour cette démonstration que j’ai hâte de mettre en pratique.
    Le comportement de mon fils pendant des explications données trop tôt, m’oblige à revenir à la pratique. Je comprends mieux pourquoi après vous avoir lu.

  • Marie-Lise Masquelier dit :

    O combien vrai ! Pourquoi ne pas entamer une tournée de conscientisation des enseignants ?
    Ardu ? Sans doute mais je suis persuadée que certains adhéreront facilement car les « vrais », ceux qui veulent le meilleur pour les élèves, se remettront en question et leur enthousiasme ne s’effritera pas au fil des années.
    Pacte d’excellence non seulement pour les enfants et ados mais aussi pour les profs. On rêve ?
    En attendant, vive l’école à la maison !
    Merci pour cette analyse très pertinente.

  • Claire MAUVE dit :

    merci Rémy.
    je vous fais un mail

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