Français: vocabulaire et syntaxe

Mots: vocabulaire et syntaxe

Les mots sont importants et parfois, on se trompe. C'est parfois amusant et surprenant. Par exemple, saviez-vous que les enfants qui chantent "Au Clair de la Lune" se trompent de mot ?

La syntaxe n'est pas une matière à part entière, pourtant elle le pourrait presque, tant elle est vaste. Elle n'est même pas une sous-matière. C’est dommage et nous vous proposons de la créer de toute pièce : la matière des mots. Il y a énormément de mots inutilisés en français. On entend souvent dire « il n’y a pas de mots pour ce que je veux dire » et c’est en général inexact, il y a tous les mots nécessaires pour exprimer ce qu’on pense ou ressent ; encore faut-il les connaître. Le vocabulaire, c’est en français ce qu’il y a de plus riche, et de loin !

Le coucher de soleil, c'est aussi le crépuscule, le couchant, la chute du jour ou l'avant-nuit, et le lever se dit aussi aube, aurore, point du jour.

Pourquoi tous ces mots ?

L'enfant ne ressent pas le besoin de tous ces mots car sa vie ne l'a pas conduit à s'aventurer sur les mille pistes des raisons et des sentiments. Mais le poète ne peut pas parler de celle qu'il aime avec des mots vulgaires, il embellit, anoblit. Le guerrier érige sa lutte en une page héroïque. L'accidenté exprime son effroi. Chaque situation de la vie inspire des sentiments plus compliqués et riches que ne le rapporte la simple exposition des faits.

Et plus un peuple est subtil, a traversé des événements complexes, a produit de rencontres, commercé, voyagé, travaillé, plus son vocabulaire est riche.

Comparez l'affligeant "cool" américain aux mots français qu'il désigne : frais, bien, bon, gentil, courtois, aimable, sympathique, cordial, avenant, grand, beau, super, extra, dément, génial, renversant, poilant, drôle, gentil, admirable, édifiant, remarquable etc etc. Voyez l'écart !

L'Américain n'a pas tous ces mots ni les autres. Il serait bien en peine de les traduire ! Dans une meilleure mesure, le Russe non plus d'ailleurs, pas plus que le Japonais ou le Chinois, pourtant fort avancés dans les expériences et les épreuves historiques.

C'est que le Français hérite d'un patrimoine unique au monde et probablement le plus riche.

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Il y a lieu d'être fier de notre vocabulaire: il s'est diffusé dans le monde entier

Bref. Nous en reparlerons plus tard mais voyons tout de suite une conséquence à cela: la narration qui se veut objective, oubliant d'employer le mot juste, ne l'est jamais complètement.

Quand on n'emploie pas le bon mot, on trompe. Si l'on dit que tel monsieur est aimable alors qu'il n'est que poli ou courtois, on peut envoyer un enfant qui entend dans le décor.

Mais, et c'est encore plus formidable, nous allons voir aussi que l'objectivité n'est pas forcément la manière la plus honnête de rapporter un événement.

Si vous dites que vous avez fait la traversée de la Méditerranée par mauvais temps sur un vieux cargo avec des gens malhonnêtes, c'est objectif, mais vous ne dites rien de substantiel à ceux qui vous écoutent. Si vous dites que vous avez traversé la mer sur un cargo lugubre qui semblait un catafalque mortuaire, un cercueil flottant, en compagnie d'un équipage sinistre, patibulaire, et que plusieurs fois la tempête hurlante a menacé de vous faire chavirer, que vous avez prié pour que l'électricité ne vinsse pas à se couper, que vous avez été près d'être envoyés par le fond dans l'affreuse abîme de l'eau sombre, qu'un marin en particulier semblait vous détester et vous faisait des remarques affreuses, disant que vous n'étiez qu'un bureaucrate qui ne connaissait rien à la mer, et qu'il s'est permis de vous bousculer et de vous prendre directement de l'argent dans la poche, alors votre auditoire sera un peu plus attentif.

Les deux propos n'ont strictement pas grand chose à voir. L'un est objectif, l'autre subjectif mais illustré, imagé, érayé par des mots précis.

Supposez que deux personnes fassent leur rapport à la gendarmerie: celui qui aura le plus de vocabulaire va davantage intéresser et aura plus de chances d'être cru. Croyez-le, c'est extrêmement utile dans la vie.

D'ailleurs, nous avons été confrontés quelque temps à un individu qui manquait de vocabulaire. Les mêmes gendarmes qui nous ont entendu lui et nous nous ont crus, nous, et non lui. Parce que notre précision et ses balbutiements les a convaincus que nous disons mieux la vérité que lui. En cas contraire, on peut avoir des ennuis incroyables avec la plus parfaite innocence, parce qu'on n'a pas su se justifier.

Ecoutez autour de vous et voyez: presque personne ne fait spontanément de phrases de plus de 17 mots.

Le parler journalistique, pauvre, ramenant tout à quelques mots autorisés et ridicules, s'impose. Ainsi entend-on qu'un évêque se tient "droit dans ses bottes". Non, c'est le cavalier qui porte des bottes, ou le militaire. Combien de fois par an avons-nous droit aux discours "nauséabonds" ? Est nauséabond ce qui provoque une nausée et aucun des donneurs de leçon qui emploient ce mot à tort à travers n'a été nauséeux: il n'a été que choqué, peut-être scandalisé, agacé, révolté.

La richesse du vocabulaire permet d'exprimer la richesse des sentiments. La vie intérieure est plus riche que le simple vécu des faits. Les faits n'ont d'ailleurs presque aucune importance pour ceux qui les vivent, c'est souvent la manière dont ils les vivent qui importe le plus. C'est là qu'entre en scène le vocabulaire. Bien dire, c'est tout changer. C'est retourner un jury, c'est produire un succès, c'est rencontrer les sentiments de l'autre.

Pauvreté et mauvais emplois

vocabulaire, le petit robert indispensable https://l-ecole-a-la-maison.comIl est certain que la rédaction demande que vous évitiez le style journalistique: la dépêche d'agence est exactement faite pour éliminer tout ressenti, tout sentiment, et livrer les faits bruts. Elle dit que deux gendarmes sont morts en montagne et que leur escadron est resté bloqué dans une tempête de neige durant 24 heures. Point. C'est un fait qui ne vous inspire rien. On ne dit rien de ce qu'ont pu vivre réellement les malheureux. Vous ferez le contraire: détailler, décrire, exprimer les sentiments. Plus l'enfant sera capable de dire de choses de manière variée et riche, plus il sera capable de rapporter des situations et des personnalités différentes.

Devenu adulte, il sera capable de ne pas biffer d'un mot telle personne à cause d'une faute ou d'un défaut, mais d'en avoir une perception plus complète qui associera, à des défauts, des qualités. On admire encore Balzac pour la phénoménale capacité à décrire les sentiments, les personnalités et les tempéraments. Là où notre contemporain dirait "il est zarbi" ou "cet homme est un fainéant", Balzac dirait "à côté de la générosité d'un homme qui n'a jamais rien eu à gagner par l'effort, il avait tout le tempérament du maître habitué à n'éprouver que les besoins et les sentiments qu'on exigeait de lui." Ce n'est tout de même pas la même chose.

pauvreté vocabulaire

Plus encore, enrichir le vocabulaire de votre enfant va lui éviter bien des déboires. S'il est capable de ne pas mal juger autrui mais de le cerner avec justesse, il s'évitera conflits, bagarres, horions, plaies, bosses, procès, calomnies et diffamations (qui sont choses différentes).

Et vous saurez aussi un jour  faire faire à l'enfant des dépêches de journaliste en prenant soin d'enlever toute trace de sentiment; il saura ainsi faire la différence entre les faits et la manière dont ils sont perçus.

Puisqu'on parle de journalistes, vous avez remarqué l'invasion, qui ne date pas d'hier, d'expressions alambiquées, contradictoires, pléonastiques; de mots utilisés pour d'autres, de confusions et, disent les étymologistes, de contaminations. En ces matières, voilà belle lurette que l'Académie ni les écrivains ne gouvernent, ils ne font que suivre et subir les modes. Les dictionnaires intègrent au fur et à mesure des barbarismes ou des trouvailles intéressantes, le Larousse cherche à se distinguer en acceptant un peu n'importe quoi, quitte à retirer le mot ou l'expression quelques années plus tard. Navrant ! car on compte sur un dictionnaire comme sur un roc.

espace santé, le vocabulaire fout le camp, au lieu de pharmacie

Espace-santé au lieu tout simplement de pharmacie, la mode est au jargon

On a aujourd'hui, vous l'avez remarqué, des "espaces verts" insipides, des "espaces santé" au lieu de pharmacies, des espaces de toutes sortes d'ailleurs; des zones aussi; des pôles, en-veux-tu-en-voilà d'une sublime ineptie, spécialement le Pôle-emploi qui signe le terminal d'un parcours puisqu'un pôle est une extrémité; il y a aussi les "journées" pour toutes les causes démagogiques et bureaucratiques possibles. « Journée mondiale de la femme », voilà c’est fait, on n’en parle plus… les 364 autres sont pour les hommes. Quant à l’homophobie, elle est devenue un délit par pure ignorance de l'étymologie, ce qui épate de la part du législateur: ce mot avec lequel on pourchasse un sentiment naturel, ne saurait justement désigner un délit puisque la phobie n’est qu’une peur : on ne peut être coupable d’une peur, c’est contraire à tout droit ! Et qui plus est, cette peur est étymologiquement un fantasme, puisqu’on ne peut avoir peur de ce qui est « semblable », ce que veut dire « homo ». Homophobie veut dire "peur du semblable", ce qui est absurde. Mais dans une société qui invente des valeurs chaque année avec des mots improvisés, on n'est plus à cette approximation près. Parions qu'on aura la zoophobie et la pédophobie pour prétendre dire qu'on hait les zoophiles ou les pédophiles, alors que cela ne signifiera que la peur des animaux et la peur des enfants.

La modernité doit beaucoup au jargon. La décadence lui doit tout.

Un autre exemple ? L’empathie, très à la mode. Nous préférons (...) la suite est réservée aux membres accompagnés, pour activer votre accès membre, passez par ici. Déjà membre accompagné ? Connectez-vous dans le menu du site (en cas de souci, voir la FAQ)

  • sonia dit :

    Des expressions approximatives ou discordantes font souvent l’affaire dans nos propos. Pour qui le remarque, de plus en plus rarement, c’est une preuve d’indécence de la part de celui ou celle qui les utilise, surtout si la personne est en vue, comme si elle montrait une part importante de sa nudité. Heureusement peu de gens s’aperçoivent de la chose ! Venant du premier quidam l’effet est moindre ; ses excuses sont nombreuses ! Néanmoins, vous avez raison, même des non puristes commencent à réagir. Les écrits deviennent loufoques tellement ils sont surchargés d’incorrections. Nous nous agitons, nous communiquons avec de moins en moins de mots, les injures, les cris, les coups peuvent les remplacer.
    Que peut-on proposer à des enfants pour les intéresser aux mots ? Essayer de leur donner le bon exemple en utilisant un vocabulaire le plus riche possible, aller toujours chercher la racine des mots comme vous l’écrivez, laisser les enfants inventer des mots sous forme de jeux, entrer dans la complexité d’un sentiment, d’un ressenti en n’excluant pas le mime, les initier légèrement au langage des signes, au braille, et pratiquer une autre langue avec eux, tout cela pour les rendre curieux des diverses expressions. N’est-ce pas une panoplie classique pour un pédagogue des jeunes enfants ?
    L’expression du visage, du corps, sont un moyen de communication de plus en plus décrypté qui peut être aussi riche que le verbal. Un ami ethnologue me disait que les hommes auraient pu choisir le geste pour la communication mais qu’il ne fonctionnait pas pour communiquer à distance. Et puis il y a eu cette Tour de Babel…

  • Pauline dit :

    Eh oui, Rémy et Sonia, vous avez bien raison!
    Qu’ajouter?
    Il faut écouter parler nos grands-mères, voire simplement nos mères, pour nous rendre compte de la dévaluation continuelle que subit notre langue. Et prendre note de leurs remarques sur notre façon de parler, qui est sujette aux modes sans même que nous le remarquions.
    Ma grand-mère me disait avoir été très surprise d’apprendre que tout le monde avait commencé à une certaine époque à avoir des “problèmes”, qui sont ensuite devenus récemment des “soucis”. Apparemment autrefois on n’avait ni “problèmes” ni “soucis”, mais des difficultés diverses que l’on nommait selon leur nature. On ne s'”énervait” pas non plus, on s’exaspérait, on s’irritait, on s’agaçait, on était courroucé, fâché, tendu, contrarié.
    Merci beaucoup aux anciens et aux plus cultivés de pointer du doigt nos insuffisances !
    Etudier le latin, voire le grec pour les plus courageux, promet une utilisation correcte du français. Faire reformuler par ses enfants toute phrase peu claire ou inexacte et l’aider à comprendre en quoi il avait manqué son but au premier essai. Les faire lire, lire, lire, des livres pour enfants parus au plus tard dans les annés quatre-vingt, plutôt avant.
    Voilà une petite démonstration utile :
    Je vous copie ci-dessous le même texte, tiré d'”Alice et les Diamants”, de Caroline Quine, ce grand classique de notre jeunesse en bibliothèque verte. La première version est copiée d’un volume imprimé en 1963, la seconde date de 2006. Je vous laisse observer les modifications opérées dans l’oeuvre originale pour nos chères petites têtes blondes, qu’apparemment on suppose et souhaite à peu près vides :
    1: “Un cabriolet bleu étincelant, aux lignes élégantes, roulait rapidement sur la route qui longeait le lac. Soudain il ralentit devant un grand panneau bleu qui annonce : “Auberge des Lilas : Son poulet à l’estragon”. Au volant, Alice, une jolie jeune-fille d’environ dix-huit ans, très séduisante dans une robe qui – effet du hasard ou non – était du même bleu que la carrosserie, sourit en lisant ces mots fort alléchants. ”
    2 : “Un cabriolet bleu roule rapidement sur la route qui longe le lac. Soudain il ralentit devant un grand panneau bleu qui annonce : “Auberge des Lilas : venez goûter son poulet à l’estragon”. Au volant, Alice, une jolie jeune fille d’environ dix-huit ans, sourit en lisant ces mots alléchants.”
    Je ne détaillerai pas l’allure comparée d’Alice aux deux époques sur les illustrations, car le passage d’une ravissante copie de Grâce Kelly en tailleur, à l’image d’une traînée mal peignée en pantalon moulant me met hors de moi.
    (Vous pouvez vous désespérer comme moi en comparant aussi les Club des Cinq, les Jojo Lapin et tous leurs amis.)
    Regardons l’appauvrissement du vocabulaire, la simplification extrême de la syntaxe, l’absence de concordance des temps grâce à un habile passage au présent, et rendons-nous compte que seuls nous-mêmes pouvons éviter à nos enfants de subir ces coupe claires dans le bagage culturel que la société a prévue pour eux.
    De grâce! Luttez!

  • Anna dit :

    Quel Bel article! Du rire au sérieux. Très touchant. Quand l’amour des mots est présent dans un esprit, toutes les portes du monde s’ouvrent!

    Quel beau travail vous faites de partager cela avec nous.
    Soyez bénis!

  • apiculteur dit :

    En général nous ne faisons pas assez attention au vocabulaire maius c’est vrai que c’est fondamental. Merci tout simplement. Il faudrait qu’on regarde plus souvent le dictionnaire…

  • Fabrizio dit :

    Persistez par la, c’est un veritable plaisir de vous suivre. On a intérêt à se pencher sur ces questions pour l’enfant. Est ce que vous avez dejà enseigné dans une langue etrangere ou à des gens qui sont etranfers ?

  • Béatrice dit :

    Vocabulaire et syntaxe sont c’est vrai assez maltraités et tres pauvres dans notre société on ne compte plus les mauvais usages et en même temps tant de mots ont disparu ! Il suffit d’ouvrir un dictionnaire. La maman peut me semble peut être douce, agréable et réceptive sans être tarte, avec un vocabulaire mièvre, non? Ô_o

  • SiméonBulgarie dit :

    Autrefois nous avions une grande admiration pour parler français avec tout le vocabulaire de la langue de Moliere et c’est vraiment dommage que maintenant on n’enseigne plus. C’etait resté en Bulgarie jusque années 90 mais la France a beaucoup perdu d’image et maintenant les jeunes préfèrent anglais et allemand. Meme les films français ne sont pas bons par rapport à l’année 50-60 de mes parents. Vraiment on l’espère que ça reviandra. Merci pour l’article comme un auteur français de littérature !

  • 3 filles 3 garçons dit :

    J’apprecie beaucoup cet article que j’ai découvert (en partie parceque je ne suis pas abonnee) apres avoir visite le reste du site votre dévouement et votre sens du service nous avons tres envie de passer a l ecole a la maison mais ben plein demenagement on va peut etre attendre d etre installes et tranquilles

  • Jacquotte dit :

    ça donne envie de retrouver un bon vieux dico papier et de le feuilleter. Pourquoi pas après tout ne pas en recuprer un avant qu’on n’en trouve plus du tout ?

  • Majo Vilert dit :

    Attention, si tu avais des cours à rattraper ils ne comptent pas forcément. Ils doivent être fait juste après. Et tu as un mois entier pour les faire, en continu ou pas.

  • Avalokitess dit :

    Trop contente de lire ça, j’aime tant la lecture et la syntaxe, le beau vocabulaire, j’en ai tellemnt assez du langage SMS et limité. Merci mille fois à tous les deux et à tous les parents qui vous aident.

  • Simon dit :

    Je cours acheter un dictionnaire, c’est vrai que ça fait des années que je n’en ai pas touché un et sans doute que j’ai oublié pas mal de vocabulaire. On se laisse trop facilement tenter par des mots convenus et qui manquent de précision, de finesse, de justesse. Pourtant vous le dites tres bien ça enrichit la réflexion. Mieux vaut dire “agréable”, ou “intéresant” ou “aimable” ou “stupéfiant” que simplement ce banal et fourre-tout “Cool” !

  • celine dit :

    je vous tire mon chapeau fleur bleue, avec votre entrain et votre enthousiasme renait l’espoir et la richesse de la langue………….

  • Therese dit :

    je ne suis pas vraiment étonnée, je ne suis pas surprise de votre choix, tout à fait mérité qui plus est !

  • Bea dit :

    Que penser de ce billet ? … sublime ou idéaliste ? c’est difficile d’atteindre ce niveau , non ?

  • yungmann nathalie dit :

    le beau français, … j’ai tellement perdu de vocabulaire et de beau parler… Je n’attends qu’une chose m’y replonger.
    Merci

  • Annie dit :

    Merci pour tout vos articles.

  • Marie-T et François Yao-Moreau dit :

    Article magnifique et passionnant qui donne envie d’aller toujours plus loin dans la connaissance et l’expression… Beaucoup de références à conserver et à transmettre. Merci !

  • BANCE Ahelya dit :

    Le vidéo était intéressante, mais ces journalistes au rire facile auraient pu faire le même travail avec leurs collègues ou nos politiques…exercice bien plus drôle que les accrocs de sportifs.
    Sportifs vendus comme modèles, c’est dire si l’on nous prend pour des…

  • Fathia KHANFOUSS dit :

    Merci beaucoup, je me souviens avoir une professeur de français amoureuse de notre belle langue qui prenait le temps de nous expliquer le sens des mots, elle était malheureusement pris pour une rabat joie, qui vivait dans le passé. Je me souviens que tous ce qu’elle m’a appris m’a beaucoup apporté et m’a ouvert l’esprit.
    Je vais m’efforcer d’en faire de même.

  • hanae dit :

    Très intéressant, j’ai appris beaucoup de choses en lisant cet article…

  • Clotilde de Larouzière dit :

    Bonjour Remy et Cecile

    Merci pour cet article qui nous a bien fait rire durant notre café dominical !
    A propos du vocabulaire, papa utilisait souvent le verbe “musarder” qui a sûrement la même étymologie que “muser”.
    Autre question concernant toujours le vocabulaire, que conseillez vous comme histoires à lire et etudier avec un petit garçon en MS plus virilisant que la très jolie histoire de Boucle d’or et le 3 ours et Marlaguette?
    Bien amicalement
    clotilde

    • Rémy et Cécile dit :

      Ah ! chère amie, l’Histoire du Soir de Max bien sûr, mais dans sa tranche d’âge. C’est fait pour.

  • mireille schwaederle dit :

    Bonjour,
    J’ai énormément apprécié votre article si bien écrit ! Je suis plus que convaincue de l’utilité de soigner notre langue, mais j’ai la désagréable sensation de me battre contre des moulins à vent, face à l’école et aux habitudes linguistiques… Je reprend sans répit mes filles pour les obliger à choisir le mot précis et à retravailler la phrase, mais j’ai l’impression de m’épuiser à cette contrainte sans fin… Ma fille aînée lit beaucoup et nous lui fournissons des œuvres dignes, qui, nous l’espérons, l’aideront à acquérir un beau langage, mais parfois, je désespère…
    Alors, je lui ai fait lire votre article, elle a sourit… Les noms des cris d’animaux l’ont fait réagir ; le nombre l’a surprise…
    Je vous remercie sincèrement de nous aider de la sorte.
    Amitiés,
    Mireille

  • Bruno dit :

    Merci pour cet excellent et amusant article. À l’heure des SMS et autres langages approximatifs, j’ai l’impression que nos compatriotes s’exprimeront bientôt par onomatopées. Je reprends souvent mon fils qui par manque de vocabulaire place le mot “truc” à chaque phrase. Je lui dis que je ne parle pas le schtroumpf et l’incite à ttouver d’autres mots. Mais nous sommes immergés dans cette médiocrité et à part vivre dur une île déserte avec pour seule lecture le dictionnaire, je ne vois pas trop comment préserver nos enfants de cet appauvrissement.
    Je retiens l’idée du dictionnaire étymologique. Essayons!

  • Marie-Lise Masquelier dit :

    Quel bonheur de retrouver cette ” langue belle” trop souvent ignorée ou galvaudée ! On en redemande et c’est une idée pour créer un jeu avec les enfants.

  • Agnès Blanche Marc dit :

    Merci pour cet article très fouillé. Nous ressentons votre amour pour notre belle langue, et il nous offre de nombreuses pistes de travail. Et j’ai pu aussi malheureusement observer ce qu’a observé Pauline. C’est un phénomène général, en Allemagne et Italie il se passe la même chose.
    Mon fils étant bilingue, et étant pour la première année en France, la question du vocabulaire est de très grande importance. A côté de l’usage intensif du dictionnaire français et étymologique, nous recherchons bien sûr les termes utilisés dans le dictionnaire français – allemand, et mon fils de 10 ans s’aperçoit que souvent, les connotations ne sont pas les mêmes dans les deux langues, d’où la difficulté des traductions. Quand vous dites: “C’est bien d’apprendre des langues étrangères, mais mieux vaut savoir d’abord son français, ou sa langue natale”. J’ajouterais qu’il est indispensable de maîtriser sa propre langue pour pouvoir en apprendre une étrangère. En même temps quelle richesse de parler plusieurs langues, on apprécie d’autant mieux les particularités de la sienne. Mais l’apprentissage des langues en France est, généralement, une catastrophe, parce que entre autre, au lieu de baigner dans la nouvelle langue , de la goûter, on fait trop de théorie, trop de banalité et surtout pas assez d’étymologie, de vraie compréhension à partir du vécu de la langue. Mais cela serait un autre sujet …
    Pour faire aimer la langue française à mon fils, il a appris, depuis que nous sommes en France ,(septembre) de nombreuses fables et quelques poésies. Rien de tel que de réciter une vraie belle langue pour apprendre à l’apprécier. De plus, nous la jouons pour vraiment vivre ce que nous disons. A Noël, tous les cousins ont joué “Le médecin volant” de Molière, bien sûr en entier et par cœur, mon fils, le seul qui ne va pas à l’école, a appris le rôle principal (Sganarelle). C’est tout cet apprentissage de textes de valeur, bien sûr avec les explications, le dictionnaire etc… qui l’a fait le plus progresser en vocabulaire et en orthographe.

    J’ajouterais une dernière petite chose à propos de l’empathie. C’est un terme que j’utilise très souvent et sciemment. Bien sûr, pas à la place de sympathie qui n’a pas du tout le même sens. Par exemple, je ne peux donner de bons cours de musique que grâce à l’empathie, elle me permet de déceler où sont les blocages de mes élèves, l’épaule droite, le diaphragme, … ou le psyché. Je ressens ce que ressent l’élève en jouant et cela me permet de l’aider très rapidement et très efficacement. Cela n’enlève pas pour autant la distance nécessaire entre un professeur et son élève. Je pense aussi que d’apprendre à ressentir ce que ressentent les autres est nécessaire à notre société. Sans se laisser happer, et en exprimant sa sympathie. Les autistes ne le peuvent pas, ils doivent apprendre pas à pas à déchiffrer un visage. Mais quand nous le pouvons, cela permet de déceler la souffrance et donc de venir en aide, cela m’a aussi souvent permis d’agir dans des situations dangereuses en désamorçant le conflit.

    Merci encore pour ce bel article qui donne à réfléchir!

    • Rémy et Cécile dit :

      Merci Agnès Blanche, voilà de fort pertinentes remarques. Vous avez raison, empathie pris en ce sens est justifié. On entre dans la douleur de l’autre, ce que le mot signifie.
      Et oui également, la théorie en apprentissage des langues est un contre-temps malheureux. Merci pour toutes ces remarques.

  • Claire dit :

    Oui…
    Alors effectivement je suis aux prises avec un langage verbale “dj’eunes” qui en côtes d’Armor ont pris l habitude de mettre des VLA inappropriés partout: exemples: c est vla bon. Il y avait vla du monde au supermarché…etc.
    J avais expliqué qu’ à la maison ce vocabulaire n était pas souhaité la forme grammaticale inconnue en français et qu’ il y avait 3 enfants dont une de quelques mois à apprendre à parler chez nous.
    Passée l explication de la responsabilité des aînées à montrer le bon exemple, j avais demandé à l aînée de m assister pour écrire des textes judicieux pour sa soeur de 11 ans qui avait besoin de revoir certains phonèmes sur lesquels il y avait encore des confusions. C était plein d envies et de bonnes idées et aussi flagrant le manque d outils linguistiques pour retransmettre ses idées lumineuses et ses émotions. Ayant mon idée sur le travail à faire et sur les réticences de cette écrivaine en manque d outils… Je la laissait se rendre compte par elle-même de la différence entre certains textes écrits par mes soins et les siens. J avais élargi cette constatation à tout texte interressant et à d autres agréables à lire afin de ne pas marquer la comparaison injuste avec moi et malvenue. Ainsi sa motivation à s améliorer pour mieux écrire est survenue et j ai pu écouter son désespoir et limite son autoflagellation… Et lui dire ” la bonne nouvelle c est que je sais ce qu’ il faut faire et ça va te plaire et beaucoup t aider”.
    Nous sommes allées à la bibliothèque. Je l ai conduite au rayon adulte lettre Q. J ai pris , devant son attitude peu convaincue EXERCICES DE STYLE de Raymond Queneau en lui disant que la clé était là!
    En rentrant il a fallu que je la motive à le lire mais depuis nous avons fait du tri et elle écrit chaque jour 15 lignes sur un des exercices, sa motivation étant que les sujets de Queneau sont vieillots et qu’ il faut qu’ elle mette ça au goût du jour !
    Formidable!

    • Rémy et Cécile dit :

      Merci pour Queneau en effet ! Quant à “vla”, nous ne connaissions pas…

  • matmag31 dit :

    Un grand merci pour cet article passionnant !

  • Aurélie dit :

    Je confirme que le latin, bien que survolé pendant quelques années au collège, laisse des traces profondes. Il me sert régulièrement, et je me réjouis alors de pouvoir comprendre le sens d’un mot au-delà de l’acception qu’en ont la plupart des gens.
    Personnellement, je reconquiers mon vocabulaire pas à pas après des années de travail dans la grande distribution, où le langage de charretier est la norme, et après avoir travaillé avec une personne qui avait le don de faire naturellement et systématiquement trébucher les expressions (“on ne va pas encore remettre ça sur le tamis !” ; “allo ? Je t’entends mal, tu es tout hachuré !” etc.).
    Je me suis donc régalée avec cet article, merci !
    Mais quand la famille offre un livre “T’choup*” à Noël (vous savez, cette espèce de personnage mi-hérisson mi-pingouin, dont le dessinateur prend probablement du tranxèn* avant de se mettre au travail – j’espère qu’il ne fait pas l’école à la maison), on fait quoi ? “Oups, je ne comprends pas, il devait être coincé entre deux bûches ?!?”

    • cecileetremy dit :

      Magnifiques ces expressions penchées, voilà un énergumène à faire entrer au musée !
      Tchoupi, oui, affligeant, et pourtant quel succès…
      En tous cas vous ne faites pas partie de la tribu des gens qui se contentent de la tonalité ambiante.

  • Lucie dit :

    Merci Cécile et Rémy de cette article, c’est une excellente réflexion. Le français de nos jours est en train de disparaître par les nouvelles technologies. En tant que parents, c’est à nous de leur apprendre des nouveaux mots, à chercher dans le dictionnaire et à comprendre ses sens, pour mes enfants, c’est un enrichissement, ils en sont ravies. On le pratique quelques fois, sous forme de jeux.

  • Delphine dit :

    Bonjour Remy

    Je souhaiterai faire des études de texte (texte classique et autres) avec mon fils (niveau 5ème).
    Existe t-il un site internet qui répertorie des études de texte avec un questionnaire s’y rapportant pour en faire l’étude?
    Merci beaucoup
    Delphine

    • cecileetremy dit :

      Bonjour Delphine, outre la page des cours gratuits et les divers liens, l’étude des textes se trouve en multitude sur le net.

  • Catherine Breuil dit :

    Je reste sur ma faim car votre mail se nommait “Savez vous écrire?” et votre article ne parlait que des mots. Je suis impatiente de vous lire à propos de la construction des phrases ( syntaxe?) et de la progression des idées d’un paragraphe à un autre…
    C’est ce que je n’ai pas réussi à apprendre à l’école….
    Je ne retrouve pas dans le cours par correspondance que je suis, cet apprentissage….

    • cecileetremy dit :

      On verra la rédaction ultérieurement mais le mail qui s’intitulait “Savez-vous écrire” vous proposait de rédiger un article et ne conduisait pas ici. C’est le message “Français: vocabulaire, syntaxe”.

  • Charlotte Yo dit :

    J’aime beaucoup pour au clair de l’allume c’est très intéressant je me suis toujours posé la question en la chantant a mon fils pourquoi lune et plume. De plus j’ai regardé l’interview d’un acteur (théâtre)qui est du coup censé connaître un peu de vocabulaire, se défendre sur des faits d’agression. Son vocabulaire était tellement maladroit et pauvre que j’avais du mal a la croire. Ensuite ne sachant plus comment se défendre il a fait une malheureuse comparaison entre une personne qui l’accuse et Hitler…qu’elle honte d’entendre cela a la télé. En tout cas c’est passionnant de vous lire merci

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