Ecole à la maison: Faut-il attendre ? (chapitre 2)

J'ai l'intention de changer de système, mon enfant souffre physiquement, mais pour faire l'ecole maison, faut-il attendre ? Je crois qu'il me faut du temps.

Ecole à la maison Faut-il attendre http://l-ecole-a-la-maison.com/wp-content/uploads/2013/02/ecole-maison.jpg

Que faire ? Il semble difficile de retirer son enfant, pour le moins on a besoin d'un délai ? Il faut préparer nos proches, nos voisins, l'institutrice ?

D'abord ne redoutez pas le regard de vos proches. Que vous preniez la décision aujourd'hui ou dans 6 semaines, son avis n'en sera pas changé. Cette internaute a raison quand elle dit : « Quant aux réactions des individus de votre entourage, elles sont inévitables et peu vous comprendront y compris votre famille - Seul le bien-être de votre enfant doit pris en compte ! »

Une autre maman aussi a raison quand elle dit « si votre enfant n'a rien, n'entrez pas dans ce cercle des psy, pédopsy etc ». La tentation du système médical ou pédiatrique est de cataloguer l’enfant, d’expliquer qu’il a un problème. Il faut vraiment se méfier de cela. L’enfant n’est pas le problème.

Ce qui est sûr en revanche, c’est que si vous constatez que votre enfant est malheureux, développe des tics, des gênes, des pleurs, subit des violences, alors il est URGENT de le retirer de l’école, ça ne peut pas attendre, de grâce ! Voici d'ailleurs des indices pour savoir s'il y a un problème de harcèlement.

Vous pouvez peut-être attendre mais pas lui ! Il est l’urgence, il ne peut attendre.

Vous avez un doute à ce sujet ? Allez voir ceci.

Mais ensuite, si je le reprends, dans combien de temps sera-t-il revenu à la normale ?

Mais se pose la question: dans combien de temps mon enfant sera-t-il capable d'être un bon élève, après qu'il ait passé par l'école, par la méthode globale etc ?

Il faut du temps à certains parents. C'est leur manière de fonctionner, et c'est très bien si ça marche.

Mais ce n'est pas la seule manière et l'important, c'est que l'enfant ne soit pas laissé pour compte. Aucun de nos enfants n'a eu besoin d'une seule heure pour s'adapter. La question c'est : s'adapter à quoi ?

Imaginez que vous soyez coach d'une équipe de salariés. Vous avez un résultat à livrer dans 2 semaines mais la formation que doivent passer ces salariés prend 6 mois, que faites-vous ?

Cette situation se pose tous les jours. Aux USA, des équipes doivent gagner des championnats avant le délai de récupération, des politiques doivent être élus alors qu'ils sont inconnus, des produits doivent être livrés alors qu'ils ne sont pas encore conçus.

Hm ! Pas possible, murmurez-vous.

Comment fais-je pour que mon enfant qui ne sait ni lire ni écrire à 8 ans, imbibé de global, sache lire et écrire dans 6 mois ?

C'est le genre de chalenge d'aujourd'hui et de demain.

Il y a une solution à cette quadrature du cercle. C'est là que le bon génie du coaching, inspiré de textes fort anciens, a une réponse géniale.

On pense que l'école a eu une influence telle sur l'enfant qu'il lui faudra des mois pour s'adapter. En fait, l'école n'a eu aucune influence sur nos loupiots parce que nous leur avons donné de quoi l'oublier instantanément, sans délai.

Si vous avez laissé l'enfant avec le global longtemps, alors il faut un temps pour revenir de là. Mais ce temps est pour vous, pas pour lui, c'est un temps durant lequel vous allez élaborer la bonne méthode. Pas quelque chose de compliqué, non, quelque chose de simple, une stratégie, une manière de faire, un truc, un dialogue etc. Vous allez lui donner ce qu'il peut recevoir, dès le départ, et ne pas exiger ni même souhaiter qu'il soit performant dès le départ.

La notion "d'adaptation" qui est souvent évoquée relève de l'idée répandue. Elle signifie "l'enfant doit s'adapter pour être au niveau que j'attends de lui", et c'est une vision qui vous bloque des mois effectivement parce qu'elle pose dès le départ une difficulté: que l'enfant s'adapte. Or, il est un véritable accidenté après la globale, il lui faudra du temps, c'est évident.

Inversons les choses maintenant et disons: nous nous adaptons à l'enfant.

Et ô miracle, l'enfant s'adapte en un clin d’œil, vous pouvez scolariser un enfant en Chine ou au Japon et d'une semaine sur l'autre, ça ne pose pratiquement aucun problème pour lui. L'enfant est beaucoup plus capable d'adaptation que nous. Dès lors, ne projetons pas nos angoisses sur lui, ne soyons pas dans le doute, ne lui laissons pas comprendre que nous pensons qu'il n'y arrivera pas.

On va lui demander, non pas d'atteindre l'objectif, mais de se mettre en marche avec nous.

Donc, vous pouvez commencer tout de suite, sans délai. Avec une méthode adaptée qui lui permettra de revenir à niveau (celle que nous vous proposons sera parfaire ;-)), le tout c'est qu'on parte dès maintenant de son point à lui.

C'est la raison pour laquelle nous ne vous disons jamais : il doit être à la hauteur, il doit remplir l'objectif. Non. C'est comme ces soldats d'un roman qui se demandaient s'ils allaient gagner la guerre, c'est absurde et démotivant : ils doivent combattre et la victoire leur sera donnée ou non, cela dépendra notamment de leur engagement. Jeanne d'Arc répondait: "Les hommes se battent, Dieu donne la victoire". On pourrait en tirer : "ne nous projetons pas dans l'avenir en misant sur la réussite, faisons ici et maintenant ce que nous devons faire."

Une clé: ne pas se situer sur le futur, ne pas "prendre position" dans l'avenir.

Dans toutes les situations graves, il s'agit de se concentrer sur le "maintenant" et s'y mettre et de ne pas se laisser bloquer sur le "que va-t-il se passer ?"

L'adulte aura là encore le plus à faire, il aura du mal à donner la bonne méthode adaptée à ce que l'enfant a reçu auparavant. Et il aura du mal à obtenir que l'enfant soit au niveau qu'il exige parce que l'enfant n'a pas les prérequis et qu'en effet, il lui faudra du temps pour les avoir. Mais s'il prend la résolution de s'y mettre, il obtiendra la victoire. Parce qu'il aura fait ce qu'il faut pour cela.

Personnalisez

Par conséquent, tout enseignement doit être personnalisé, justement, vous allez adapter l'enseignement à l'enfant en chair et en os que vous avez devant vous.

Ce n'est plus l'enfant qui va se plier au programme, à la corporation, au mammouth Education nationale, c'est vous et le programme qui allez vous adapter. Vous aurez un objectif impossible donc vous allez trouver des recettes inimaginables. "Ils ne savaient pas que c'était impossible, c'est pour ça qu'ils l'ont fait", dit le coach. Vous allez trouver. L'enfant, lui, comme il dispose d'une plasticité cérébrale énorme, va réussir.

En revanche, si on exige qu'il ait les prérequis qu'il n'a pas, c'est le blocage, l'échec scolaire, la dyslexie, la phobie scolaire et tout ce patafar jargonesque inventé pour faire croire que l'enfant a un problème alors qu'il réagit a-bso-lu-ment normalement. L'enfant n'a pas de problème. N'importe quel enfant peut réussir. N'importe lequel.

Les adultes, spécialement les professionnels de l'éducation, les médecins scolaires, beaucoup de psys brouillent les pistes. Ils ne savent pas, ils n'ont pas appris. Ce sont des certitudes d'adulte et d'ailleurs oui, les adultes peinent à s'adapter, c'est davantage pour eux qu'il faut un délai; ça fait 40 ans qu'on aurait dû adapter le système et voyez: rien n'a été fait !

Un mot encore : quand vous renseignez quelqu'un sur la route à prendre, une personne qui vous demande comment aller à tel point, vous ne lui dites ni "prenez votre temps avant de partir, c'est trop tôt", ni "c'est trop tard", ni "vous partez du mauvais point". Non, vous lui indiquez le chemin en partant MAINTENANT et de là où IL EST. C'est la clé.

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6 Responses to Ecole à la maison: Faut-il attendre ? (chapitre 2)

  1. Raymond SAMUEL says:

    Bonsoir,
    J’ai bien connu des parents qui se décidaient à déscolariser leur enfant, généralement à la dérive depuis la maternelle alors que celui-ci avait atteint l’âge de treize, quatorze ou quinze ans.
    Bien peu de ces enfants atteints psychiquement par l’éducation sont déscolarisés par les parents.
    L’assujettissement généralisé à l’usage et la soumission aux contraintes font que la déscolarisation n’est concevable que pour très peu de personnes. D’où presque un miracle lorsque les deux parents sont acquis en même temps à l’idée de déscolarisation.

  2. carobelo says:

    Bonjour, pour ma part nous avons 5 enfants , 2 filles et 3 garçons, nous sommes éleveurs commerçants donc travaillons sur place, surtout moi, la maman. Les filles ,elles, s’en sortent bien, l’une est en 5 éme et l’autre en CE1, mais j’aide pas mal la plus petite. Pour les garçons, le dernier n’a que 2 ans donc… L’avant dernier n’est qu’en grande section mais aime plus ou moins aller à l’école. Le probleme est avec le grand ( 2 eme) qui lui a pris beaucoup de retard depuis le CM avec en plus des maitresses plus ou moins compétentes. Nous avons hesité à le faire redoubler mais il était impatient de se retrouver au collège avec les « grands »! Résultat, grosses lacunes, pas attentif en cours, dans son coin à rêver, des heures à faire ses leçons lesquelles il n’y comprend rien. Il préfère jouer, faire du vélo et du tennis dans lequel il est très bon et est passionné par tout ce qui est sciences, experiences( il lorgne sur les boites d’experience dans les catalogues de jouet)mais est devenu aussi très désagréable à la maison, répond et s’énerve pour un rien. Je suis donc en doute et ce depuis le CM1. Merci pour votre éclairement. Caroline.

  3. Bonjour Rémy et Cécile, bonjour à tous,
    J’apprécie cet article, surtout parce qu’il nous met en mouvement, la vie est dans le mouvement … la mort dans la paralysie !
    Plus on se mettra à l’action moins on sera paralysé, mais je reconnais que c’est une habitude chez les français de discuter … sans vraiment faire changer les choses au niveau qui les concernent personnellement.

    Je parle d’expérience, car j’utilise la même approche dans les cours de mathématiques, en soutien par exemple j’adapte la séance au niveau de l’enfant et pas la séance au niveau théorique que l’enfant devrait avoir… même si, à terme, c’est ce qui va se passer.

    Mais me direz-vous, comment faire pour les contrôles, si l’enfant n’a pas atteint le niveau a temps, sa note va être faible ?
    Oui si l’évaluation n’est pas non plus adaptée à son niveau actuelle, je ne conseille pas de pratiquer cette méthode d’adaptation, sauf si vous modifier l’échelle de la note pour l’adapter au travail de l’enfant, j’en reparlerai à la fin de ce commentaire !
    Par contre si je scolarise mon enfant à domicile, ou si je fait du soutien pour un élève, j’ai toute la liberté de choisir l’approche d’adaptation :

    N’HESITEZ PLUS, SCOALRISEZ VOTRE ENFANT A DOMICILE LUI PERMETTRA DE S’EPANOUIR ET D’ETRE CAPABLE DE REUSSIR SES EXAMENS !

    Voyons pourquoi !

    Si votre enfant étudie chez lui, personne ne lui oblige de passer le brevet à une date précise !
    Personne sinon vous, l’enregistrerez en candidat libre pour passer son épreuve.
    Si au bout de l’année un enfant n’a vu « que » 70% du programme, qui est-ce que cela dérange ? VOUS ?
    Pas si vous avez décidé d’avancer à son rythme, l’âge n’a plus d’importance, c’est la réussite qui est mis en avant dans cette approche d’adaptation. Il passera l’épreuve l’an prochain, qu’il continue de se préparer pour la suite de son projet professionnel, en attendant !
    Ou si vous visez la moyenne, alors il est prêt, rappelez-lui l’objectif du 10/20 et inscrivez-le : tout dépend de l’objectif d’orientation qui suivra.

    Si je reprend le cas de mon soutien scolaire en math, si l’enfant à des difficultés, et qu’il fait appel à un prof de math, ne serait-il pas déjà très reconnaissant d’avoir 10/20 à l’épreuve finale, n’est-ce pas ?
    Alors même en ayant vu « seulement » 60 à 70% du programme, mais qu’il l’ait compris et assimilé, c’est largement possible de réussir l’épreuve avec la moyenne ! (Si l’enfant construit sur des bases de compétences non lacunaire, alors souvent les résultats ne se font pas attendre.)

    Le seul obstacle est ce que l’on a fixé dans notre tête, les délais à respecter, les examens à telles dates, le programme doit être fini, etc … remplaçons tout cela par la joie de voir s’épanouir un enfant qui a de bonnes notes, même si ces notes ne sont pas encore au niveau attendu, à un moment ou à un autre cela se produira.

    Pour les parents qui scolarisent encore leur enfant au collège ou au lycée, j’ai développé un codage à trois valeur (1, 2, 3) pour graduer le niveau de compétence de l’enfant, afin que les parents sachent si celui-ci correspond au niveau attendu (3), en cours de maitrise (2) ou s’il est dans la phase de la découverte (1). Fort de ces conventions je peux conseiller à l’enfant comment travailler ses révisions et dire aux parents une estimation de la note maximale possible pour leur enfant. Ainsi si l’enfant ramène un bulletin avec 09/20 en math, et que sa note maximum est 12, c’est un très bon résultat et un bon travail fourni par l’enfant. Les parents sont alors soulagés et peuvent féliciter leur enfant, au lieu de craindre pour le passage, en fait il construit son savoir !
    Là est toute la différence !

    Bonne continuation et n’hésitez plus à accompagner votre enfant sur ce beau chemin de l’apprentissage, et il y aura toujours quelqu’un pour vous soutenir, je me tiens aussi à votre disposition pour vos questions en mathématiques, mais n’oubliez pas de modifier vos attentes et les adapter à votre enfants et dites « non » aux exigences vagues imposées par des intellectuels de l’éducation, mais inadaptées à votre enfant : choisissez de vous mettre en route sur ce chemin avec votre enfant, vous construirez une vraie relation et il vous en sera toujours reconnaissant !

    Cordialement, votre coach télé-mathématiques,
    David RUGGIERI.

  4. jacquet says:

    Pour éviter que les familles , dont certaines avec enfant unique hésitent par peur des réfelxions de l’entourage, d’être marginalisées etc ..Il faudrait pouvoir entrer en contact avec des familles du même secteur géographique qui ont aussi envie d’opter pour l’école à la maison…..L’UNION fait la FORCE…

  5. Nadia says:

    N’importe quel enfant peut réussir quelque chose de bien , c’est vrai. Mais il ne peut pas tout réussir. L’adulte dit à l’enfant: » tu peux le faire, vas-y ». Qu’en sait-il?
    J’ai pâti toute une année avec un prof de maths qui voulait me convaincre que j’étais bonne en cette matière. J’en étais malade. On va partir de deux plus deux me disait-il, là tu sais!

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