Vous avez dit niveau scolaire, les Mickeys ?

Nous entendons fréquemment dire que le niveau scolaire n'aurait pas baissé. Les enfants actuels n'auraient pas un niveau plus faible que ceux d'autrefois.

Le niveau scolaire a baissé

C'est un constat que tous les professionnels sincères font.

D'ailleurs, tenez, ceux qui nient l’évidence rappelée par Antoine Prost dans une tribune publiée par Le Monde, « le niveau scolaire baisse, cette fois, c’est vrai », contestent la validité des classements internationaux. Mais contesteront-ils la Note de synthèse des évaluations du niveau en CM2, publiée par le ministère ?

Outre la lettre du poilu que nous avions reproduite et qui est un exemple parmi des millions de niveau général en 1914, nous avons déniché pour vous (dans notre grenier) une autre illustration: un Mickey de 1934, le premier Journal de Mickey français, dans lequel les textes et amusements proposés aux petits enfants laissent admiratifs.

Si l'on donnait ces textes à lire aux enfants, c'est qu'ils étaient capables de les lire. Si on leur posait ces énigmes, c'est qu'ils étaient capables de répondre.

Jugez-en plutôt:

Niveau scolaire: le journal de mickey en 1934 sur https://l-ecole-a-la-maison.com Mickey1webNiveau scolaire: le journal de mickey en 1934 sur https://l-ecole-a-la-maison.com Mickey3web Niveau scolaire: le journal de mickey en 1934 sur https://l-ecole-a-la-maison.com Mickey2web

Qu'en pensez-vous ? Laissez votre commentaire ci-dessous !

  • Pauline de Grado Chastenet dit :

    La Semaine de Suzette est un autre bel exemplaire…
    J’essaie de donner à mes enfants le meilleur niveau dont ils sont capables pour l’instant, en vérifiant qu’ils ne soient jamais en-dessous du niveau scolaire, sauf si c’est pour une bonne raison (par exemple si nous n’avons pas les mêmes matières et prévoyons carrément d’autres apprentissages à la place, ou si nous remettons une matière à une autre année pour donner plus de place à nos priorités fixées annuellement).
    A part cela, nous nous sentons absolument indépendants de toute considération normative fixée par l’éducation nationale, dont les résultats sont pitoyables, les méthodes inefficaces et pénibles, les objectifs réels très douteux.
    Il est vrai que dans nos décisions nous nous référons beaucoup à ce dont étaient capables les enfants d’autrefois et préférons nous inspirer autant des temps passés que de pédagogies empreintes de psychologie moderne, laissant de côté le passé proche de l’éducation qui n’a rien apporté de bon, sauf par ses exceptions. Quelques cent années et quelques qui ne m’ont jamais inspirée…

  • kryzpi dit :

    ça me rappelle le journal de Mickey que nous lisions dans notre jeunesse il y a 30 ans, ils étaient déjà moins complexes que ceux-là. Il y a eu en effet une glissade c’est incontestable, et le niveau scolaire a baissé. Qui oserait dire le contraire ?

  • Grou dit :

    Ah le niveau a chuté c est certain, c est devenu consternant. Je ne compare pas mais quand je vois comment écrivent les enfants de l âge de mes enfants je suis atterrée.

  • Gouyon Anne dit :

    Certaines compétences ont probablement baissé, et d’autres apparaissent : ma fille de 6 ans se connecte tous les soirs sur un ordinateur au serveur de l’Education Nationale qui lui offre d’innombrables jeux éducatifs qui valent bien « Mickey » ou « la semaine de Suzette ». Ce qui a le plus baissé c’est l’orthographe, et les jeunes ont bien raison de s’en moquer. L’orthographe française est un fouillis de complexités dépourvues de sens, qui servent principalement d’outil de sélection et de reproduction des élites. Les Espagnols qui ont aussi une langue latine et une riche littérature s’en sortent très bien en écrivant les mots comme ils se prononcent. On trouve des citations datant des Romains pour expliquer que le niveau baisse, et que les jeunes sont de plus en plus mal élevés. En suivant ce raisonnement on devrait tous être en train de ramper par terre en mangeant des racines. Le problème c’est que les « vieux » évaluent les « jeunes » en référence à leur passé, à leur jeunesse à eux. Faisons confiance à l’avenir…

    • Rémy et Cécile dit :

      « L’orthographe française est un fouillis de complexités dépourvues de sens »
      Non point.
      « qui servent principalement d’outil de sélection et de reproduction des élites »
      Les élites sont des contre-élites qui ne connaissent pas l’orthographe précisément. En outre, l’orthographe française est remarquablement précise et justifiée. L’étymologie vous le montrera. Il n’y a pas d’erreur ou approximation, elle a toujours un sens. Si l’on écrit hôpital, ce n’est pas hopital et il y a une raison. En français, il y a toujours une raison et un peu d’esprit laboral s’amuse à retrouver les choses.
      L’orthographe japonaise est bien plus compliquée et les petits Japonais ne s’en moquent pas, ils la travaillent avec docilité, alors qu’elle est bien plus difficile. Le Français transmet à ses enfants un esprit de contestation. Il a la chance d’avoir une écriture aisée et géniale qui permet de dire une infinité de choses avec… 26 lettres ! Les Japonais admirent et envient. Heureusement, il y a beaucoup d’enfants qui aiment l’orthographe parce qu’ils ont eu de bons maîtres qui ont su les amuser et les passionner avec elle.
      Faire des jeux sur le site de l’EN… ce n’est pas tellement rassurant ni édifiant. Et non, cela ne vaut pas les jeux de Mickey des années 40, regardez-les mieux. De plus, l’EN est une usine à choses délétères. Méfiez-vous quand même des manipulations. M. Peillon expliquait qu’il voulait « arracher l’enfant » à sa famille et à sa culture.
      Non, incontestablement, les enfants ne seraient pas capables de faire ce type de jeux et d’exercices tout simplement parce qu’ils n’ont pas l’entraînement et la formation. Ils n’ont pas le niveau. Les enfants qui font l’école à la maison l’ont. A chaque fois qu’on met ces deux types d’enfants en compétition, le résultat est le même: celui qui a reçu la bonne méthode est plus compétitif, plus équilibré, plus cultivé, plus intelligent. Son cerveau, qui est le reflet des sollicitations qu’il subit, a davantage travaillé et s’est donc davantage développé. C’est comme ça que ça marche. L’intelligence, c’est l’ensemble des facultés du cerveau: plus il a travaillé, plus il est performant.
      Alors, il peut y avoir ici ou là une activité nouvelle, inconnue dans les années 40 Mais ça ne change rien e fait car l’école avait le génie de faire faire aux enfants justement ce dont le cerveau a le plus besoin, et non des « activités » pédagogiques ou pas plus ou moins édifiantes. Le résultat est là: on a des gamins de 20 ans qui n’ont pas le niveau moyen des enfants de 10 ans d’il y a 50 ans. On a vu sur twiter, chose amusante, des milliers de gosses twetter « j’ai eu la menssion » ou « la mansion » au Bac. C’est dire le niveau…
      « On trouve des citations datant des Romains pour expliquer que le niveau baisse, et que les jeunes sont de plus en plus mal élevés » C’est une vieille idée qui circule depuis longtemps: il n’y aurait pas de baisse puisque on le disait déjà durant l’antiquité. Mais, voyez-vous, la civilisation a des montées et des descentes. Les Romains ont vécu une chute, c’est évident, depuis le début de l’empire, les mœurs se dissolvent. Chez les Grecs, même problème bien avant cela. La chute fut plus dramatique encore avec les invasions barbares, et Anne Comnène se plaignait de ce que les Croisés, petits-enfants des barbares, se conduisaient comme des soudards. Elle qui était élevée en romaine, dans l’empire romain d’orient, avait raison. Il y avait bien eu chute.
      Mais il se trouve qu’il y a eu un élément que, peut-être, vous n’avez pas remarqué: la civilisation a redémarré entre chacune de ces périodes. Rome édifie quand la Grèce s’effondre, l’Eglise édifie quand Rome s’effondre. L’Eglise en particulier a reconstruit les âmes et les esprits, les moeurs et les lois. Ainsi, il lui a fallu des centaines d’années pour faire,de coupeurs de tête, le gentilhomme de 1700 ou celui de 1950. Ces deux moments suivent des remontées. Ils sont suivis de chute.
      Au Japon, Jôsho, au XIVème siècle, se plaint de la décadence et de la chute du niveau des jeunes gens; les garçons, dit-il commece à s’intéresser aux vêtements au lieu de se consacrer à la véritable Vie du samouraï. Il a raison. Il a pourtant des vis-à-vis bien au-dessus du Japonais moderne, il suffit de le lire. Pourtant, entre 1880 et 1940, il y a au Japon une très forte éducation qui fait des « spécimens » extraordinaires et assez proches de ceux du temps de Jôsho. La guerre (les USA) détruit tout. Mais ensuite, progressivement, le Japon des années 50 et 60 refera des élites de très bonne qualité. Puis, ça redescendra quelque peu à partir des années 80.
      C’est comme ça: il y a une lutte dans le temps entre l’éducation et la décadence.
      Un mot encore. Ce Mickey des années 40 s’adresse à des enfants issus d’une génération d’ingénieurs, il est très technique. Quid de la littérature ou de la poésie ? Une civilisation peut monter sur un plan (la voie du guerrier de Jôsho par exemple) et s’effondrer sur d’autres plans.
      On retient généralement les critères qui sont chers à notre civilisation. L’Européen jugera au premier plan que l’honnêteté, la propreté, la bonté, la culture et le savoir, l’intelligence, le courage ou l’héroïsme sont de premier plan. Nous ne parlons ici que de la culture et de l’intelligence. Sur d’autres plans, il y a sans doute des progrès. Vous nous donnerez votre avis, le cas échéant.
      Mais sur le plan intellectuel et du savoir, oser dire qu’il n’y a pas eu perte depuis 1945 est simplement ignorer les études précises et les faits. La chute est évidente, mesurée, connue, disséquée, débattue par tous. Nous avons sur ce site par exemple un graphique très net qui montre une chute à pic: la date correspond précisément à l’arrivée des télés dans les foyers. Un directeur d’école était capable de dire quand une télé était arrivée dans une famille rien qu’en observant les notes et le comportement.
      Dans le même temps, la criminalité a augmenté de façon exponentielle, vous l’avez noté.
      Mais il est vrai que les politiques disent le contraire. Eh bien ! cette affirmation est précisément l’un des symptômes de la décadence: on y prétend toujours que tout a toujours été ainsi.

  • Sophie dit :

    Le niveau a considérablement baissé en 25 ans (je n’ai que ce recul professionnel). Et malheureusement l’Etat recrute depuis une dizaine d’années des enseignants dont le profil relève davantage de l’animateur que du professeur. Il est ensuite simple de leur faire faire n’importe quoi : appliquer une réforme de l’orthographe insensée, supprimer la transmission de connaissances, travailler sur un rallye lecture Léo et Popi en CP ou Tchoupi en CE1… Le niveau baisse et c’est souhaité, en application d’une note de l’OCDE des années 90 qui fait froid dans le dos. Ou comment créer des consommateurs abrutis. Brave New World…

  • Fanny dit :

    Je serais curieuse de connaître le pourcentage d’enfants lecteurs du journal de Mickey dans ces années-là. Sans ce chiffre, je ne pense pas qu’un débat soit possible.

    • Rémy et Cécile dit :

      Entre le Journal de Mickey, le Journal de Tintin et les autres publications qui toutes étaient de ce niveau, on a une vue d’ensemble.
      Mais surtout, si ce journal éditait ces contenus, c’est qu’il savait qu’il avait un lectorat: un journal ne vend pas à perte à cette époque-là. Ce simple fait nous expose un niveau bien supérieur.

  • >