Quand l’enfant en a assez de l’école à la maison

effet nocebo

Il arrive un jour où l'enfant peut en avoir assez.

C'est comme tout. La routine peut user le plaisir.

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Bon. Mais, vous connaissez l'effet placebo ?

D'accord.

Mais vous avez aussi entendu parler sans doute de l'effet nocebo. Quel rapport, direz-vous ? Laissons-nous une minute pour vous expliquer ça.

Citons le courrier de ce matin, venant de Xavier Bazin.

« Si on vous dit par avance qu’une substance va vous faire du mal… eh bien vous avez plus de chance d’avoir mal que si l’on ne vous dit rien : c’est l’effet nocebo.

« Prenez cette étude spectaculaire, réalisée auprès de 13 enfants hautement allergiques au sumac vénéneux (une plante sauvage).

« Les chercheurs ont frotté l’avant-bras de chaque enfant avec une feuille de sumac vénéneux… en leur disant que c’était une feuille inoffensive.

« Aussitôt après, ils ont frotté l’autre avant-bras avec une feuille inoffensive… en leur disant qu’il s’agissait de sumac vénéneux.

« Savez-vous sur quel avant-bras les enfants ont subi une éruption cutanée ? Croyez-le ou non, mais une éruption a été constatée chez tous les enfants… sur l’avant-bras frotté par la feuille inoffensive !

« Encore plus étonnant : le vrai sumac vénéneux, lui, n’a créé de réaction allergique que chez 2 enfants sur 13 !

« On retrouve cet effet nocebo dans toutes les études évaluant l’efficacité des médicaments : des patients sous « placebo » se plaignent régulièrement des effets secondaires du médicament… alors qu’ils ne prennent qu’une gélule vide ! »

Vous voyez le principe: dire à l'avance quelque chose de négatif crée de l'inquiétude. C'est le principe du film d'horreur ou du film de suspens: on vous prépare pour que l'effet soit plus fort.

Maintenant, reportez-vous à l'école.

Que se passe-t-il lorsque l'enseignant(e) dit à ses élèves dès le premier jour:

« Avec moi, de toute façon vous n'apprendrez rien, ça fait des années que je fais ce métier, je n'ai jamais vu d'élève apprendre correctement. »

Ou même vous:

« De toute façon, tu dois aller à l'école. »

« Nous ne pouvons pas faire autrement. »

Vous comprenez bien que cela va avoir un impact négatif sur l'inconscient de l'enfant.

L'école est un effet nocebo à soi tout seul

Les générations précédentes de parents y ont mis leurs enfants en pensant que l'école allait instruire leurs enfants. Le résultat notoire est désormais le contraire. Si bien que l'école produit par avance une insatisfaction et des complications, avant même de mal agir !

Employer l'effet placebo

On va donc plutôt utiliser l'effet placebo: être positif, entraînant. Inutile de vous faire un discours là-dessus: vous comprenez bien que c'est par là qu'il faut creuser. Quelles phrases votre enfant va-t-il aimer ?

Toutes sortes, qui seront encourageantes. Mais voilà: au bout d'un moment, les "j'ai confiance en toi, je sais que tu peux y arriver" n'ont plus aucun effet. Au contraire, ils vont obtenir un effet inverse. C'est l'effet nocebo de l'effet placebo, en quelque sorte !

Qu'est-ce qu'on peut faire ? Beaucoup de parents sont dans cette situation. Ils ont tant utilisé les encouragements qu'ils ne marchent plus. L'enfant n'y croit plus parce qu'il a constaté que ces encouragement ne marchaient pas toujours et donc, il a perdu confiance.

C'est à ce moment-là que nous recevons des appels de détresse.

Le truc va consister à changer votre fusil d'épaule. On va retourner auprès de l'effet nocebo.

Quoi, l'effet nocebo peut nous servir ?

Oui ! il va nous servir et nous permettra d'obtenir des résultats très positifs. Aussi étrangement que cela paraisse au premier abord.

Mais tout d'abord, comprenons une chose : tout a un effet compris entre 0 et 100: c'est relatif. Pour schématiser, disons par exemple que "Comment va ?" a un effet inférieur a "tu es radieuse, ce matin".

Avant de faire cours, "On va y arriver !" a un effet qui sera certainement supérieur à "Tu dois y arriver !"

Et à plus forte raison, "tu n'y arriveras pas" pourrait produire un sentiment d'anéantissement chez l'enfant.

Sauf que... vous pouvez très bien dire ce genre de phrase avec un ton qui va amener l'enfant à réagir.

Si vous dites "on va essayer cet exercice mais je suis certain que tu n'y arriveras pas, tu es trop petit" avec suffisamment de légèreté nonchalante, l'enfant aussitôt aura envie de vous prouver le contraire. S'il y a dans votre ton ce je-ne-sais-quoi d'un peu provocateur ou même simplement de la drôlerie, votre effet nocebo va devenir placebo !

L'enfant va vouloir repousser ce négativisme. Et c'est là que vous aurez opéré une alchimie bénéfique.

"L'effet nocebo" et "Quand l'enfant commence à se lasser de l'école à la maison"

Du fait de ce qui précède, vous comprenez sans peine que l'on peut exprimer un sentiment négatif alors que d'évidence, un sentiment positif s'impose.

Dans un excellent épisode de la Petite Maison dans la Prairie, le couple de boutiquiers, Nels et Harriett Oleson, se disputent pour de bon et se séparent. Charles et Caroline Ingalls, les anges gardiens du village, interviennent auprès de l'un et de l'autre.

Croyez-vous qu'ils vont essayer la technique placebo ? En ce cas, ils essaieraient d'amener le couple à voir le bon côté des choses, ils positiveraient.

"Mais elle est formidable, retournez auprès d'elle !" ou "Il est quand même un bon mari, rentrez auprès de lui." "Il faut essayer de le comprendre, il faut essayer d'être compréhensif". Variante plus moderniste: "Pas de problème, vous en trouverez une autre !" "Un de perdu, dix de retrouvés..."

Ils ont écarté le principe d'encourager la séparation. Mais ils n'ont pas non plus essayé d'amortir les angles et essayant d'excuser l'autre.

Ils savent que ça ne marcherait pas car mari et femme justifieraient leur position, qu'ils ont d'ailleurs déjà exprimée: "Non, c'est un idiot, dégoûtant avec ses bottes qui tachent le tapis, et puis il ne connaît rien à la boutique" et "c'est une harpie qui ne cesse de me faire des reproches, il est hors de question que je me laisse traiter plus longtemps ainsi". Voilà quelles seraient leurs réactions. Car il n'est pas question qu'ils perdent la face, ni l'un ni l'autre.

C'est un cas d'école

Voyons un autre qui nous est proche, dans un couple marié (détail important) : un papa apprend que sa femme a eu une relation. Il court, éploré, chez des amis (mais ça peut être des cousins, des collègues...). Que font ceux-ci ? Ils l'écoutent, avec sérieux et compassion. Grave erreur ! C'est la catastrophe. La famille va éclater car le sentiment de douleur a trouvé un étai, il s'est conforté à l'extérieur. Il y a désormais deux camps : à la maison et chez ces amis. Le foyer est brisé. Ayant ces appuis extérieurs, l'esprit du mari est en-dehors de son couple. Chez ces amis, le père a reçu un assentiment : cette faute, c'est grave, fatal, et bientôt dans son esprit ce sera définitif.

La compassion, ici, a été la source d'une destruction; on a encouragé la destruction d'une famille, et désormais la mère ne voit plus ses enfants. "C'est sa faute", diront ceux qui n'ont jamais fauté, qui jettent la première pierre. On ne se trompe que lorsqu'on vit. L'instinct compassionnel joue à fond. La corde sensible. Ces amis se sont contentés de leur instinct "bienveillant", une facilité de comportement en fait. Un penchant. Ils ont voulu faire du placebo et ils ont fait du nocebo.

Qu'aurait-il fallu faire ?

Renvoyer le mari à son épouse.

C'est ce qu'écrit cette mère de famille: « Au début de notre mariage, mon mari s'est mal comporté vis-à-vis de moi. Je suis allé voir ma mère à qui j'ai tout raconté. Ce qui m'a stupéfaite, c'est qu'elle m'a aussitôt renvoyée chez moi en me disant: "C'est ton couple, pas le mien. Retourne auprès de ton mari et arrange-toi avec lui." Et nous nous sommes arrangés, lui et moi. J'aime mon mari et il m'aime, nous avons trouvé un terrain d'entente et nous sommes heureux. Je n'oublierai jamais cette leçon de ma mère. »

Cette maman a aussi grandi: elle a appris que la vie ne tournait pas qu'autour de son mari et qu'elle avait à s'accomplir, elle, sur d'autres plans, bien davantage que de maintenir la ligne de flottaison réglementaire d'un mariage qui n'a jamais été et ne sera jamais un acquis. Ni une fusion.

Tout reflète ce que nous en faisons. Le couple tente parfois d'agir vis-à-vis des obstacles de la vie à la manière de la police anglaise, faisant un cordon devant la foule hindoue révoltée. Ce n'est pas la manière efficace. Ils risquent d'aller jusqu'à la rupture. Un couple n'est pas un musée immobile où l'on célèbre le jour du mariage qui a eu lieu 20 ans auparavant.

Les jeune époux ont une vision de la perfection: ils se jurent des tas de choses de l'ordre de "je ne ferai jamais ceci et tu ne feras jamais cela". Mais ils ont oublié de se jurer de s'améliorer pour se mériter mutuellement. Le couple n'est pas une organisation fusionnelle, c'est un voyage à deux, pour le meilleur et pour le pire. Et on peut changer d'artiste préféré, détester les Beatles après les avoir idolâtrés. On change. Ignorer cela, c'est s'assurer d'aller dans le mur. Il est donc vital de (...) la suite est réservée aux membres accompagnés, pour activer votre accès membre, passez par ici. Déjà membre accompagné ? Connectez-vous dans le menu du site (en cas de souci, voir la FAQ).

 

  • H Monot dit :

    Merci Rémy!

    • Rémy et Cécile dit :

      Avec plaisir. Inscrivez-vous pour en avoir d’autres (nous ne voyons ce mail pas dans nos listes).

  • fabrice lazzerini dit :

    Merci pour cet prise de conscience et rappel!
    C’est tout un savoir faire à mettre en pratique avec contournement d’obstacle;)
    Amicalement!

  • Bethend dit :

    Une belle leçon pour aider à sortir d’un conflit, quel qu’il soit! Merci!
    Sophie

  • Nancy Bonnet Baurant dit :

    Merci beaucoup! Petit rappel pour repartir avec un contact plus subtil et pas dans l’affrontement. Cette article fait du bien 🙂

  • Carla Hamdi dit :

    Merci pour ces précieux conseils !

  • Claire dit :

    Tout à fait.

  • sandrine dit :

    “Je n’ai pas envie de faire le passé simple, on le fera une autre fois” (=peur)
    Réponse :
    “Tu as raison, après avoir appris le présent, le futur, le passé composé et l’imparfait ! Le passé simple ça ne va pas être possible ! On ne va pas y arriver !”
    Du coup :
    “Aujourd’hui on fait être et avoir, demain les terminaisons du 1er groupe, puis du 2ème groupe. Pour le 3ème groupe, on fait les verbes qu’on se sert le plus souvent. Avec chaque leçon, je fais les exercices. Et quand on aura fait tous les groupes, je les écris dans mon cahier sans aide pour voir si je les connais bien !”
    C’est bien ça l’effet nocebo

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