Dessin et peinture, comment atteindre à la passion sans perdre la tête

Dessin et peinture: ne pas avoir peur d’être mauvais. Nous allons voir que tout ce qui est sentiment (peur surtout, déception, sentiment d’être nul, ou au contraire vanité) et qui est très compliqué à gérer chez l’enfant peut être résorbé grâce à des trucs, des techniques pratiques: on va mettre en œuvre des choses concrètes pour asseoir des choses abstraites.

Au début, tout le monde est nul, sans exception.

Pour beaucoup d’entre nous, le cours de dessin ou de peinture paraît impraticable, éloigné de nos savoir-faire.

Il se heurte déjà à une difficulté: l’enfant aime dessiner tout seul, et en faire un cours peut très facilement rendre ce passe-temps rébarbatif.

On n’a pas envie de prof quand on se fait plaisir. D’ailleurs, le dessin est l’un des moyens pour être tranquille, avoir du silence. Il est donc très malvenu d’y venir avec ses gros sabots de professeur.

Ce que nous vous recommandons est donc de donner simplement des pistes et laisser faire l’enfant.

Le Dessin

Dessinez, vous aussi, à côté de lui, faites silence et faites votre œuvre.

Un bon truc: ne montrez pas ce que vous faites, ça crée du mystère, ça entraîne.

Prenez un bon moment, un moment relâché, observateur des choses.

Le premier jour, vous pouvez simplement donner des idées à l’enfant sur la perspective, par exemple.

Vous pouvez aussi choisir ensemble un objet à dessiner. Un verre, c’est très dur. Une table, c’est plus facile.

Mais comme le dessin exige plus que quoi que ce soit de la pratique, on va se taire et s’y mettre.

En musique par exemple, quelque chose de joli.

On verra dessin et peinture au cours de l’année. Parfois, vous pourrez agrémenter avec de la terre glaise pour faire de la sculpture ou d’autres activités. Ce que nous disons ici vaut pratiquement pour tout.

Quel que soit l’art, la méthode la plus sûre et la plus noble, vous le savez, est: reproduire, reproduire, reproduire. C’est à force de dessiner des formes existantes, que l’enfant acquerrera la maîtrise.

Quand l’enfant commence à faire des objets, on s’aide d’outils légers pour faire des cercles ou des perspectives: une règle, du fil, éventuellement.

On fait un cercle à main levée en se servant des articulations des doigts comme pointe de compas (voir sur google diverses vidéos).

On fait une perspective avec une règle et un ou deux points.

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Deux points à l’horizon suffisent à faire toutes les perspectives

Dessiner des portraits ne demandent pas de géométrie, mais de la patience. Le mieux est de reproduire une photo, car un visage vivant demande une immense maîtrise. Ne poussez pas l’enfant à faire des choses difficiles.

Dessinez les contours, qu’ils soient au bon endroit, voilà l’essentiel. Surtout dans le cas du portrait.

Pour ce faire, on peut employer un quadrillage: comment reproduire une image à l’échelle. On fait deux quadrillages de dimension différentes. L’un à la taille du modèle, l’autre à la taille du support.

Dessinez un quadrillage sur votre image originale puis reportez-le sur votre support

Sinon, par transparence sur une vitre… le tout est que chaque élément soit bien situé, car un œil trop bas, et c’est foutu !

Ça commence toujours mal

Je le répète, au début, on est nul, ou très faible. Mes premiers portraits étaient tout simplement de mauvais amateurs.

Vexé, suffisamment orgueilleux, j’ai voulu prendre ma revanche sur moi-même.

Il faut faire de mauvais travaux, et les garder, ils permettent de voir une progression.

A chaque travail, on est content d’un progrès, aussi minime soit-il.

Portrait inachevé

Ceci est le quatrième portrait déjà: cela commence à prendre, quoique encore naïf

Ci-dessous, après avoir fait trois dessins assez mauvais, Rémy attaque une série ​. La progression est évidente: ​Blanche n'est pas réussie alors qu'Evrard est vraiment au point. Dans le premier portrait, réalisé sans quadrillage, il y a même des erreurs de contours, une déformation. Jusqu'au portrait de "Blanche couronnée", c'est d'un style naïf.

cecile ief l-ecole-a-la-maison.com

​Rémy (​à ​18 ans)

gauvain ief l-ecole-a-la-maison.com
theophane portrait ief l-ecole-a-la-maison.com
victoire portrait ief l-ecole-a-la-maison.com
marc-eloi portrait ief l-ecole-a-la-maison.com
evrard ief l-ecole-a-la-maison.com
gauvain portrait ief l-ecole-a-la-maison.com
octave portrait ief l-ecole-a-la-maison.com
remy portrait ief l-ecole-a-la-maison.com

Le dessinateur peut être un voyant

Quand il fait un portrait, le dessinateur observateur, qui connaît un peu les lois du visage, peut faire des découvertes.

C'est ainsi qu'en dessinant François Bayrou, j'ai découvert le ​personnage. J'ai découvert son égoïsme, sa luxure, son mépris pour autrui et son infatuation vaine. Surprenant quand cela vient en dessinant !

​(à vendre - pas cher)

Peinture

Parmi les premiers travaux, le dessin de quelques personnages du roman Reinhardt Tarkand, huile sur bois préparé à la laque

chapelle ief l-ecole-a-la-maison.com

Première tentative

​Troisième travail

​Second travail

​Quatrième travail

Quand on commence, les premiers temps, on se doit de ne pas se poser trop de questions. N’allons pas chercher à savoir quel support ou quel crayon ou pinceau on utilise. On aura de beaux instruments si on le mérite. Quand on veut, on peut si on le veut vraiment.

Laisser de côté les questions telles que la couleur, le support, la matière. Employer les seuls instruments disponibles. Puis, se faire plaisir en allant chercher de beaux outils, en récompense d’un travail réalisé. L’outil est un moyen de soutenir le travail. Il aide à relancer le plaisir.

Pratiquer, pratiquer, pratiquer.

Préparer un fond. Contours? Placer des teintes de fond, en commençant par les éléments d’arrière-plan et en se rapprochant.

Puis, peaufiner les arrières-plans du seul sujet. Puis, faire le sujet: si on se plante, inutile de trop travailler les fonds, n’est-ce pas ?

Puis, finir le décor.

Exposer son travail dans la maison. Les oeuvres ne devraient pas rester cachées. Sans quoi l’artiste n’en voit pas les défauts et personne n’en profite.

Inutile de lui demander ce qui ne va pas, sauf s’il se montre trop présomptueux sur le long terme.

Faire des grandes expos (et donc éviter les modernes qui détruisent le sens créatif), aller jusqu’à Monet pour ce qui est de la peinture, par exemple. Le dessin continue à vivre aujourd’hui, notamment par la BD, mais attention aux mondes restreints (mangas par exemple).

Progressivement, s’intéresser aux méthodes. Les sous-couches en peinture, les mélange de couleur, la préparation des supports.

Il y a ensuite des techniques pour ne pas se lasser de dessiner mais la meilleure est de faire des collections et des défis.

Des collections: 15 portraits de famille (commencer par la personne qu’on aime le moins…), 50 animaux, 35 paysages lacustres… Et des défis: exécuter un portrait d’après photo en moins de 5 heures.

Se lancer, persister, et ça vient tout seul !

PS: bientôt sur cette page, mes prochaines peintures.

 

  • Caroline dit :

    Je viens de lire l’article; il est 13H50; à 14H, on sort l’artillerie du dessin 🙂

    Merci de cette magnifique inspiration!

  • sandrine dit :

    Voilà de bonnes pistes !

    Une autre, quand plusieurs dessinent : pourquoi pas un thème assez vague, celui choisi pour les cours par exemple.
    Ou “dessiner une situation amusante” (etc.), l’un a dessiné une scène gag avec des chats et l’autre faire des gaufres avec mamie. Il est intéressant et drôle, à la fois, de constater le choix pour le contenu (sens différent de situation amusante), le matériel utilisé (si on en laisse plusieurs), …

    Et j’ajouterai que vous avez beaucoup de talent et de talents Max !

    • cecileetremy dit :

      Oui, en effet, un thème sorti du cours, pourquoi pas ? On est libre !
      Merci amie !

  • Sonia dit :

    Retrouver des dessins faits dans l’ enfance, d’une main malhabile ou experte est une belle émotion, un grand plaisir ! Parfois, derrière des gribouillages, apparaissent des rêves, ou des cauchemars : ici une princesse, là un loup…C’est amusant de dessiner, et c’est une grande détente aussi. Allez ! Prenons nos crayons, nos fusains, nos craies, et surtout, gardons tous nos dessins, ceux qui nous semblent les moins beaux parlent le plus de nous! Bonne idée !

  • vimu dit :

    Merci beaucoup pour cet article, et aussi pour avoir mis vos propres dessins!
    Mon mari est très doué pour le dessin et le modelage, mais ne prend JAMAIS une minute pour un crayon,
    trop pris (noyé?) par le quotidien. Pas une minute pour s’extraire des obligations d’une vie et dessiner… pourtant quand je vois vos progrès et jusqu’ou Vous arrivez!
    Bravo!

  • Mado dit :

    J’ai lu votre article mais j’ai l’impression de ne pas avoir le temps de boucler les cours sainte anne en temps et en heure, de leur faire écouter mélopie pour la partie e6veil musical(ils sont réfractaires au solfège et cela les gonfle!). J’aimerais beaucoup dessiner avec eux mais quand je leur dit que la classe est finie, ils sont trop contents de s’échapper !! Et n’ont pas envie de dessiner, en tous cas pas de manière régulière, donc suffisante pour progresser….Cependant je garde cet article en tête pour plus tard peut être , ou pendant une période de vacances…

    • cecileetremy dit :

      Sur la page des livres, ça pourrait être très bien de commander “la vérité sur ce qui vous motive”, ici. On y voit comment on peut tuer le désir de dessiner. Ou à faire autre chose. Très instructif, nous vous le recommandons.

  • Noria ANDRE dit :

    Depuis que j’ai su tenir un crayon j’ai commençais à dessiner. J’ai souvent eu l’impression enfant de décourager les autres qui s’essayaient en la matière. Ils comparaient leur essai avec mon passe temps, alors qu’il n’y avait rien de comparable puisque j’avais une bonne longueur d’avance. Je leur disait que personne n’était nul et qu’il fallait qu’ils s’entrainent encore et encore et qu’ils finiraient par y arriver. Mais le défit ne les intéressait pas (pourtant ils avaient vraiment envie de savoir dessiner comme je le savais )
    ou leur semblait perdu d’avance (puisque compétition oblige selon ce que la société attend de nous). Et à mon grand regret c’est ce que je crois c’est produit aussi avec ma fille. Pour ces 9 ans ces dessins sont très peu élaborés. J’ai parfois l’impression que malgré ces airs supérieurs et méprisants qu’elles se donne elle a voulu arrêté de grandir quand j’attendais son petit frère… j’ai l’impression qu’elle a parfois 5 ans dans sa façon d’être.

    • cecileetremy dit :

      Une petite visite dans un bon musée pourrait lui remettre la pendule à l’heure ?

  • Noria ANDRE dit :

    Belle démonstration en image du résultat de la persévérance.

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