Importance de la rédaction: apprendre la subjectivité


Importance de la rédaction

La rédaction est d’une importance extrême pour le cerveau. C’est l’exercice par excellence, pour le développement des connexions neuronales au centre de la santé, de la longévité etc. C’est aussi pour l’enfant l’apprentissage de la vraie liberté.

Ne gâchez donc pas cette liberté en imposant d’abord les règles. Dites juste: « Écris-moi deux phrases sur… la description d’un monsieur qui entrerait dans la maison et qui apporterait une nouvelle surprenante. » Ne dites pas: « Je te laisse 15mn, 10 lignes et tu dois écrire proprement. » Ce sont là les règles qui viennent après, comme toujours. Commencez par amener le plaisir, l’amusement. Ce qui dépend de votre sujet. Epicez-le s’il le faut.

Une fois que l’enfant a fait la rédaction, vous lui direz: à partir de la prochaine fois, j’introduis une règle: tu n’auras que 20mn » (par exemple).

Voilà le canevas technique.

Alors, pourquoi est-ce que vous allez vous appliquer, vous le parent ?

Se mettre à écrire, à inventer, c’est une initiative extraordinairement courageuse. Parce que cela pousse à dire, à prendre position, à défendre un point de vue, des goûts, des valeurs, à assumer cette exploration, à prendre des risques. Il faut du courage.

Cet exercice amène l’enfant à explorer ce qu’il a en lui, son esprit, mais aussi à inventer, à composer une histoire, donc s’avancer dans un [s2If !is_user_logged_in()] (…) la suite est réservée aux membres accompagnés, pour activer votre accès membre, passez par ici. Déjà membre accompagné ? Connectez-vous dans le menu du site (en cas de souci, voir la FAQ).  [/s2If] [s2If is_user_logged_in()]inconnu. Et c’est très important pour un enfant de s’avancer dans un inconnu, de ne pas être confiné, comme un animal en cage, dans un monde connu et bien domestiqué.

Il est très important que l’enfant évolue dans un monde qui ne soit pas uniquement celui de données précises, balisées, pour tout dire objectives, comme il y en a en maths. Bien sûr, les données objectives et l’apprentissage des maths sont très importants, en maths on travaille à partir de bases connues et de règles bien établies ; on n’est pas en maths dans la subjectivité, on est dans l’objectivité, on applique des règles. Et c’est important, car cela construit la personnalité, c’est même une partie de la personnalité.

Mais il est aussi très important qu’il y ait à côté de cette objectivité mathématique une subjectivité, donc une prise de risque. Dans la subjectivité, on ose et on s’expose.

On veillera d’ailleurs toujours à unir chez l’enfant sa subjectivité et son objectivité.

On comprend pourquoi nous devons dire avec force que l’enseignement du français dépasse de très loin l’enseignement de l’orthographe ou de la conjugaison. C’est une voie de vie.

Si la langue maternelle est bien enseignée, alors l’enfant reçoit un trésor absolument unique au monde, une pensée, une liberté, une expression qui favorisera immensément sa croissance. Pour le français, langue incomparable (et nous le disons en linguistes), s’il est bien enseigné dans toute sa splendeur et sa beauté très particulières, à la fois poétique et logique, précise et sans limite, alors l’enfant est doté d’un outil dont ne disposent pas exactement ni les anglophones, ni les sinisants, ni les arabisants – qui disposent bien sûr d’autres avantages. Ainsi, chaque langue n’est, non pas un savoir cumulable, comme un guide de voyage, mais un déploiement supérieur, une nouvelle faculté. Il est évident que celui qui parle plusieurs langues a beaucoup plus développé ses facultés, il a un « plus ».

Bien sûr, il est important de savoir les règles d’usage (grammaire, conjugaison) puisque l’enfant va être jugé à la manière dont il va s’exprimer et écrire, on a tout intérêt à faire en sorte qu’un enfant écrive bien; il n’y a rien à faire, une bonne orthographe sera toujours bien estimée et appréciée des recruteurs et des patrons, et par la société en général. De même qu’une bonne expression. Un jeune qui n’est pas capable d’aligner des phrases de plus de 5 mots aura beaucoup moins de chance de trouver un travail valorisant qu’un autre qui saura exprimer ce qu’il veut et ce qu’il aime. Un jeune qui n’a pas reçu le nécessaire saura moins s’exprimer, ça s’entendra, ça se verra, il sera mal à l’aise, il articulera mal et cela pour une raison toute bête : les fonctions n’existent pas dans son cerveau, les connexions n’ont pas été faites parce qu’on ne lui en a pas donné l’occasion suffisamment.

Un enfant qui fait des phrases de plus de quinze mots est tout de suite remarqué, les gens lèvent la tête, on écoute un jeune qui a du vocabulaire, qui s’exprime, on dit « il est intelligent » même si ce n’est pas forcément vrai. Il attire la sympathie, quel que soit son entourage, même dans les pires bas-fonds, celui qui a la « tchatche » domine et se trouve plus respecté : le lingual est central dans la société. Il donne la prééminence. De même pour l’écriture.

Le français, tremplin vers la liberté

Il y aurait quelque chose de plus terrible pour votre enfant que la prison dans laquelle on le jetterait à vie ; ce serait la prison intérieure, l’incapacité à être libre au fond de lui-même.

On n’est pas « libre » ou « prisonnier », on est toujours plus ou moins capable de liberté. Il n’y a pas d’un côté les gens libres et d’un autre les gens pas libres. Toute personne est limitée dans sa liberté.

Le but que nous allons poursuivre, c’est de développer une vraie liberté, et quand nous disons vraie liberté, nous ne disons justement pas une liberté qui se dégage de toute responsabilité, cette fausse liberté qu’est le libéralisme. La vraie liberté est une capacité à affronter, et non pas un dégagement loin de tout.

Variable

La liberté est donc variable en fonction de deux choses fondamentales sans lesquelles elle n’existerait pas : la culture (au sens large) et l’imagination.

Culture

La culture, parce qu’elle nous apprend ce que d’autres ont fait ou vécu, et cela alimente notre réflexion et augmente nos moyens d’action. Il est évident qu’une société totalitaire a d’abord intérêt à limiter la culture sur des choses autorisées et contrôlées (avec par exemple un Ministère de la Culture).

Donc, il est fondamental que vous puissiez donner à votre enfant autre chose que le flot officiel, autorisé, que vous voyez partout, spécialement à la télé qui est un bon thermomètre de la pensée « officielle » ; cette pensée n’est pas seulement la pensée du gouvernement, c’est la pensée qui domine les gouvernements, le cinéma, la presse et plus encore la majorité des citoyens. C’est donc un enjeu considérable de donner une culture qui permet d’y échapper.

Imagination

Gauvain 2189 2004 la subjectivité sur https://l-ecole-a-la-maison.comEnsuite, il y a l’imagination.

Et l’imagination ne peut éclore que grâce à la subjectivité. On n’imagine pas des choses qui existent déjà, par définition, on y pense mais on ne les imagine pas. L’imagination compose de l’inconnu. Cela implique que l’individu accepte de ne pas tout savoir et d’émettre des hypothèses, des projections (on dit des « délires » depuis 20 ans, ce qui est moche d’ailleurs et très loin d’évoquer ce que peut être la projection sublime, l’extase du voyage intérieur). Cela n’est possible que s’il y a une subjectivité.

C’est l’autre grande vertu que nous allons développer en français : la subjectivité.

Cette subjectivité — que nous allons expliquer — favorise l’imagination et la liberté. Elle se développe encore plus dans l’écriture.

La subjectivité Cécile enfant, à Tokyo sur https://l-ecole-a-la-maison.com
Photo d’enfance: Cécile quand elle était petite. Les souvenirs sont à mi-chemin entre l’objectivité et la subjectivité.

La subjectivité au centre de l’être

La subjectivité, c’est ce qui n’est pas la loi, le dogme, la certitude, l’évidence. Tout cela est objectif. L’enfant comprend très bien « tu n’as pas le droit de faire ça », c’est un interdit, c’est objectif ; il comprend tout de suite « fais tes devoirs », c’est un ordre ; il ne va pas forcément obéir, mais il comprend. D’ailleurs, il n’y a pas besoin d’être intelligent pour comprendre. Et être éduqué dans cette sorte de fonctionnement binaire ne permet pas d’être très intelligent. Un cerveau habitué à ce fonctionnement, comme on en rencontre dans toutes les sociétés autoritaires, répond aux questions grâce à des réponses connues. A chaque réponse, il y a une question, et en général il y a une réponse qui vaut pour des quantités de questions.

Mais l’enfant refuse souvent ce système. Du coup, combattant interdits et ordres, l’enfant est prisonnier d’un jeu : pour ou contre. On comprend bien qu’un enfant qui n’a grandi que dans l’interdit ou l’ordre développe peu de liberté intérieure. Il va développer instinctivement soit un tempérament soumis, soit un tempérament rebelle, ou osciller entre les deux. Il va développer, en fait, une liberté de choix qui est la liberté la plus pauvre possible, c’est celle qu’on vous concède quand on vous demande de voter : vous avez un choix entre solutions imposées qui ne vous correspondent pas forcément. La liberté de choix, c’est l’illusion de la liberté. Regardez comment le capitalisme et le communisme ont partagé le monde: vous aviez la liberté de choix: un camp ou l’autre. La liberté de choix, c’est l’ersatz de liberté. On a envie d’autre chose. Seulement voilà: il n’y a pas toujours autre chose. Il faut l’inventer. Et donc choisir de quitter la masse, choisir de s’isoler.

Souvent, le second d’une famille où l’on développe ce type de système autoritaire y échappe, voyant que l’aîné y est plongé d’un côté ou de l’autre. Il arrive fréquemment que le cadet soit celui qui se mette en retrait par rapport au système familial et joue une autre partition qui permette d’autres registres. Et quand il y en a deux, c’est le troisième qui s’y met, en jouant un jeu différent des deux premiers. Le quatrième est tenté d’osciller entre ses prédécesseurs.

Dans le Chat Botté, le héros est incarné par celui qui justement est le benjamin déshérité : il a toute latitude, toute liberté possible, puisqu’il ne reçoit rien, aucun bien matériel ! C’est déjà une leçon : donnez à bon escient, n’enfermez pas, ni par les objets, ni par les ambitions que vous avez sur l’enfant, ni par le manque d’ambition que vous avez pour lui, ni sur le destin que vous lui imaginez, ni sur l’absence de destin. Il ne faut pas dire à un enfant « tu feras le métier de ton père » ou « de ta mère », mais il faut aussi éviter de ne rien lui en dire ! Il ne faut pas qu’on remplace une liberté de choix par… rien, c’est-à-dire une absence de liberté. Et si on va assez loin, on s’aperçoit que les parents qui n’ont imprimé aucune direction à leurs enfants ont souvent des enfants qui sont paumés. A bien des égards, beaucoup auraient préféré que leur père leur dise: « Tu prendras ma suite. » S’il y avait eu un ordre de ce genre, qu’il ait été respecté ou combattu, l’enfant se serait établi en lui-même. Quelle que soit la manière dont on tourne les choses, l’ennemi numéro un est le néant.

Concrètement, nous allons donc éviter de mettre en place un système d’interdit et d’obligation et proposer des alternatives. Par exemple, plutôt que de dire à chaque fois à l’enfant « tu mets la table ou tu débarrasses après le repas », on dira parfois « que pourrais-tu faire pour rendre service : mettre la table, débarrasser, autre chose ? »

Quand l’enfant sera plus grand, on évitera de prétendre tout expliquer, d’avoir réponse à tout, et on évitera de n’en avoir aucune ; on équilibrera ce qui est explicable (le « comment » ça fonctionne) et ce qui ne l’est pas (le « pourquoi » ça fonctionne).

L’explication et l’humilité devant l’absence d’explications sont deux attitudes très constructives pour l’enfant, qui doivent alterner. Vous ne pouvez pas dire tout le temps que vous ne savez pas, vous ne pouvez pas être dans une humilité excessive, vous devez prendre le risque de dire que vous savez tout de même quelque chose même si, à la vérité, ce que vous en savez est peu de choses. Prenons l’exemple de la Voie Lactée: ni vous ni nous n’en savons rien en fait, c’est immense, au-delà de ce que notre esprit peut concevoir, il y a là des étoiles qui sont des millions de fois plus grosses que le soleil qui n’est qu’une poussière négligeable. Est-ce pour autant que nous disons: « Je ne puis te parler de cela, mon Fils, car je suis trop ignorant ? » La belle affaire, vous le laissez dans l’expectative. Vous lui donnerez ce que vous saurez.

Votre manière d’expliquer la Voie lactée sera forcément subjective. Votre manière de parler de Charles Martel ou d’un film ou d’un opéra ou des tambours kodo, ou de deux nouveaux-nés jumeaux enlacés, sera toujours un mélange d’objectivité et de subjectivité. Toujours.

Ce qui fera la différence, c’est la beauté et le talent avec lesquels vous parlerez des choses, vous éveillerez l’enfant, vous lui donnerez le plaisir d’apprendre et de recevoir.

Parfois vous savez, ou quelqu’un sur internet sait, mais parfois nul ne sait, et même si des tas de gens vous disent qu’ils savent — votre enfant va tomber sur leurs avis péremptoires —, il est important à ce moment-là que vous disiez à votre enfant que nul ne sait, nul ne comprend. Il développera ainsi d’une part le respect de ce qui a été découvert, le respect de ce qui est mystérieux et le désir de ce qu’il y a à découvrir.

La subjectivité, c’est le contraire d’un système d’interdit et d’obligation, le contraire du connu, du balisé, du domestiqué. C’est le contraire de la morale des plateaux de télévision qui vous remâchent le prêt-à-penser sur mesure. Les enjeux sont immenses pour votre enfant, qui peut, avec votre participation, être un acteur unique au monde et historique, rien qu’en apprenant à ses contemporains qu’il existe une liberté, une véritable liberté.

Une liberté qui dépasse celle de Hugo, de Garibaldi, de Zola, De Engels, de Voltaire et de tous ceux qui n’ont jamais fait autre chose que de vous proposer un choix, une liberté de choix (entre le système qu’ils imaginaient et le système qu’ils critiquaient).

De même, une éducation donnée par des parents profs de maths ou scientifiques qui se diraient en permanence « objectifs » et qui balaieraient toute notion non quantifiable, non prouvée, laisserait à croire à l’enfant que tout se mesure, que ce qui existe est mesurable, que finalement tout est quantité : d’énergie, de cellules, d’atomes etc. C’est ce que me disait le fils d’un profs de maths : pour lui, tout était quantifiable, c’était d’ailleurs un scientifique intelligent. Mais, il se retrouvait totalement dépourvu dans sa vie sentimentale, qui était un désastre. Dans le monde du sentiment, il n’y a pas de mesure possible, on y évolue sans appareil ni certitude ! Heureusement, les profs sont assez cultivés et en interaction entre eux pour apprécier mutuellement leurs spécialités, et la plupart des profs de maths ou de sciences savent bien faire la part des choses entre la rigueur du fait, ce qui est objectif, et le mystère de ce qui n’est pas quantifiable, ce qui est subjectif.

La subjectivité, c’est intégrer qu’il n’y a pas que le vrai ou le faux, accepter qu’il n’y ait pas toujours de repère, de textes définitifs, d’usages, et entrer dans un monde libre, ouvert. On disait autrefois, selon le vieil enseignement grec: « tout ce qui est vrai n’est pas faux et tout ce qui n’est pas faux est vrai ». C’est inexact. Ce que j’imagine qu’il va se produire, ce que j’espère, n’est ni vrai ni faux; c’est dans le champ du subjectif. Et « le bleu est une belle couleur » n’est ni vrai ni faux, ce peut être vrai pour moi et faux pour un autre. Par la subjectivité, la poésie, l’humour, on échappe donc aux délimitations.

La poésie est évidemment le champ le plus caractéristique de la subjectivité. C’est accepter qu’il y a des choses qui ne sont pas déterminées et prédéterminées, ni sûres, ni prouvées, ni quantifiables.

La grandeur de l’être humain, ce n’est pas d’appliquer une loi, de répéter quelque chose de connu, d’évoluer en terrain contrôlé, c’est d’accepter quelque chose qui ne soit pas défini, quelque chose d’invisible donc. Prenons l’exemple d’un juge. S’il est mauvais, il appliquera le texte et jugera selon ce texte. S’il est bon, il ne se contentera pas d’appliquer le texte, il étudiera les circonstances, les mobiles, la situation, les jurisprudences s’il y en a, et il mûrira un jugement particulier. Il n’y a pas beaucoup de juges comme ça, évidemment. Mais dans tous les métiers, les hommes et les femmes capables de cette liberté, capables d’accepter qu’ils ne savent pas tout ou que le système répond à tout, sont rares. Ce sont aussi les plus grands. Un mathématicien disait que les mathématiques ne sont objectives qu’un temps, que plus haut, elles étaient poésie.

La grandeur de l’être humain, c’est de voir l’invisible et d’y entrer.

Nous avons tous à accepter une part d’objectivité, parce que lorsque le ciel est bleu, il est bleu, et cela guide aussi notre attitude raisonnable face à la loi ou aux règles sociales, nous avons des repères pour aller vers quelque chose qui nous conviendrait ; mais nous devons dans le même temps accepter la subjectivité, comme ce qui empêche le contrôle et la quantification, la loi des tribunaux aveugles, et comme ce qui est le monde de ce qui n’est pas « repéré », balisé, quantifié. Les jeunes fiancés qui échappent à leurs familles qui veulent arranger différemment leur union sont l’archétype, ils s’échappent parce qu’ils s’aiment, mais aussi pour ne pas être la proie d’un monde agencé, maîtrisé, définitif, ils veulent l’inventer, le réinventer.

C’est parce que tout n’est pas quantifiable que se déploie la liberté véritable.

Y aurait-il donc liberté fausse et liberté vraie ? OUI.

On confond ces deux libertés : la liberté de choix (« je fais ce que je veux entre diverses choses que je connais») et la liberté véritable (« je choisis toutes sortes de choses et me prédispose à certaines dont je ne connais même pas l’existence »). La liberté de choix choisit entre ce qui existe, la liberté véritable déploie des « possibles », elle va donc beaucoup plus loin.

objectivite-media la subjectivitéLa liberté de choix existe dans tous les systèmes politiques, y compris dans la dictature : vous voulez des médias ? Nous avons des médias autorisés pour ça (en France, la Maison de la radio par exemple). Vous voulez protester ? Il y a des dates et un endroit pour ça. Vous voulez du pain ? On en a qui vous conviendra. Vous soigner ? Choisissez parmi nos médicaments et nos chirurgies, nos chimios, nos traitement. Des idées ? Nous avons des tas de politiques différents. Des pensées ? Nous avons des journaux et des livres. Bref, vous choisissez entre des choses qu’on vous propose. C’est limité. Ça ressemble à la liberté, mais c’est une liberté limitée, conditionnée.

La liberté véritable est celle que nous recherchons pour notre enfant. Nous voulons qu’il dépasse les choix, ceux qu’on lui imposera, mais aussi ceux qu’il se propose lui-même, qu’il ne se contente de rien qui le diminue ou ne lui permette pas de se déployer, de rencontrer son bonheur, sa voie.

Cette liberté-là, c’est un risque, c’est prendre pieds en une zone qui n’est pas balisée. Elle favorise la créativité et donne les moyens d’imaginer une existence différente.

La subjectivité est la voie délicate. Mais elle a aussi son côté obscur : prétendre que rien n’est vrai, que tout est subjectif, relatif, que tout doit être réinventé. Faire table rase des réalités, c’est refuser qu’elles existent (les politiques sont ainsi, ils promettent des lendemains qui chantent au mépris du réel) ; il y a une tentation totalitaire par la subjectivité et l’idéal. Mais beaucoup plus encore : c’est se priver de ce que les réalités ont à offrir pour progresser. Subjectivité et objectivité sont les deux visages d’un même être qui se construit. La vertu qui les associe, c’est le discernement.

En fait, mais nous n’irons pas plus loin, nous l’avons esquissé: le réel est beaucoup plus chargé de subjectivité qu’on le pense, la science dit: le réel dépasse la fiction ! On n’a pas fini de découvrir des choses absolument invraisemblables dans le réel. Il n’est pas saisissable.

Savoir que vous pourrez adapter le cours

Nous avons fait cette longue digression pour vous proposer de regarder la rédaction comme un très grand trésor. Ce n’est pas autant un devoir qu’une immense liberté, celle par laquelle l’enfant peut découvrir la richesse qu’il porte, la beauté inouïe qu’il porte en lui et qui ne demande qu’à se déployer.

Dans l’un des cours par correspondance que nous avons suivis avec nos enfants, les sujets de rédaction étaient rédigés par des mamans. C’était mignon comme tout… et indigeste à la longue. Exemple : « C’est le printemps. Les fleurs poussent et il fait un beau soleil. Vous allez vous promener et décidez de ramasser des plantes pour faire un herbier. Racontez. » Rédaction suivante : « C’est dimanche. Votre papa et votre maman vous emmènent en promenade à la campagne. Les oiseaux chantent et les arbres sont en fleurs. Racontez. » Un peu plus tard, autre rédaction, encore une promenade avec des fleurs. Cécile ne comprenait pas pourquoi les garçons en avaient assez des rédactions et qu’ils commençaient sérieusement à détester ça. Le papa que je suis vit immédiatement où était le problème: ses fils n’accrochaient pas et s’ennuyaient. Pas étonnant. Je prends alors l’initiative unilatérale de changer le sujet : « Vous êtes dans un immeuble. Soudain, un incendie se déclare deux étages sous le vôtre. Les ascenseurs et les escaliers sont bloqués, les gens paniquent. Au mur, il y a une hache de pompier, vous la prenez. Racontez. » Là, croyez-moi, de grands sourires et même des rires accueillent ce « travail », une vraie récréation en réalité, et même mieux qu’une récré : « Est-ce qu’on peut dire ce qu’on veut ? » « C’est totalement libre, vous racontez ce que vous voulez. » « Est-ce que je peux être un pompier ? » « Tu peux être un pompier, un policier, ou même un chat qui sait tout ce qu’il s’est passé. C’est ta rédaction, tu racontes ce que tu veux. Peut-être même que c’est toi qui as déclenché l’incendie sans le faire exprès. Tu racontes absolument ce que tu veux. La seule chose, c’est que vous avez une heure, pas plus. »

En donnant aussi simplement une liberté, on déclenche tout !

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