Apprendre à se battre ? S’endurcir ? Le vrai et le faux.


Il est très fréquent qu’une maman nous écrive pour nous dire que sa famille trouve normal que l’enfant pleure ou ne soit pas très heureux à l’école à cause des pressions, des rapports de force et des violences plus ou moins élevés à l’école. « Il faut bien apprendre à se battre », disent-ils.

Apprendre à se battre, s’endurcir : oui, mais…

« Ma famille me dit que cela fait mal mais il faut qu’il apprenne à se défendre et que se n’est pas à la maison qu’il saura et que je vais le détruire », nous écrit aujourd’hui cette maman qui ne se sent pas totalement d’accord.

Plus récemment: « Le plus difficile pour moi va être de convaincre mon mari car il me dit que l’école a quand même des points positifs, comme devoir faire des choses que l’on a pas envie……que la vie n’est pas toute rose et qu’il doit se forger ! »

Apprendre à se battre sur l-ecole-a-la-maison.com

C’est très classique comme propos.

Dire « il faut qu’il prenne des coups, il faut qu’il s’endurcisse », c’est ne pas avoir réfléchi suffisamment à la question.

Ce qui ne veut pas dire que nous allons « cocooner » l’enfant.

D’abord, un détecteur

Vous avez un détecteur: si votre cœur est déchiré à cause de la manière dont votre enfant supporte les choses, alors nous vous demandons instamment d’arrêter maintenant ce mode de vie pour votre enfant. Vous sentez quelque chose.

Faut-il ou non apprendre à se battre ?

Oui, l’enfant doit apprendre à se battre. On attend de l’enfant qu’il soit capable de se défendre, pour lui-même d’abord, ensuite pour les autres. Il sera un adulte: il devra protéger ses enfants.

Cela veut-il dire qu’il faut que l’enfant encaisse tout ?

Non.

Apprendre à se battre crash-test l-ecole-a-la-maison.comAvez-vous appris à conduire en faisant des accidents de voiture ?

Vous n’avez pas appris à conduire en faisant des tonneaux, des têtes-à-queue ou des crashs-tests ?

C’est le même chose pour les enfants: on ne leur apprend pas en les plongeant directement dans le bain.


En commentaire d’un article, Sabrina écrit:

Récemment une mère m’a fait remarqué que les difficultés que les enfants rencontrent à l’école sont bénéfiques car c’est pour eux, une « école de la vie ».
Mais à mon sens, l’école de la vie est vraisemblablement celle décrite dans ce présent article.


La violence, dans les relations humaines, est normalement rare et on doit y être préparé. Du moins, suffisamment. Mais pas forcément comme un authentique gangster. Et si l’on est une fille, juste de manière à se tirer d’affaire au cas où un mauvais type voudrait abuser de vous et pouvoir s’enfuir en le laissant sur place.

Ce qui veut dire qu’il y a un besoin d’un apprentissage préalable, mais sans violence. Tous les experts authentiques savent que la maîtrise s’atteint progressivement et non brutalement. C’est en ce sens que rares sont les bizutages intelligents: ils traumatisent plus souvent qu’ils édifient (contrairement à ce qui se faisait de manière rituelle et intelligente il y a encore 70 ans).

D. nous dit:

Notre (garçon) A. est toujours au roller hockey, discipline qu’il a choisi en début d’année avec joie. Malheureusement, il n’est pas doué là dedans. Le coach est un »gagneur »  et ne pense qu’à ses scores, et du coup A. nous raconte des maltraitance dont il est le sujet( type, les autres n’ont arrosé que lui avec leurs gourdes, ou lui ont fait des croches pattes) et que le coach ne voit pas ou refuse de voir.Il y va maintenant à reculons.  Jusqu’à présent, l’argumentaire du papa d’A. était d’endurcir notre fils, de lui apprendre à serrer les dents face aux contrariétés. Votre article va nous permettre de prendre une décision peut-être plus éclairée quand à la fin de l’année.
Notre réponse:
C’est heureux. Nous pensons que les activités où l’on va à reculons ne sont pas favorables à l’endurcissement mais au ramollissement et à la soumission. On est fort quand on se bat pour ce qu’on croit et aime. Un enfant se renforce en ayant de la réussite, pas de l’échec. Il peut très bien en baver et réussir mais dans l’humiliation, le rejet, il n’y a aucun gain, aucune virilité à acquérir pour lui, à cet âge. L’homme qui est vainqueur de ses ennemis n’est d’ailleurs pas forcément plus viril. La virilité est (entre autres) une capacité à maîtriser les situations; on ne maîtrise pas le rejet.

Virilité et rejet

On entend souvent des papas préconiser que l’enfant se durcisse. On entend souvent des mamans préconiser l’échec, parce qu’il faut savoir les accepter. Oui, mais jamais pour commencer. L’échec se trouve sur la voie de celui qui va quand même dans la bonne direction. L’échec n’est initiatique que dans la mesure où il alimente la voie. Pas s’il en détourne.

Vous ne ferez pas un garçon viril ou une fille forte sans leur donner d’abord et essentiellement de la réussite réelle face à l’adversité, mesurée en fonction de ce qu’ils sont.

Regardez les stages de survie de la Légion étrangère, parmi les plus durs: ils se font dans le cadre d’une réussite de groupe. Les stagiaires ne sont pas là pour affronter le rejet ou l’humiliation des autres.

Le rejet et l’humiliation ne grandissent pas l’enfant. Ils ne grandissent que l’adulte qui a déjà éprouvé la réussite et connaît sa valeur. Ne prenez pas le risque du mépris de soi-même avec un être humain qui n’a aucun certitude sur sa propre valeur.

Le rite de l’âge de raison

Chez nous, les enfants passent par les épreuves de 7 ans. Arrivé à cet âge, nos enfants ont tous dû passer des épreuves qui leur faisaient plutôt peur. Sous la surveillance de papa et des frères et sœurs aînés. Maman pendant ce temps, si elle ne veut pas y participer, prépare un bon chocolat chaud pour son bambin qui va revenir crotté et transi de froid…

Quelles sont ces épreuves ? Aller toucher tous les arbres du parc en moins de 2 minutes. Aller au-milieu du champ du voisin toucher l’épouvantail et revenir tandis qu’il y a peut-être, sait-on jamais, un taureau furieux dans le coin (il n’y en a évidemment pas): à l’enfant de surveiller, y aller à sa vitesse et revenir… sain et sauf (maximum 7mn). Se plonger dans la fontaine glacée ou jusqu’à la taille dans l’étang / la rivière / le fleuve (comme on a déménagé, on a expérimenté les divers cas), avec ou sans les chaussures (en fonction du fond, attention aux éventuels hameçons, bris de bouteilles…). C’est en général cette épreuve qui pose le plus problème car le froid, le petit n’aime pas beaucoup ça et il a peur des bêtes (serpents d’eau, anguilles, oursins (!) dont parlent les plus grands en grossissant le danger et, au bout d’un moment, en le moquant un peu. Mais ça peut être aussi aller à la ferme avec 5€ et ramener du lait, sans aide, demander l’heure à un inconnu si l’enfant est très timide, ramener une boule de gui d’un arbre etc. Vous improvisez en fonction de votre décor. Et enfin retour à la maison au trot en criant « hourra ! bien joué ! tu es avec nous maintenant ! »

Evidemment, le papa connaît le terrain et assure à 100%, il est là quand l’enfant descend dans le fleuve et il n’y a strictement aucun risque. Il sait ce qu’il fait. Un bobo peut arriver, tout est possible. En ce cas, la maman ne va pas s’écrier en rentrant: « Je te l’avais bien dit que c’était idiot cette histoire d’âge de raison, je te jure ! » Ces épreuves doivent rappeler à chacun qu’elles reflètent la vie et qu’il y a aussi des accidents imprévisibles dans la vie. Ce n’est pas en tentant de les éviter qu’on les évite, au contraire, les hôpitaux et les Ephad sont pleins de gens qui ne se sont jamais confrontés à des risques.Ce sont la plupart du temps de petits bobos, éraflures, dont on rigole.

La situation est parfaitement encadrée et sûre grâce au papa mais attention, l’enfant ne doit pas le savoir, on ne le rassure pas spécialement, au contraire, on lui dit – en fonction de sa peur – qu’il y a un risque plus ou moins important. On ajuste la tension en fonction de son courage. S’il est faraud et prêt à tout faire, on insiste sur le fait que c’est risqué, on rajoute des risques (imaginaires ou révélés en fonction de vos observations). S’il est mort de trouille, on le rassure plutôt. On ajuste. Le papa s’adresse à son fils ou sa fille d’une voix calme, rassurante quand il le faut, en général après que l’enfant refuse, peine à commencer, mais ne le couve pas du tout, il est implacable sur un point : « Tu dois réussir ces épreuves, tu n’as pas le choix. Ce n’est pas optionnel. Vas-y tranquillement, ça se passera très bien, je suis là de toute façon. » Sans ça, l’enfant ne sera pas admis dans le cercle de l’âge de raison.

Il s’agit que l’enfant réussisse quelque chose d’assez dur, qu’il vainque sa peur, qu’il se fasse un peu mal s’il le faut ou du moins que musculairement il en bave un peu. Le papa arrête au bon moment, en général ça ne dure pas plus d’une heure et demie.

Plus tard, on peut dire à l’enfant: « Maintenant que tu as passé les épreuves de l’âge de raison, tu es un homme, on peut te confier ceci ou cela. »

Vous voyez, ce n’est pas compliqué, mais l’alchimie va fonctionner.

Et naturellement, vous êtes encouragé à emmener l’enfant faire du camping ou réitérer d’autres exploits le dimanche en forêt, à la campagne, en ville… C’est en faisant des choses que l’enfant devient fort, pas en y pensant.

Ce type d’épreuve rappelle les anciens rites de passage à l’âge dit de raison, chez les Amérindiens (Amérique centrale, du Nord et du Sud), les Romains (qui offraient à ce moment la toge prétexte), les Spartiates, presque tous les peuples africains, les Japonais et bien d’autres. Vous imaginez bien que s’ils l’ont fait, ce n’est pas pour rien.

Apprendre à se battre passe donc par des phases très progressives et bien encadrées

On ne jette pas un jeune pompier dans un brasier le 15 août en plein maquis de la Drôme: il commence par éteindre un feu de palettes bien circonscrit. On n’envoie pas une jeune recrue en Afghanistan, on lui fait faire des exercices sans tirs réels. Il n’y a que l’Éducation nationale, qui n’a strictement aucun sens de ce que peut être l’éducation, pour envoyer de jeunes profs dans les quartiers violents. C’est très révélateur d’une manière de penser. On ne s’étonne pas que certains instits disent ensuite que l’enfant doive lui aussi subir le choc : « ça passe ou ça casse », « il faut l’endurcir », « la vie n’est pas comme ça, madame », et toutes ces sortes de réflexions stupides, qui tiennent davantage de vengeances personnelles que du conseil avisé. D’ailleurs, combien parmi eux seraient capables d’assumer une vraie bagarre à mains nues sans aller ensuite pleurnicher au commissariat ? Ils sont bons, pour pousser l’enfant à la bagarre, mais pas très forts pour s’y risquer.

C’est parce que ces profs le payent qu’ils entendent le faire payer; hélas, ça retombe sur les enfants, les êtres au monde les moins prêts pour ça. On n’envoie pas une jeune stagiaire présenter le bilan comptable de l’année, on n’envoie pas un mousse faire un quart sur un chalutier dans le canal trans-Manche.

En fait, retenons ceci: pas de traumatisme.

Or, le fait d’être exposé à une situation grave qui n’a pas été vécue et maîtrisée est traumatisante.

Qu’est-ce qu’un traumatisme ? C’est l’état de ce qui subit une sollicitation excessive sans préparation. Ce n’est donc pas forcément violent dans sa manifestation. Il n’y a pas besoin de sang pour être traumatisé.

Un coup de poing dans l’épaule d’un boxeur aguerri en guise de bonjour n’est pas un traumatisme. Dans l’épaule d’une jeune maman fluette et enceinte, ça le sera.

Le spectacle d’un accident de voiture mortel sera un traumatisme pour des personnes qui n’ont jamais vu cela, ce ne sera pas un traumatisme pour le pompier professionnel.

Par conséquent, une fois de plus, tout passe par la fréquentation des choses, autrement dit par la pratique. Cela, vous le savez. C’est vrai aussi dans ce domaine.

Un enfant qui n’est pas préparé aux joutes verbales, et au combat physique ne doit PAS être exposé aux insultes et aux coups à l’école. C’est aussi simple que ça.

apprendre à sa battre chez les Aztèques
Les exercices pratiques, même les plus rudes, jouent un très grand rôle dans la formation militaire des jeunes Aztèques.

Un apprentissage raté, c’est une souffrance

Envoyer son enfant au feu, sans qu’il ait appris, c’est le faire souffrir. Ce n’est pas ce que vous voulez.

On se rappelle qu’il y a des âges. Un âge pour chaque apprentissage. Donc, on n’apprend pas le combat au couteau à un enfant de 4 ans. Si c’est vrai dans le combat physique, c’est vrai aussi sur le plan moral et intellectuel: on n’expose pas un petit à une humiliation, une insulte permanente, un rejet même ! Un petit enfant ne doit pas être exposé au rejet d’une partie de sa classe. C’est traumatisant. Pour un adulte, ce n’est rien, ce qui lui permet d’ânonner : « Il faut qu’il s’aguerrisse », mais je lui dis aussitôt: « Êtes-vous prêt à prendre un couteau et m’affronter ? » Car le degré est le même. Une humiliation ou un rejet pour un petit, c’est comme un terrible procès ou un combat au couteau pour un adulte.

Le degré n’est pas le même: l’enfant a une sensibilité plus élevée, très élevée. Il ne s’agit pas de raboter cette sensibilité mais de la mettre à l’abri d’une âme et d’un corps solides.

Apprendre à se battre progressivement

C’est pourquoi, puisqu’on ne veut pas que cette sensibilité lui coûte, on la préserve en lui apprenant progressivement (seconde notion qui nous est chère) à se battre, dans des joutes qui respectent des règles.

Nous avons déjà raconté que nous organisons à la maison des combats rituels quand les enfants se disputent; ça aguerrit intelligemment, ça amuse aussi et le jeu permet d’intégrer une violence maîtrisée; ça crée une émulation, une assurance, une fierté, mais aussi une cohésion entre enfants. C’est ce que font toutes les espèces du règne animal : les lionceaux, les chatons, les chiots etc.

Il faut les faire, et donc la maman doit comprendre que la bagarre, c’est très utile. Mais les faire bien. Qu’il y ait des bobos n’a pas d’importance, il en faut ! Mais dans le bon cadre psychologique.

Quand nous étions petits, nous avons découvert ça avec un ami rugbyman qui nous a esbaudis, nous les garçons d’une famille plutôt protégée, après que l’un d’entre nous se soit pris un coup à la figure, en nous disant: « Quand on prend un poing dans la figure, on rigole ! » Notre culture a complètement changé et nous sommes devenus plus hardis.

Il va falloir réapprendre à ne pas trop protéger l’enfant et même à ne pas trop s’en occuper, d’arrêter d’être sur son dos. Notre filleul circule de manière assez ridicule en vélo avec casque, genouillères, coudières et pantalons épais parce que sa mère est épouvantée à l’idée qu’il fasse une chute; des parents surveillent et accompagnent leurs enfants partout, il leur paraît absolument scandaleux et digne de peine de prison de laisser un enfant dans une voiture plus de 5mn.

Attention à un matriarcat castrateur. La douceur, la compréhension, le dialogue, le consensus peuvent être tout aussi extrêmes que la loi du pus fort. Les maladies mentales, les frustrations, les injustices et les tranquillisants sont le résultat inévitable d’une absence de virilité et de franchise, de faits assumés, sans excuse facile, d’honneur et de résolution immédiate avec ou sans sourire. Mieux vaut un jugement de Salomon que 12 ans de procès. De tout ce ramollissement naît un excès, il y a un abus qui risque d’étouffer l’enfant et en faire un être veule et même servile.

Ne soyons pas sans cesse sur son dos à le brosser dans le sens du poil. Respectons sa vie privée.

Mais attention aussi à un patriarcat suicidaire qui emmène l’enfant sur la pente dangereuse du risque inutile, du trauma, de l’incident qui auront le même effet.

Sachons ne pas nous en occuper !

On ne voit plus d’enfant aller acheter seul du pain à la boulangerie, on n’en voit plus qui chasse seul les moineaux ou les belettes en forêt, on n’en voit plus beaucoup qui se fasse de cabane seul. L’article du Monde dit: « une étude britannique citée par le Guardian vient de révéler que les trois quarts des enfants anglais passent moins d’une heure par jour dehors, soit la durée de promenade recommandée par l’ONU pour… les détenus. » « Laisser ses enfants sans surveillance deviendra bientôt légalement impossible… », s’inquiète Lenore Skenazy. Et, ce qui est très vrai: « Nous confions des enfants à un baby-sitter à l’âge où, autrefois, c’était eux qui gardaient les petits voisins. » On ne risque pas d’avoir, à ce train-là, de grands aventuriers…

Disons de même que la génération des Sébastien Loeb ne reviendra pas, avec les limitations de vitesse et l’obligation de conduire comme des retraités de l’Urssaf…

Les combats pour la justice

Les enfants qui se disputent fréquemment sont des enfants qui ne sont pas en cohésion parce qu’ils n’ont pas « souffert » ensemble, c’est-à-dire peiné ensemble; apprendre à se battre ensemble est alors primordial. Le combat rituel, organisé, et les tâches en commun, sont en cela de bons vecteurs (rappelons qu’il est bon que la génération des enfants se voie d’une certaine manière liée entre elle par rapport à la précédente, donc au lieu de nager dans une fausse communion inter-générationnelle qui ne peut survenir qu’à l’âge adulte, vous faites en sorte que les enfants s’entraident face à vous – il ne s’agit bien sûr pas de les maltraiter, mais vous userez d’une justice qui n’a pas toujours besoin de savoir le détail des choses; nous en avons déjà parlé).

Les gens qui ont été traumatisés dans leur enfance, brutalisés à l’école, rabotés dans leur sensibilité à l’école ne font pas de bons combattants. Ils font des gens conformistes, craintifs, soumis, fuyards (et leurs opinions politiques y sont associées). La violence contre l’enfance fait une société de la soumission.
La société d’autrefois était plus virile parce que les enfances étaient plus douces et plus éducatrices en même temps.

Les bons combattants ont été élevés à l’abri des grands traumatismes d’enfance et ils ont reçu une grande certitude en eux, par l’amour donné des parents. Cela, nous l’avons vérifié au karaté partout dans le monde, à la guerre, dans les armées, dans l’Histoire, dans la rue, dans les joutes verbales et intellectuelles.

Les pseudos champions violents et dominateurs que sont les gosses battus jouant les caïds, sont de très mauvais guerriers. Ce sont des petites terreurs mais lorsqu’une personne décidée s’oppose à eux, c’est la débandade rapide, en moyenne survenue avant la troisième rencontre. La petite terreur est douée pour le premier choc, c’est son élément, mais ce prédateur naturel est incapable de penser une quatrième épreuve. Il n’y a pas de structure, il n’y a que du spontané, et généralement sans maîtrise, avec juste de bons réflexes. Nous vous disons cela si vous êtes confronté à l’un de ces voyous.

Apprendre à se battre intelligemment

C’est ce qui explique que l’Occident a été pendant longtemps le plus fort: ses enfants étaient élevés solidement et sans traumatisme. Les armées de traumatisés sont dispersées à chaque fois ou presque. Le rapport de force est proportionnel au niveau d’instruction mais plus encore d’éducation dans la prime enfance.

Il s’agit donc de donner à l’enfant des combats dans des conditions favorables. Voilà pourquoi l’enfant, avec sa maman à la maison et des copains choisis, suffisamment doux et énergiques, sera plus tard un bien meilleur combattant.

Il en découle que, dans les faits, non, on n’envoie pas l’enfant à l’école « pour qu’il s’endurcisse »; la réalité étant qu’à l’école, il se ramollit. Les défaites et les traumatismes dévirilisent le garçon et « dé-féminisent » la fille.

Indifférenciation, territoire

Nous en avons déjà parlé dans l’article sus-cité, mais pour rappel, outre les traumas, l’enfant à l’école va être déboussolé par deux facteurs: l’indifférenciation, l’un des plus sûrs destructeurs d’âme (autrement dit la barbarie) et le problème du territoire.

L’enfant a besoin de reconnaissance existentielle, de ne pas être dans l’indifférenciation, d’être reconnu, avec ses compétences (plutôt qu’avec son être, parce que ça ne veut rien dire: comment fait-on pour reconnaître un être, on lui dit : « je te reconnais pour ce que tu es ? » La belle affaire, et ensuite ?).

En outre, il n’est pas chez lui à l’école et cela perturbe son apprentissage. C’est pour cette raison, entre autres, que les apprentissages se faisaient en lieux sacrés: dojo, temple… On est chez soi quand on est dans un site universel, divin. Une bonne école sera donc contrainte de rétablir un sentiment de confiance en créant un décor très rassurant, pratique, lumineux et si possible chargé de sens, de façon à donner à l’enfant le sentiment qu’il est en territoire ami. Il bon d’établir des signes de sacralité, et qu’une loi ad hoc soit adoptée. De cette manière, plutôt qu’une jungle agressive, l’enfant sera en zone paisible et fertile répondant à une loi qui dépasse les lois humaines subjectives: il n’y a pas de maître absolu en ce monde donc personne n’a à exercer « sa loi ». Apprendre à se battre dans ces conditions est valable.

Ne pas aguerrir est aussi contre-indiqué

Vous ne pouvez pas non plus cocooner l’enfant, l’élever dans du coton et vous le sentez instinctivement si vous êtes une femme: vous savez que la capacité à se défendre et à défendre les autres est vitale, c’est ce que vous aimez en l’homme idéal. Si l’enfant, fille ou garçon, n’a pas du tout appris à se battre, il se trouvera tôt ou tard en situation d’être traumatisé. C’est pourquoi vous ne devez pas surprotéger l’enfant. Il doit apprendre. Les enfants des familles nombreuses apprennent naturellement; ce n’est pas suffisant. Vous pouvez le faire vous-même, ce qui vous évitera les conflits. L’être établi en lui-même doit l’être solidement.

Éventuellement mais franchement sans obligation, un forum en parle: https://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20101112010110AAZoVuS

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