Enfant qui cherche : métaphysicien assoiffé


L'enfant qui cherche, le métaphysicien fait souvent face à l'incompréhension et l'exaspération.

Une maman nous écrit:

En ce qui concerne le sommeil, chez nous c'est un vrai souci. Ma fille dort très peu, s'endort très difficilement (quelle que soit la quantité d'activité physique qu'elle ait eu dans la journée), et a totalement arrêté les siestes à deux ans et demi. Je me souviens d'un jour, il y a un an, où on avait passé toute la matinée à la piscine. Trois heures dans l'eau, et elle s'en était donné à cœur joie. En début d'après midi, on a fait deux heures de route: elle ne s'est pas assoupie un instant (alors que la voiture avait toujours été le meilleur moyen de favoriser la sieste), on a passé le trajet en "- On arrive bientôt? - Si tu dormais un peu, ça passerait plus vite! - Mais maman, je n'ai vraiment pas du tout sommeil!"

Le soir, c'est pareil. Après quelques livres et une litanie de questions (du genre: pourquoi est-ce que les serpents ont une colonne vertébrale et pas les vers de terre? Comment ça s'appelle, l'os du nez? Pourquoi est-ce que les morses ont des défenses et les éléphants aussi? Pourquoi est-ce qu'on doit mourir pour laisser de la place aux suivants? Est-ce qu'on peut encore entendre quand on est mort? D'où viennent les atomes?). Si je lui dit qu'on parlera de tout ça le lendemain, elle rétorque qu'elle n'arrivera pas à dormir, qu'elle va y penser toute la nuit si on n'en parle pas, là, un petit peu, maintenant. Et c'est assez vrai: les réponses l'apaisent, d'autant plus si elles sont longues, précises et détaillées, et que tout en étant exactes elles ressemblent à un conte.
C'est déroutant, car elle n'a que trois ans et a commencé à poser des questions existentielles et scientifiques assez pointues avant même d'avoir deux ans (avec une syntaxe et une prononciation impeccables, qui plus est). J'ai lu que c'était un fonctionnement neurologique particulier qui allait de paire avec un sommeil court mais récupérateur et une grande énergie.

Intéressant, non ?

Vous remarquez d'abord que l'explication "c'était un fonctionnement neurologique particulier qui allait de pair avec un sommeil court mais récupérateur et une grande énergie", n'explique rien du tout, cela décrit des cas "cliniques".

Cette enfant cherche et ne dort pas. L'enfant qui ne dort pas en cherchant: métaphysicien en herbe, assoiffé.

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  • Mon enfant se pose aussi beaucoup de questions dans énormément de domaines différents et entre autres sur la vie et la mort. Elle a 4 ans et je n’arrive pas toujours à lui répondre tellement ses questions sont précises. Alors je me demande comment “nourrir” un enfant qui demande énormément de choses?
    Exemples:
    – Elle me demande la difference entre un castor et une marmotte
    – Pourquoi le soleil se couche?
    – Comment les dinosaures ont disparus ?
    – Comment s’appel cet insecte?
    – Quel est cet arbre?
    ….
    Je suis impressionnée par son enthousiasme et sa soif de savoir, nous avons beaucoup de chance car elle est pleine de vie. Mais je me sens un peu dépassée.
    Quand j’etais jeunes ados et que je me posais une question particulière j’allais directement me renseigner sur internet. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée d’aller regarder avec ma fille systématiquement sur l’écran. Comment avez vous fait avec vos enfants?

    • L’enfant a une soif métaphysique. Parfois, il n’y a qu’une simple réponse; parfois, il s’agit non pas de combler toutes les réponses, mais de donner des pistes. Il n’y avait pas internet avant, et pourtant l’enfant recevait. Il y a la conversation, les livres, le silence aussi, l’enfant est un métaphysicien. Tapez ce mot dans la recherche.

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