Amour fusionnel


L'âge

Autant il est normal d'être ans une relation extrêmement forte, proche du "fusionnel", avec un bébé et un enfant jusque vers 4 ans, autant c'est anormal avec un enfant de 12 ans. Si votre enfant a plus de 4 ans, voyons cela.

Amour fusionnel, où en suis-je ?

Partons d'un cas parmi d'autres mais qui vaudra pour tous. On nous écrit:

"Nous avons développé avec notre enfant une relation forte et intime et nous pensons que de passer de longues journées sans le flux d’amour et d’émotions auquel il est habitué finit par trop lui peser" (de jeunes parents)

Un message qui sonne pour nous comme une alerte. Tout ici témoigne de dérives qui nuisent à l'enfant.

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Amour fusionnel: quel est le risque ?

Voilà une maman qui estime que son enfant est

"habitué à un flux d'amour et d'émotions".

On espère qu'il a le temps de souffler quand même !

Un flux d'émotions ? Préservez-en votre enfant, de grâce. Une belle émotion par jour, c'est déjà beaucoup.

Franchement, si vous pensez que votre enfant reçoit "un flux", il est temps de réfléchir à changer de vie pour lui, car d'une part ses sentiments vont finir par s'user, mais d'autre part vous le mettez en situation de danger.

Voyons cela.

Tout d'abord, souvenez-vous que la nature a horreur de deux choses: le vide et les excès.

Un excès de proximité relationnelle (la "fusion") va amener le rejet, plus tard. C'est presque mécanique. Et lorsque ça ne se produit pas, l'enfant ne parvient pas à maturer. La nature est déboussolée.

Mais dès à présent, les émotions mettent l'enfant en situation de danger parce qu'il est "à cœur ouvert". Une émotion doit couronner des situations sécurisées et suffisamment rares. Vous voyez bien la différence qu'il y a entre boire un excellent vin lors d'un repas et en boire toute la journée à jeun. Il en va de même pour les émotions. Donc, non, votre enfant n'a pas besoin d'un flux d'émotion.

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L'amour fusionnel vu comme un merveilleux jardin d'amour...

Cette maman dit que ce manque affectif "finit par trop peser" à l'enfant. Oui, forcément. Cela découle de ce que nous venons de dire.

Mais en même temps, ne pensez pas que c'est un fardeau écrasant pour lui. L'enfant fera naturellement du ménage dans son cœur et aura tendance à être moins affectif en grandissant et plus la pression est grande, plus il s'en libèrera.

Sauf si on le maintient dans une situation d'immaturité affective. Voilà pourquoi vous devez apprendre, vous parent, la juste distance qui nous est chère.

Mais ne soyez pas dans la crainte d'un surpoids affectif. Les parents aimeraient que la situation affective soit extrêmement intense et "belle" à leurs yeux (c'est une proposition qui arrive chez de jeunes parents) tout en redoutant un lien trop fort. Ils ont tort d'avoir cette crainte. Pour plusieurs raisons.

Une fois qu'on a fait le plein, il n'est plus à faire... avant d'avoir épuisé la réserve. Si l'enfant a reçu sa dose d'affection, il ne peut être en manque. Il le sera s'il est en état de dépendance, d'addiction. Il faudra alors le sevrer progressivement.

Ensuite, ce genre de relation ne serait pas possible avec 7 enfants. Les parents d'un seul enfant sont dans le "fusionnel", mais ils ne le seront plus quand arriveront les autres, s'il y en a. Ce qui montre que c'est en fait un problème de maturité affective du parent. Il est encore mal sevré.

Le parent mal sevré

C'est un cas très fréquent, tant les générations récentes ont du mal à donner un amour équilibré à l'enfant. Or, l'excès entraîne plutôt l'excès chez l'Homme, tandis que la Nature ne l'aime pas du tout.

Ce n'est pas à l'enfant de sevrer le parent. Votre manque de maturité, comblez-le avec un autre adulte mais ne le demandez pas à l'enfant: celui-ci vous donne une part de l'affection dont vous avez besoin, n'en exigez pas plus.

j'ai toujours eu peur que mon enfant soit en manque d'affection c'est ce que j'ai vécu étant enfant, j'ai été mise à l'écart par ma maman

Cette remarque doit attirer votre attention sur le fait que c'est vous qui mettez en scène cette "fusion", pas l'enfant. Danger ! Il est évident que vous aimez votre enfant, probablement plus que vous ne l'avez été. Mais ne tombez pas dans l'excès inverse. Sans quoi votre enfant pourrait écrire des choses semblables ) ce qui suit, dans 40 ans, comme nous l'a écrit un papa :

Ma mère m'a littéralement kidnappé quand j'étais enfant, j'étais happé, dépendant, je n'ai pas eu d'enfance en fait, elle était tout, je n'existait pas autrement que par rapport à elle, elle a bouffé ma vie. J'étais sous sa dépendance affective, aujourd'hui je la ressens comme une intrusion dans mon intimité. J'ai honte pour elle. Je n'arrive plus à lui parler, je la rejette en fait.

L'habitude de la "fusion" ?

Autre symptôme : "le flux d’amour et d’émotions auquel il est habitué". On ne s'habitue pas à l'amour, on s'habitue à l'affection. On s'habitue aux émotions qui se répètent. Et à force d'habitude, à terme, l'enfant sera attiré par autre chose, naturellement.

Vous aimeriez que ça dure, lui pas. Et c'est normal: il a besoin d'être indépendant affectivement. Il vient à vous à sa mesure, son besoin, puis s'en retourne. Laissez-le faire.

Si, au contraire, il persistait à souhaiter un rapport affectif très dense avec vous, il est probable qu'il serait  dans un rapport de dépendance affective. Ce qu'on ne peut souhaiter: et oui, chères mamans, vous devez souhaiter que votre enfant vous quitte un jour ! L'enfant a besoin de diriger lui-même ses sentiments pour atteindre l'âge adulte. Il doit s'envoler - d'abord affectivement - avant de pouvoir le faire physiquement.

Comment faire face au manque d'amour ?

En le rassasiant. Le manque d'affection perturbe un enfant jusqu'au moment où il en est rassasié, comme nous l'avons dit. Beaucoup de nos mamans expliquent que leur petit enfant est toujours collé à elles. C'est normal. S'ils vont à la crèche ou chez une nounou, s'ils vont à l'école, ils sont en manque de vous. Vous les avez donc toujours "dans les jambes" quand ils sont à la maison. Tout ça est normal. Ils ont besoin de faire le plein d'autant plus qu'ils ont été privés.

Par ailleurs, ils viennent auprès de vous "faire le plein" plus souvent, parce que leur 'réservoir' est plus petit, de même qu'ils ont besoin de plus de sommeil. Vous leur donnez donc autant qu'ils en ont besoin. Quand n'en ont-ils plus besoin ? Lorsqu'ils se détachent de vous par eux-même. Ils vous le manifestent inconsciemment en allant voir plus loin.

Les mamans qui font l'école à la maison ont leur enfant beaucoup moins dans les jambes, par conséquent. Ne craignez donc pas de faire l'école à la maison au motif que l'enfant sera toujours là, ce sera le contraire. Mais nous l'avons dit.

Aimer, c'est d'abord permettre d'être

Plus vous satisferez les besoins affectifs de l'enfant, plus il sera capable de s'éloigner et d'être autonome, mais aussi de conquérir son horizon, de gagner en expériences etc.

Car aimer, c'est d'abord permettre d'être. Et être, c'est aussi devenir.

Donnez un bon moment, le juste moment. N'allez pas plus loin. Souvent, le petit enfant vient vers nous: il a besoin de "faire le plein". Mais ça ne dure pas éternellement: viendra le moment où il s'éloignera de lui-même. Pour revenir plus tard refaire le plein. C'est ainsi que vous devez voir les choses. Ce n'est pas parce qu'il s'éloigne de vous de 10 mètres qu'il ne vous aime plus ou qu'il manque d'affection: il a autre chose à faire dans la vie, et notamment développer ses facultés, rassasier sa curiosité etc.

Vous aussi.

Parfois aussi, un enfant pleure parce que vous partez en course. Donnez-lui un baiser, cela suffit le plus souvent à "faire son plein" d'affection. Il a aussi besoin de vous voir vous éloigner, c'est un apprentissage.

Conclusion d'étape: en fait, il ne doit pas être "en fusion" avec vous, mais en communion. Ce n'est pas du tout pareil.

Le manque d'affection n'est pas ce qui perturbe, dès lors que vous lui donnez ce dont il a besoin et non ce dont vous avez besoin. Un enfant ne vit pas en permanence dans ce type de relations avec ses parents, il a besoin d'autre chose aussi et il revient aux parents de ne pas rechercher une relation fusionnelle qui va léser l'enfant.

Evitez l'amour de fusion et préférez un amour de...

En fait, évitez à tout prix cet amour de fusion et préférez un amour de communion, ce qui est très différent. Communiez avec votre enfant, partagez, mais ne cherchez pas à être lui et lui à être vous, ni vous en lui ni lui en vous. Chassez cette tentation qui ne vient que de vous.

C'est un besoin fréquent chez les mamans en manque d'affection qui attendent de leur enfant qu'il pourvoie à ce manque, tout en disant que c'est l'enfant qui en a besoin. Un enfant équilibré a besoin d'une "quantité" raisonnable d'affection et quand il sera ado, il aura surtout besoin que vous vous mainteniez à distance. De même que le fruit se détache de l'arbre. Il faut atteindre l'âge de la maturité adulte avant de maîtriser ses sentiments et ses affections, et c'est alors que l'enfant peut revenir vers ses parents, sur un mode de relation équilibrée, sans dépendance.

Si vous avez le sentiment d'être dans une relation fusionnelle, attention donc à ne pas vous tromper et y mettre un terme, laisser-lui la possibilité de s'épanouir. Nous avons trop de cas d'enfants très déséquilibrés à cause d'une enfance fusionnelle. Vous devez en ce cas apprendre la juste distance, lui permettre de voler de ses propres ailes et vous dire que le but n'est PAS que l'enfant vous aime. On ne cherche pas à être aimé de son enfant.

Etre aimé de son enfant n'est pas le but

Vous avez gardé l'enfant une semaine et ça allait mieux: l'enfant était plus heureux. Le problème était à l'école. Il n'y était pas bien. Ce n'est pas l'absence d'amour de votre part qui pose problème puisque vous le lui donnez tous les soirs, c'est la présence de quelque chose à l'école. Il se sent certainement angoissé, dévalorisé, quelque chose cloche.

Vous avez raison d'étudier l'environnement de l'enfant, ce sont des facteurs déterminants.

"Y a-t-il des modes de garde auxquels nous n’aurions pas pensé ?"

C'est votre manière de le garder qui doit changer pour vous permettre d'avoir le temps et c'est ainsi que font tous les parents (les mamans) qui réussissent. Il est possible que vous n'imaginiez pas d'avoir votre enfant avec vous sans vous en occuper directement. Ce serait pourtant ce qu'il faudrait faire: vaquer à vos occupations sans vous occuper de lui, le laisser à lui-même, de façon à ce qu'il développe progressivement ses facultés d'autonomie... et ainsi vous avez de moins en moins besoin d'être sur lui. Nous avons le sentiment qu'il y a trop d'adultes autour de lui, et spécialement trop de présence féminine. Une omniprésence féminine polarise fortement l'enfant, de même qu'une omniprésence masculine (plus rare mais on va y arriver avec les couples homos).

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Juste distance

Le fin mot de l'histoire, c'est la juste distance que nous enseignons depuis des années. Cette juste distance vaut aussi bien en cours de scolarité que dans votre vie professionnelle avec vos collègues: ne soyez pas trop proche, c'est la tentation actuelle du copinage qui débouche sur des procès en série. Chaque être humain a une place; à lui de la conquérir et de la garder. Cette place peut évoluer, grandir en responsabilités, mais votre place n'est jamais "à la place d'autrui" (du moins tant qu'il est là).

Votre enfant n'est pas vous, il ne vous doit rien sur le plan affectif, vous ne pouvez le comprendre entièrement, vous ne pouvez comprendre ses sentiments, vous ne pouvez pas les analyser. Vous ne pouvez pas garder contre vous "votre gros bébé d'amour." Il y a eu un temps pour ça, c'était le temps de la petite enfance.

Vouloir maintenir avec son enfant une relation fusionnelle est tout simplement un attentat contre l'intégrité de votre enfant. Quand nous lisons "Nous avons en effet développé avec lui une relation forte et intime", nous redoutons la glissade. L'intimité de votre enfant est son trésor, il ne vous appartient pas d'y faire irruption. Elle ne vous regarde pas et si elle vous a été confiée quand l'enfant était petit, il faut aussi vous dire qu'elle était moins fragile parce que moins développée. Au fur et à mesure que l'enfant grandit, l'intimité grandit avec lui et elle devient sensible. Gardez-vous à l'écart.

La juste distance sera pour vous une recherche permanente où les principes qui doivent vous guider sont "respect", "discrétion", "tact", "vigilance", parfois "courage" et "énergie" quand il faut intervenir, ainsi qu"humour" et "quant à soi".

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  • édifiant… auriez vous des conseils à donner pour le sevrage progressif d’un enfant de 5 ans et demi en dépendance affective avec sa mère ???

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