Formation de citoyen, par Mireille S.

L’enfance est une période de formation. Une formation de citoyen. Tout le monde est tellement d’accord avec cela que l’instruction obligatoire ne fait plus débat aujourd’hui, dans notre pays. Il est évident qu’un enfant doit engranger des connaissances : apprendre le français, des maths, connaître le monde… qu’il doit former son corps avec le sport. Pour certains ça ne suffit pas, et l’enfant doit aussi former son esprit, sa spiritualité par la prière et la rencontre d’une communauté.

Tout cela est vrai et un enfant bien formé avec tous ces apports aura un rapport au monde et à lui-même très riche et constructif.

Mais il est une formation totalement négligée dans notre pays, c'est celle de citoyen. Car un individu n’est pas isolé, il vit dans une société qui a un fonctionnement. Et ce fonctionnement est devenu complexe, très complexe, car de multiples aspects et corps de métier s’entremêlent, se chevauchent, ont besoin les uns des autres.

Qu’on l’apprécie ou pas, là n’est pas la question. Pour l’instant elle est comme ça. Et pour bien y vivre, il faut la connaître. Connaître ses droits, et ses obligations légales est important, savoir à qui s’adresser pour un besoin particulier et plus généralement, savoir le fonctionnement de base, qui fait les lois, comment fonctionne l’état, les régions, les villes, les villages… De quoi s’occupe un maire ? Pourquoi tant de conseiller municipaux ? Qu’est-ce qu’un parlement ?…

Alors, comme pour les autres enseignements, il y a l’école (bof, bof…), les explications que l’on donne sois-même à ses enfants, les livres, internet…

Et puis, il y a la vraie vie. Quelle meilleure formation, n’est-ce pas ?

Formation de citoyen

Conseils de Jeunes

Pour cela, profitons d’un système, qui loin d’être parfait, offre certaines opportunités aux enfants.

Ce sont les Conseils d'Enfants et de Jeunes, au niveau des mairies, Départements et Régions, qui ont pour but :

  • faire participer les enfants (écoliers) et les jeunes (collégiens et lycéens) dans les décisions publiques : regroupés en commissions, ils participent aux débats et suivent la prise de décision ;
  • de les former aux débats démocratiques ; ils assistent aux Conseils Municipaux, aux réunions des commissions, visitent l'Assemblée Nationale, assistent aux débats des députés... • de les initier à la prise de décision et aux responsabilités ; leur fonctionnement est copié sur celui de la même instance version adulte : un Maire est élu, des commissions sont formées, des projets sont adoptés . Ils débattent ensemble au sein de réunions et gèrent leurs missions.

Les CEJ peuvent être organisés au niveau des communes : Conseils Municipaux des Enfants et des Jeunes. Au niveau régional : Conseils Régional des Enfants et des Jeunes... L'organisation, les missions, les commissions... tout est mis en place, au cas par cas, dans chaque commune. Souvent ils sont assistés par un adulte membre de l'équipe municipale.

Ainsi, les enfants et les jeunes découvrent le fonctionnement de ces instances et deviennent des acteurs de la vie de la ville et de ses enjeux.

Vous n’y croyez pas trop ?

Le premier Conseil Municipal de Jeunes a vu le jour en 1979 dans la ville de Schiltigheim, dans le Bas-Rhin.Orléans fut la deuxième ville à en mettre un en place, toujours en action : voir cet article.

En 1990, on dénombre 200 conseils en France. En deux ans, leur nombre a doublé. Aujourd’hui, ils sont plus de 2500 (voir cet article).

Pour aller plus loin dans cette découverte :

  • Visitez le site de l'Association Nationale des Conseils d'Enfants et de Jeunes et notamment le blog des Conseils ;
  • La plateforme des Conseils de Jeunes qui regroupe les forums de plusieurs Conseils.
  • Plein d'exemples dans notre région (Loiret-Sologne) :

Les villes pratiquant cette forme de formation sont vraiment très nombreuses…

Le Conseil Général Junior du Loiret créée en 2000, le Conseil Régional de la Jeunesse de la Région Centre avec ses 72 membres de 15 à 25 ans mis en place en 2011.

Mais aussi les Conseils Municipaux d'Enfants (ou de Jeunes) dans les villes de Blois, de Cléry-StAndré, de Marcilly-en-Villette, la Ferté-Saint-Aubin, de Beaugency,...

Et ailleurs en France aussi, à Saint Thibault des Vignes en Seine-et-Marne, à Sélestat en Alsace...

Bien sûr, tous ces conseils fonctionnent avec les bonnes volonté des adultes. Ce n’est pas parfait, loin s’en faut et toutes les villes ne sont pas – loin de là – convaincue par l’intérêt de la formation des enfants. Mais en cherchant bien, peut-être que dans votre ville aussi, les enfants peuvent participer…

Et qui sait ? Votre enfant se découvrira peut-être un intérêt particulier pour les institutions politiques de notre pays… Et n’oublions pas que le monde de demain est celui de nos enfants : s’il ne nous plaît pas tel qu’il est, formons les suffisamment pour qu’ils puissent le changer !

Et puis si votre ville devient trop petite pour votre enfant, son fonctionnement trop « facile », qu’il voit « en plus grand », et bien, il y a le Parlement.

Parlement d'enfants

Il y a déjà quelques années que l’Assemblée nationale a lancé une opération avec le Ministère de l’Éducation nationale, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et la Mission laïque française (MLF). Une opération d’instruction citoyenne des enfants : le parlement des enfants Qu'est-ce que c'est ?? Tout est expliqué sur le site dédié et sur le site du gouvernement et sur le site Eduscol :

« Créé en 1994 en partenariat entre le ministère de l'Éducation nationale et la Présidence de Assemblée nationale, le Parlement des enfants a pour objectif d'offrir aux élèves de CM2 une leçon d'éducation civique « grandeur nature ». Il réunit chaque année 577 délégués juniors, élus par leurs camarades de classe et représentant l'ensemble des circonscriptions de métropole et d'Outre-mer.Conviés au Palais Bourbon, ces délégués se prononcent par un vote solennel sur la proposition de loi qu'ils jugent la meilleure parmi celles qui ont été rédigées par les classes participant à l'opération.

Peuvent concourir les classes de CM2 volontaires des écoles élémentaires. L'opération, inscrite dans la durée de l'année scolaire, donne lieu à l'élaboration d'une proposition de loi par classe. Les propositions de lois sélectionnées à l'échelon académique sont soumises à un jury national composé de membres de l'Éducation nationale et de l'Assemblée nationale. Il sélectionne les trois propositions qui seront soumises au vote des délégués juniors. »

L’organisation générale de l'opération est fixée pas une circulaire publiée au Bulletin officiel du ministère de l'Éducation nationale.

Les propositions de lois des différentes années depuis 2004.

Par exemple pour l’année 2013 – 2014

Les classes retenues doivent rédiger une proposition de loi de leur choix sur le thème annuel proposé, à savoir :

Thème n° 1 : la santé

Ce thème peut être approché à travers différentes facettes : la nutrition, l'hygiène, le sport, l'éducation à la santé, l'impact de l'environnement sur notre santé, etc.

Thème n° 2 : les nouvelles technologies

Ce thème recouvre plusieurs sujets particulièrement sensibles pour les jeunes utilisateurs des nouvelles technologies : communiquer et échanger par Internet ; favoriser l'accès pour tous à ces nouveaux moyens de communication ; éviter les pièges et les dangers des nouvelles technologies pour les enfants, etc.

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